Euro-2016
Le Portugal va au paradis et brise le rêve de la France

Une énorme désillusion : la France a échoué sur la dernière marche en étant battue en finale de "son" Euro par le Portugal (1-0 a.p.), enfin titré malgré les larmes et la sortie sur blessure de sa superstar Cristiano Ronaldo, le 10 juillet au Stade de France.

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Eder (droite), auteur du but portugais face à la France en finale de l'Euro, le 10 juillet au Stade de France.

"Le sentiment qui prédomine c'est une énorme déception. C'est dur de perdre cette finale comme ça", a avoué le sélectionneur Didier Deschamps. "Il n'y a pas de mots pour décrire ce sentiment. Il faudra du temps pour digérer ça".

Tout un pays s'était mis à espérer un 3e couronnement continental après ceux de 1984 et de 2000 et n'imaginait pas pareille issue cruelle, trois jours après un exploit face aux champions du monde allemands (2-0).

C'était faire peu de cas de l'adversaire, ce petit voisin souvent placé, jamais gagnant, qui a obtenu sa consécration au terme d'un Championnat d'Europe débuté piteusement avant une montée en gamme impressionnante.

Le suspense aura duré 109 minutes avant la délivrance portugaise sur une frappe limpide de 20 mètres d'Eder, promu nouveau héros de tout un peuple.

On attendait Ronaldo dans le rôle-titre mais la Selecçao s'est trouvée un sauveur totalement improbable avec cet attaquant évoluant à Lille, entré en jeu à la 79e minute et qui a en quelque sorte vengé le No7 du Real Madrid.

Blessé au genou gauche dès l'entame de match après un choc avec Dimitri Payet (8e), Ronaldo avait dû quitter les siens sur une civière, en pleurs (24e). Ce sont finalement des larmes de joie qu'Eder a déclenchées chez Ronaldo, qui a pu soulever le trophée lors de la cérémonie finale.

"C'est un trophée pour tous les Portugais, tous les immigrés, tous les gens qui ont cru en nous", a lancé Ronaldo au micro de beIN Sport.

Le succès portugais sur le sol français est une sorte de clin d'oeil du destin. En 2004, la Selecçao avait mordu la poussière en finale à Lisbonne, dominée par de surprenants Grecs (1-0). Elle a fait exactement le même coup aux Français.

Pas d'apothéose

"Avec tout ce qui s'est passé, les attentats, la crise économique, on méritait cette victoire, on méritait d'avoir un peu de baume au cœur", se désole Lazaro de Santana, 31 ans, supporter français venu voir le match dans la fan zone de la tour Eiffel au milieu de 90.000 personnes.

La fan zone près de la Tour Eiffel aux couleurs du Portugal vainqueur de l'Euro-2016.

À l'inverse, Lisbonne a exulté au coup de sifflet final. "J'y ai cru jusqu'au bout. On le méritait !", souffle Carla Martins, 44 ans, les larmes aux yeux.

Vainqueurs de l'Euro (1984) et du Mondial (1998) à la maison, les Français se voyaient déjà soulever la coupe. Tout était prêt pour fêter les nouvelles gloires de la nation : un supporter de l'équipe de France a ainsi posté sur Twitter quelques heures avant le coup d'envoi une vidéo d'un bus à impériale avec les slogans "Merci" et "Champions d'Europe 2016". Mais il n'y aura pas d'apothéose.

Le parcours des Bleus a été plus qu'honorable, surtout au vu des nombreuses absences sur blessures (Varane, Diarra, Mathieu) ou en raison d'affaires extra-sportives (Benzema, Sakho). Six ans après le fiasco de Knysna et la grève de l'entraînement du Mondial-2010, le football français a redressé la tête, a communié comme rarement avec son public et peut espérer des lendemains qui chantent après avoir retrouvé une finale pour la première fois depuis la Coupe du monde 2006.

Même si le pays avait une foi inébranlable en la bonne étoile de son patron, Didier Deschamps, l'ex-capitaine des champions du monde et d'Europe 1998 et 2000 n'a cette fois pas trouvé la recette miracle.

Après avoir pas mal tâtonné, Deschamps avait pourtant fini par trouver son équipe-type. C'est le même onze de départ vainqueur de l'Islande (5-2 en quart de finale) et de l'Allemagne (2-0 en demi-finale) qui a débuté la finale avec un Moussa Sissoko impressionnant de puissance.


AFP/VNA/CVN

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