28/04/2022 17:01
Premier ministre de l'Intelligence artificielle (IA) dans le monde, l'Emirati Omar al-Olama promet une utilisation "responsable" de la technologie qui, outre ses "gains économiques", pourrait selon lui améliorer la "qualité de vie" dans le riche pays du Golfe, en dépassant la peur qui entoure parfois l'IA.
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Des taxis sans conducteur sont testés dans la capitale Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous considérons l'intelligence artificielle comme un outil", a déclaré le jeune ministre d'État dans une interview. "C'est un outil que nous devons utiliser pour améliorer la qualité de vie". Nommé en 2017, alors qu'il avait seulement 27 ans, Omar al-Olama est chargé de piloter la stratégie des Émirats arabes unis dans un domaine aux applications très vastes, allant de la reconnaissance vocale et faciale aux voitures autonomes.

Le riche pays pétrolier ambitionne de devenir l'un des leaders mondiaux de l'intelligence artificielle (IA) d'ici 2031, avec l'objectif de générer sur cette période jusqu'à 335 milliards de dirhams (plus de 85 milliards d'euros) grâce à cette technologie, capable de simuler l'intelligence humaine.

Selon le cabinet de conseil PwC Middle East, l'IA pourrait contribuer à près de 14% du produit intérieur brut (PIB) du pays d'ici 2030. "Oui, les gains économiques sont quelque chose que tous les pays veulent, et nous le voulons aussi", a reconnu M. Olama. "Mais (...) nous voulons nous assurer que le développement, le déploiement et l'utilisation de l'IA sont responsables", a-t-il ajouté.

Taxis sans chauffeur

Le pays, qui cherche à diversifier son économie et à réduire sa dépendance au pétrole, a multiplié les investissements dans la technologie ces dix dernières années, misant notamment sur les transports autonomes. Les taxis sans chauffeur sont déjà en phase de test dans les rues d'Abou Dhabi, la capitale qui abrite l'Université de l'intelligence artificielle Mohammed ben Zayed, présentée comme "la première au monde".

L'utilisation de la technologie à des fins de surveillance suscite toutefois des inquiétudes dans le pays, où les autorités ont démenti en 2019 avoir espionné les utilisateurs de l'application populaire de messagerie et appel vidéo ToTok.

Des bornes de contrôle aux frontières utilisant des technologies de reconnaissance faciale et de l'iris, à l'aéroport international de Dubaï, aux Émirats arabes unis.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'un des principaux reproches fait à l'IA est aussi la reproduction de biais existants dans la société, renforçant les discriminations à l'égard de certains groupes de la population. Omar al-Olama affirme qu'une grande partie de son travail consiste ainsi à créer de la confiance et à éviter les erreurs au moment du déploiement de la nouvelle technologie.

"Démystifier"

Il est essentiel de sensibiliser les hauts fonctionnaires à l'IA, afin de la "démystifier" et limiter la réaction de "peur", a affirmé le ministre. "Si vous avez affaire à quelque chose que vous ne comprenez pas, un élément de peur y sera associé, c'est la nature humaine", a-t-il précisé.

Les cadres reçoivent ainsi une formation leur permettant "de comprendre ce qu'est l'IA, comprendre les dilemmes éthiques (qui l'accompagnent, ndlr), comprendre les bons et mauvais déploiements, et la manière d'éliminer les biais". "Ces personnes constituent notre armée de l'IA. Ce sont eux qui déploient l'IA au sein du gouvernement", a souligné le ministre.

Ce dernier a récemment été chargé de piloter aussi la stratégie numérique du pays, visant à porter la contribution du secteur à 20% du PIB d'ici dix ans. "Je ne pense pas qu'il y aura dans les 25 prochaines années des économies dont l'activité ne dépende pas majoritairement du numérique, et l'IA en est une composante importante".

AFP/VNA/CVN

 

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