30/10/2019 08:50
Les députés britanniques ont plébiscité mardi 29 octobre le projet du Premier ministre Boris Johnson de tenir des élections législatives anticipées le 12 décembre, afin de sortir de l'impasse du Brexit qui paralyse le Royaume-Uni depuis plus de trois ans.

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Les députés britanniques le 29 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN


Après plusieurs heures de débats mouvementés, les députés se sont prononcés par une majorité écrasante de 438 voix contre 20 pour l'organisation du scrutin voulu par Boris Johnson.

Le texte doit encore recevoir mercredi 30 octobre l'aval des Lords, où le passage du texte pourrait n'être qu'une formalité. Le Parlement serait ensuite dissous mercredi prochain 6 novembre à 00h01 (GMT), a indiqué le ministre chargé des relations avec cette institution, Jacob Rees-Mogg.

C'était la quatrième tentative du dirigeant pour convoquer les Britanniques aux urnes, cette fois-ci avec succès grâce au soutien déterminant d'élus travaillistes, principale formation d'opposition.

Trois élections en quatre ans 

En position de force dans les sondages, avec une dizaine de points d'avance en moyenne, il espère ainsi conquérir une majorité absolue, dont son gouvernement est actuellement dépourvu. Cela lui permettrait d'enfin honorer sa promesse de mettre en œuvre le Brexit, déjà repoussé trois fois depuis son vote par 52% des Britanniques en juin 2016.

Plus de trois ans après ce référendum, le Parlement reste profondément divisé sur la manière de le mettre en oeuvre.

Ces élections générales, initialement prévues en 2022, seront les troisièmes en quatre ans, après un scrutin anticipé en 2017, déjà avec le Brexit en toile de fond, deux ans après celui de 2015. Habituellement organisées au printemps, ce sont aussi les premières à se tenir en décembre depuis 1923.

Longtemps réticent, le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a fini par se résoudre à soutenir un scrutin en décembre, son prérequis ayant été rempli : la menace d'une sortie sans accord de l'UE le 31 octobre, cauchemar des milieux économiques pour les perturbations qu'il engendrerait, a été écartée par le nouveau report du Brexit accordé par Bruxelles jusqu'au 31 janvier.

Le leader travailliste, qui avait en vain plaidé pour un scrutin le 9 décembre, a réagi après le vote en promettant "la campagne la plus ambitieuse et la plus radicale, pour un vrai changement, que notre pays ait jamais vue".

Dans les rangs de l'opposition, qui a mis en échec une ratification de l'accord de divorce arraché par Boris Johnson à Bruxelles mi-octobre, les travaillistes espèrent pouvoir négocier leur propre accord avant de le soumettre à référendum, tandis que les europhiles libéraux-démocrates, qui ont le vent en poupe, veulent carrément annuler le Brexit.


Des élections sont "la seule façon maintenant de faire avancer ce pays", avait plaidé le Premier ministre Boris Johnson devant les députés.

Mais même s'il mène dans les sondages, Boris Johnson risque gros, estime John Curtice, de l'université écossaise de Strathclyde. "Boris doit gagner. Un Parlement sans majorité, et Boris est dehors", a-t-il dit à l'AFP.

Le dirigeant a préparé le terrain mardi en décidant de réintégrer 10 des 21 députés rebelles qu'il avait exclus du parti pour avoir voté contre la stratégie de l'exécutif sur le Brexit.

"Peut-être le dernier" 

Le Premier ministre Boris Johnson le 29 octobre à la Chambre des Communes, une image fournie par le Parlement britannique. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Lundi 28 octobre, la Chambre des communes avait rejeté le texte du gouvernement en vue de convoquer des élections le 12 décembre, dont l'approbation requérait la majorité des deux tiers. Mais résolu à mettre un terme à cette "paralysie", Boris Johnson avait aussitôt organisé un nouveau vote mardi 29 octobre, mettant à profit les subtilités du système électoral britannique : son texte ne requérait qu'une majorité simple.

Outre la procédure, un autre élément a convaincu l'opposition : l'assurance qu'il n'y aurait pas de Brexit avant les élections, Boris Johnson s'étant engagé à ne pas soumettre à nouveau aux députés, avant la dissolution du Parlement, l'accord de divorce négocié avec l'UE.

Le dirigeant conservateur est arrivé au pouvoir en juillet en promettant que le Brexit aurait lieu "coûte que coûte" le 31 octobre. Il avait assuré qu'il préférait être "mort au fond d'un fossé" plutôt que demander un nouvel ajournement, mais a dû entre temps manger son chapeau : il a été contraint de demander un report jusqu'au 31 janvier.


À Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé les Britanniques à faire "le meilleur usage" du nouveau et troisième report du Brexit accordé par les Européens. "C'est peut-être le dernier", a-t-il prévenu sur Twitter.

Le nouvel ajournement prévoit une date butoir au 31 janvier mais avec la possibilité pour le Royaume-Uni de sortir le 30 novembre ou le 31 décembre en cas de ratification de l'accord de divorce avant ces échéances.

Les Européens ont toutefois précisé qu'ils excluaient toute renégociation de l'accord conclu avec Boris Johnson et ont réclamé à Londres de proposer un candidat britannique pour un poste de commissaire européen, puisque le Royaume-Uni reste dans l'UE plus longtemps que prévu.

AFP/VNA/CVN

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