Royaume-Uni
Le monde dit adieu à Elizabeth II, une page d'histoire se tourne

Le monde dit adieu lundi 19 septembre à Elizabeth II lors de funérailles grandioses à Londres, où dignitaires du monde entier rendront hommage à une souveraine à l'incroyable destin, qui avait consacré ses 70 ans de règne à faire briller la couronne britannique.

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Elizabeth II, devenue reine en 1952, avait régné 70 ans et 7 mois.
Photo : AFP/VNA/CVN

Après dix jours de deuil national, d'hommages et de rituels à la pompe centenaire, 2.000 personnes sont attendues pour une cérémonie religieuse à l'abbaye de Westminster à 10h00 GMT.

Dans l'assistance, le président américain Joe Biden, l'empereur du Japon Naruhito, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le vice-président chinois Wang Qishan a été annoncé. 

Le cercueil y arrive en procession, suivi par le roi Charles III et des membres de la famille royale à pied.

Jamais depuis des années Londres n'avait connu une telle affluence de dignitaires. Les représentants des familles royales européennes dont le roi Philippe de Belgique, le roi d'Espagne Felipe VI et le prince Albert de Monaco prendront aussi place sous les arches gothiques de l'abbaye si liée au destin d'Elizabeth II, décédée à 96 ans. C’est là qu'encore princesse elle avait épousé à 21 ans en novembre 1947 le fringant Philip Mountbatten, avant d'y être couronnée le 2 juin 1953.

"Adieu notre glorieuse reine", "une vie de service désintéressé" : Elizabeth II domine les Unes de la presse britannique lundi, qui salue son "dévouement" à la Couronne.

La journée de lundi 19 septembre, fériée au Royaume-Uni, représente pour la police de Londres le plus grand défi sécuritaire de son histoire.

Les funérailles d'État, les premières depuis celles de Winston Churchill en 1965, pourraient figurer parmi les événements télévisés les plus regardés de l'histoire.

Elles sont aussi retransmises sur des écrans géants à Londres et à travers le Royaume-Uni.

Procession historique

Funérailles nationales et enterrement de la reine Elizabeth.
Photo : Reuters/VNA/CVN

Après la cérémonie à l'abbaye de Westminter, prévue pour durer une heure et durant laquelle des dizaines de vols ont été annulés pour que le bruit ne vienne pas troubler la solennité du moment, le pays se fige pour deux minutes de silence.

Le cercueil quitte l'abbaye suivi par le roi Charles III, la reine consort Camilla et des membres de la famille royale, et sera à nouveau placé sur un affût de canon de la Royal Navy avant une procession historique, en grande pompe, dans les rues du centre de Londres, jusqu'à l'arc de Wellington, d'où il repart en corbillard pour le château de Windsor.

Plus de 6.000 militaires y participeront.

Des centaines de milliers de personnes sont attendues sur le parcours, à Londres et jusqu'à Windsor à 35 km à l'ouest de la capitale, pour rendre un dernier hommage à une reine extrêmement populaire, ancre rassurante de stabilité dans les convulsions d'un monde qui change. Pour des millions de Britanniques, elle était la seule, l'unique.

De plus en plus frêle ces derniers mois, souffrant de problèmes de mobilité, Elizabeth II est décédée le 8 septembre dans son château écossais de Balmoral. Deux jours plus tôt, elle y recevait encore, souriante, la toute nouvelle Première ministre Liz Truss, sa dernière photo publique. C'était la dirigeante en exercice la plus âgée du monde. Durant sa vie, elle a traversé la Seconde Guerre mondiale, vu la dissolution de l'Empire britannique. 

Immense émotion

Ses funérailles achèvent un deuil national marqué par une immense vague d'émotion collective.

Des dizaines voires des centaines de milliers de personnes sont venues se recueillir devant la dépouille jusqu'au dernier moment et la fermeture vers 05h30 GMT de Westminster Hall, la plus vieille section du parlement où était exposé le cercueil 24 heures sur 24 pendant cinq jours.

Une dernière larme ou révérence, et déjà, il était temps de partir avec le souvenir d'avoir fait partie de l'Histoire.

Certains auront patienté jusqu'à 24 heures, dans la file d'attente qui serpentait sur des kilomètres le long de la Tamise. Mais sous le soleil ou dans le froid nocturne, ils étaient là pour elle, qui les avait servis pendant 70 ans, 7 mois et 2 jours.

Près de tous les lieux associés à la reine, partout dans le pays, des tapis de fleurs, des messages émus.

Roi accessible

Bain de foule à Londres le 17 septembre pour le roi Charles III, venu remercier ceux attendant des heures pour s'incliner devant le cercueil de la reine Elizabeth II.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les Britanniques ont aussi redécouvert des rituels centenaires - proclamation d'un monarque avec trompettes royales, gardes royaux à la coiffe en plumes de cygne veillant le cercueil.

Avec Elizabeth II se tourne la page de la dernière reine planétaire, au règne unique par sa durée et son endurance.

Elle était au moment de sa mort, en plus du Royaume-Uni, reine de 14 royaumes, dont l'Australie, le Canada et la Nouvelle Zélande. Durant sa vie, Elizabeth II, dont Joe Biden a salué dimanche 18 septembre la dignité, avait parcouru l'équivalent de 42 fois le tour de la terre.

Elle est inhumée lundi soir 19 septembre dans l'intimité, dans le Mémorial George VI, annexe de la chapelle du château où elle avait vécu ses dernières années. Elle reposera près de ses parents et du prince Philip décédé en avril 2021. Ils étaient restés mariés 73 ans.

Après 12 jours épuisants de voyages dans les quatre nations constitutives du Royaume Uni, de bains de foule conjugués au deuil d'une mère, Charles III, 73 ans, devra écrire sa propre histoire.

Certains rêvaient d’une transition rapide avec le nouveau prince de Galles, son fils William, 40 ans. Mais Charles III a promis, comme sa mère, de servir toute sa vie.

Solennel, rassembleur, accessible et inclusif, ses premiers pas ont rassuré, avec la présence apaisante de Camilla à ses côtés.

Sa côte de popularité a grimpé en flèche, désormais à 70% selon un nouveau sondage YouGov qui place William à 80%.

Mais les défis, nombreux, ne font que commencer.

Le Royaume-Uni reprendra ensuite le fil de sa vie suspendue depuis le 8 septembre. La crise du coût de la vie et les mouvements sociaux devraient rapidement refaire la Une des journaux.

AFP/VNA/CVN

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