11/07/2020 08:25
Créée au sein de la communauté vietnamienne de la Nouvelle-Orléans aux États-Unis, la coopérative VEGGI sert d’appui solide à ses membres face aux adversités de la vie.
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Mme Tham Nguyên, 78 ans, récolte des légumes dans la ferme VEGGI à Nouvelle-Orléans. Photo : TT/CVN

Regroupée dans la partie orientale de la Nouvelle-Orléans, une ville de la Louisiane, la communauté vietnamienne est forte de plus de 14.000 personnes, qui vivent essentiellement de la pêche à la crevette. Solidaire et soudée, cette communauté a pu braver nombre de difficultés de la vie. On se rappelle notamment deux grandes catastrophes aux conséquences extrêmement graves : l’ouragan Katrina historique en 2005 et la gigantesque marée noire suite à l’explosion d’une plate-forme pétrolière de BP en 2010, qui a touché de plein fouet la communauté vietnamienne, qui à 80% vit de la pêche ou des fruits de mer.

Une coopérative à la double mission

C’est dans cette situation difficile qu’a vu le jour, en 2010, la coopérative VEGGI, placée sous les auspices de l’organisation non gouvernementale de développement communautaire MQVN. Un nouveau modèle de coopérative qui regroupe des centaines de membres, tous d’origine vietnamienne, et fonctionne avec une double mission : développer l’agriculture urbaine et créer de nouveaux emplois aux travailleurs d’origine vietnamienne.

Les affaires marchent bien. Annuellement, la coopérative VEGGI fournit des centaines de tonnes de légumes frais aux marchés locaux. Ses membres sont formés aux techniques de maraîchage avec des engrais organiques. Une fois formé, le maraîcher peut travailler chez lui ou dans une ferme de 8.000 m². Dans le premier cas, il se voit fournir des semences par la coopérative. "J’aime la culture maraîchère. Chaque jour, je travaille de 08h00 à 17h00 du soir", confie Mme Tham Nguyên en récoltant ses choux.

Elle et son mari sont membres de la coopérative VEGGI, qui permet à ses membres d’avoir un revenu équivalant, voire supérieur à celui d’avant la marée noire de 2010. Le revenu personnel peut s’élever à 50.000 USD par an. Et les marchés et restaurants de la ville sont contents de s’approvisionner en légumes bio.

Un jardin de légumes dans la ferme VEGGI. Photo : TT/CVN

Selon Khai Nguyên, coordinateur de MQVN chargé de la gestion de VEGGI, après ces deux catastrophes, de nombreux habitants de la zone orientale de la Nouvelle-Orléans avaient quitté la ville. "L’administration locale a alors décidé de transformer cette zone orientale en un terrain non constructible susceptible de contenir de l’eau en cas d’ouragan. Les membres de la communauté vietnamienne ne voulaient pas cela. Attachés depuis longtemps à cette agglomération qu’ils ont bâtie de leurs mains, ils ont demandé la permission d’en garder une partie afin d’y développer l’agriculture urbaine", raconte Khai Nguyên.

Lieu de rendez-vous des compatriotes

Outre la culture maraîchère, la ferme VEGGI est aussi un lieu d’échanges culturels. Des réunions périodiques y sont organisées, aidant à resserrer la solidarité au sein de la communauté, à protéger et vulgariser la culture traditionnelle du pays d’origine. D’autre part, VEGGI   collabore avec des écoles maternelles locales afin d’organiser des visites de la ferme afin que les enfants puissent mieux comprendre le maraîchage et enrichir leurs connaissances générales.

Pour le moment, VEGGI doit faire face à deux grands défis : le changement climatique et la pandémie de COVID-19. "La zone orientale de la Nouvelle Orléans se situe au-dessous du niveau de la mer. Ces trois dernières années, des pluies torrentielles l’ont inondée régulièrement. De plus, la pandémie conduit à la chute des achats des consommateurs", explique Khai Nguyên.

À ces défis vient s’ajouter le départ de nombreux jeunes de la coopérative vers d’autres villes pour étudier ou chercher un autre job. "Heureusement, il nous restent bien des membres fidèles. Et nous continuons fièrement d’accomplir notre mission", affirme-t-il avec un large sourire.

La réputation de VEGGI retentit bien au-delà des limites de la ville, comme l’a souligné un jour la radio locale DW : "La coopérative VEGGI est un modèle de développement communautaire sur la base d’une agriculture urbaine durable. Il s’agit d’un modèle de coopérative solidaire, qui offre toutes les clés à ses membres pour vaincre les adversités de la vie".
 
Nghia Dàn/CVN
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