05/08/2020 22:48
Policier pendant 21 ans dans la Police nationale, Yann Dovergne sait secourir. Expert en sauvetage aquatique, il a fondé la société Voreto pour proposer des formations au Vietnam où il vit depuis 5 ans. Il propose des programmes personnalisés, connaissant parfaitement les dangers de la plage dans ce pays. Il nous les présente aujourd’hui.
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Attention au courant d'arrachement.
Photo : Inserm de Bordeaux/CVN

William Finnegan disait : "se trouver au milieu des vagues a un côté onirique. Terreur et extase rôdent toutes deux ensemble, menaçant de submerger le rêveur". La physionomie de la plage, la météo, les courants et marées, les animaux marins sont autant de raisons qui peuvent transformer votre séjour de vacance en cauchemar.

L’environnement

Si le sable représente peu de risque, il n’en est pas de même pour les rochers.
Si vous marchez dessus, vous vous exposez à des chutes (glissades) et à des coupures (coquillages, ...). Si vous êtes dans l’eau, les courants peuvent vous projeter dessus. Les traumatismes sont fréquents.

La météo

Les vents violents : Ils emportent avec eux du sable et vous pouvez recevoir des projections dans les yeux. Ce n’est pas très grave me direz-vous mais parfois avec le sable, ce sont les équipements des vendeurs ambulants (tables en plastiques, divers débris, ...) ou les parasols des loueurs d’espace qui s’envolent vers vous, ce qui est nettement plus dérangeant.

La foudre : je lisais dernièrement dans un article concernant le Vietnam : "Les gens se baignaient sous l'orage et riaient aux éclats, dans une lumière irréelle !" La lumière était irréelle mais pas le risque d’électrocution qui entraîne parfois la mort de baigneurs comme ce fût le cas l’année dernière à Vung Tàu.

En cas d’orage :
 Ne vous baignez pas.
 Quittez la plage.

Pour savoir si l’orage s’éloigne ou se rapproche, comptez le nombre de secondes qui séparent l'éclair du bruit du tonnerre et divisez ce nombre par 3 (Par exemple, si 9 secondes séparent l'éclair du tonnerre, alors on sait que l'orage est situé à 3 km du lieu où l'on est).

Une deuxième méthode plus précise existe, comptez le nombre de secondes qui séparent l'éclair et le tonnerre et multipliez ce nombre par 300 (Par exemple, si 9 secondes séparent l'éclair du tonnerre, alors on sait que l'orage est situé à 2700 m du lieu où l'on est). Vous répétez l’opération quelques minutes plus tard.

Si vous êtes surpris, pelotonnez-vous au sol, jambes repliées sous vous.

 La grêle : Je ne pense pas utile de vous détailler les effets que peuvent avoir la grêle sur votre anatomie. Ces effets dépendent beaucoup de la taille des projectiles.

La pollution

Elle est présente partout au Vietnam, impossible de comprendre ce qui peut pousser des personnes à saccager notre environnement. En plus des risques sanitaires, les débris métalliques, tessons de bouteilles, ampoules brisées qui jonchent les plages sont autant de risques de coupure pouvant occasionner des infections. L’eau peut se charger d’hydrocarbures suite au déballastage "sauvage" des navires ou d’eaux usées (égouts, hôtels peu scrupuleux, ...). Ces déversements entraînent maladies et allergies. 

La mer

L’eau peut se charger d’hydrocarbures suite au déballastage "sauvage".
Photo : Inserm de Bordeaux/CVN

La mer change en permanence, les courants, la houle, les vents et les déplacements du sable sont autant de facteurs qui agissent sur le rivage.

 Les courants : Parfois violents, ils vous entraînent vers le large sans même que vous vous en rendiez compte, il vous est impossible de revenir vers la plage, et plus vous vous épuisez, plus grand est le risque de noyade. 
Ce phénomène est accentué lorsque les coefficients de marée sont importants.

Si vous êtes entraîné au large :
 Restez calme !
 Appelez à l’aide.
 Ne tentez surtout pas de nager à contre-courant.
 Laissez-vous flotter et voyez si le courant vous transporte en eau peu profonde ou déplacez-vous parallèlement à la plage en suivant l’orientation des vagues pour vous éloigner du couloir d’arrachement. Si vous êtes fatigué, faite la planche, cela vous permettra de respirer.
 Vérifiez régulièrement votre position par rapport à un point de repère sur la plage.
 Les animaux marins

La grêle, un grand danger pour le corps.
Photo : Inserm de Bordeaux/CVN

Les Méduses : Au contact de la méduse, vous ressentez une brûlure intense. C’est à cause de leurs filaments contenant des cellules venimeuses.

En cas de piqûre :
 Ne pas s’affoler quand on est en mer et nager vers la plage au plus vite.
 Rincer de suite à l’eau de mer.
 Saupoudrez de sable fin, laissez sécher puis grattez très légèrement pour enlever les filaments.
 Vous pouvez aussi utiliser une pince à épiler pour enlever les filaments collés sur la peau.
 La toxine est thermolabile (détruite par la chaleur) Il est possible d’utiliser de l’eau tiède ou d’apposer des compresses tièdes pour diminuer la douleur.
 Si la douleur persiste, consulter un médecin.
Les conséquences les plus graves :
 Allergie, œdème de Quincke, choc anaphylactique.
 Syncope de panique ou provoquée par la douleur.
 Noyade par panique en mer

Attention aux risques d’électrocution.
Photo : Inserm de Bordeaux/CVN
 
Les vers de feu : Ces vers peuvent injecter une neurotoxine produisant une démangeaison intense et une forte sensation de brûlure. Cette brûlure peut persister plusieurs heures et être accompagnée de nausées et vertiges. La douleur peut persister plus longtemps aux points de contact. Ces vers ne sont pas considérés comme dangereux pour l'homme.  En cas de piqûre : Retirer les soies à l’aide de vinaigre si possible chaud de façon à neutraliser le poison.

Les comportements à risque

En cas d’accident, nous avons toujours tendance à chercher un responsable. On accuse les dieux, l’état de la mer, le défaut d’information sans se rendre compte que parfois, le problème…c’est nous. Voici un petit inventaire des comportements à éviter.

Au contact de la méduse, vous ressentez une brûlure intense.
Photo : Inserm de Bordeaux/CVN

 Nager dans des zones non surveillées ;
 Sauter dans l’eau lorsque vous avez très chaud ou que vous transpirez (votre corps a besoin d’un temps d’adaptation) ;
 Nager l’estomac trop chargé ou à jeun ;
 Boire de l’alcool avant d’aller nager ;
 Faire des paris stupides ;
 Chahuter violemment dans l’eau ;
 Se forcer à se baigner lorsque l’on a une sensation désagréable ;
 Forcer les gens à se baigner ;
 Laisser vos enfants sans surveillance ;
 Nager sans dispositif de flottaison de secours ;
 Dépasser ses capacités ;

Si vous êtes témoin d'une noyade

Alertez immédiatement les sauveteurs. Si vous êtes en zone non surveillée, appelez le 115.

Ne quittez pas la victime des yeux pour guider les secours.

N’intervenez directement que si vos capacités vous le permettent. Mauvais nageurs, abstenez-vous !

Une fois la victime hors de l’eau :

Rassurez-la et réchauffez-la si nécessaire.

Si elle respire mais qu’elle ne parle pas, qu’elle ne bouge pas, allongez-la sur le côté.

Si elle ne respire plus (aucun mouvement du thorax n’est constaté), faites un massage cardiaque.
 
Yann Dovergne/CVN
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