08/06/2022 21:44
Depuis deux ans, les vendeuses du bourg de Yên Viên, district de Gia Lâm, en banlieue de Hanoï, préfèrent utiliser des sacs en papier, des feuilles dong (Phrynium placentarium) ou encore de bananier. Un petit geste pour protéger l’environnement.
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Utilisation du sac en papier pour emballer des banh mi à Yên Viên.
Photo : Dang Duong/CVN

Situé à proximité de la gare de Yên Viên, dans le bourg éponyme du district de Gia Lâm, la gargote de banh mi (sandwich vietnamien) de Pham Thi Hai a ouvert il y a 3 ans.

Comme les autres magasins, au début, elle utilisait le sac plastique pour contenir les fameux banh mi pour la vente à emporter. Chaque jour, Mme Hai écoulait 50 pièces et perdait environ 25.000 dôngs pour acheter des sacs plastiques. Il y a deux ans, l’Association des femmes du bourg a fait appel aux commerçants et leur a demandé d’utiliser des sacs en papier ou des feuilles pour emballer les produits. Mme Hai a donc décidé de remplacer ses sacs en plastique par des sacs en papier. Bien qu’elle doive payer une somme de 900.000 dôngs par mois pour l’achat de ces sacs en papier, la propriétaire est satisfaite de sa décision et ne pense pas à la réutilisation des sacs plastiques car elle est consciente que ceux-ci nuisent à l’environnement.

Mme Hai est l’un des vendeuses au cœur du programme de "commercialisation verte" lancé en 2020 par l’Association des femmes du bourg. Les vendeuses utilisent à l’heure actuelle des sacs en papier mais aussi des feuilles dong, de bananier et même de lotus. La présidente de l’Association, Khuc Thi My Huê, a fait savoir que cette idée vient de la campagne de lutte contre les produits plastiques à usage unique proposée par l’Union des femmes du Vietnam (UFV). Cette campagne de sensibilisation a pour but d’améliorer la conscience des habitants sur la menace des produits plastiques et de changer leurs habitudes en utilisant des produits verts au service du développement durable de l’environnement.

Encourager une bonne habitude

"Au début, nous nous concentrions sur certains lieux du bourg, notamment le marché de Vân, toujours noir de monde. Nous avons alors encouragé les propriétaires des magasins à utiliser des sacs en papier tous les week-ends. Certains ont refusé car le prix des sacs en plastique reste assez bas tandis que celui des produits en papier est plus élevé", partage Mme Huê. Au fil du temps, "ce sont les clients qui ont commencé à conseiller aux commerçants de changer de sacs. Ces derniers ont alors peu à peu accepté", ajoute-t-elle.

C’est grâce à la demande de la clientèle que les habitudes ont changé. De plus, "chaque vendeur peut choisir le design pour ses sacs en papier, de la couleur à la catégorie de papier en passant par la forme… Le tout créant un style propre pour chaque magasin, sans polluer l’environnement", explique Mme Huê.

Ce mouvement est devenu de plus en plus populaire dans le bourg. C’est grâce aux besoins des consommateurs et à la mobilisation de l’Association des femmes que tous les magasins de banh mi utilisent aujourd’hui des sacs en papier et ceux de xôi (riz gluant cuit à vapeur), des feuilles de lotus et de bananier. Ceux de banh ran (boules de riz gluant frites) et de bun cha (vermicelles de riz avec du porc grillé), utilisent quant à eux, des boîtes en papier au lieu de boîte plastique. Cela aide à diminuer considérablement le nombre de produits plastique, contribuant à protéger notre espace de vie tout en le rendant plus propre et plus pur. 


"Journée d’utilisation des feuilles"

Dans le but de se tourner vers une mode de vie durable, à la fin du mois de mai dernier, la "Journée d’utilisation des feuilles" a été organisée dans le Musée d’áo dài, ville de Thu Duc, Hô Chi Minh-Ville. Des invités et étudiants ont eu l’occasion de s’essayer à la confection de jouets, vêtements et gâteaux à l’aide notamment de feuilles. "Les Vietnamiens utilisent largement les feuilles de lotus, de bananier et de cocotier dans les activités du quotidien. Leurs usages nous garantissent un avenir vert et limite la pollution causée par le plastique", souligne la directrice du Musée d’ao dài, Huynh Ngoc Vân.
 

My Anh/CVN

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Le lotus impérial cultivé dans la cour d’une maison centenaire à Hanoï