Le Festival de Cannes fêtera sa 75e édition en mai

Le Festival de Cannes fêtera en mai sa 75e édition avec le retour du cinéma-choc de David Cronenberg, une nouvelle place en compétition pour le Russe Kirill Serebrennikov, et seulement trois réalisatrices en lice pour la Palme.

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Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux (gauche), et le président du festival Pierre Lescure lors de la présentation de la 75e sélection officielle, le 14 avril à Paris

Parmi les cinéastes cultes attendus : David Cronenberg (Crash), qui promet une nouvelle fois de secouer le public. Les crimes du futur réunit Viggo Mortensen, qui côtoie Kristen Stewart et Léa Seydoux. Autre gros calibre sur le tapis rouge : James Gray (Ad Astra) présentera Armageddon Time, avec Anne Hathaway et Oscar Isaac, dans le New York des années 80, en pleine ascension de la famille Trump.

Dix-huit films briguent à ce jour la Palme d'Or, parmi les 2.200 soumis aux sélectionneurs, venus de 155 pays. Cinq cinéastes déjà couronnés seront en lice pour une nouvelle Palme : les Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne (Rosetta) avec Tori et Lokita, le plus grinçant des cinéastes suédois, Ruben Östlund (The Square), avec Triangle of Sadness, le Japonais Hirokazu Kore-eda (Une Affaire de famille), qui a cette fois tourné Broker avec la star sud-coréenne de Parasite, Song Kang-ho, et le Roumain Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines, 2 jours), avec son dernier film, RMN.

Des cinéastes participants

Seules trois réalisatrices sont sur les rangs pour succéder à la Française Julia Ducournau, Palme d'Or 2021 pour Titane. Sa compatriote Audrey Diwan l'a ensuite emporté à Venise, avant l'Espagnole Carla Simon à Berlin, mais cette série exceptionnelle ne masque pas le déséquilibre qui demeure entre hommes et femmes dans la production mondiale, et la distribution des prix.

À Cannes, la Française Claire Denis présentera Stars at noon, un "film d'attente, d'ambiance, à la lisière du polar diplomatique" dixit Thierry Frémaux, tourné en Amérique centrale, et sa compatriote Valéria Bruni Tedeschi Les Amandiers, sur le théâtre et la figure de Patrice Chéreau. Prisée de la critique, l'Américaine Kelly Reichardt sera en lice avec Showing Up.

La présence dans cette liste de l'enfant terrible du cinéma russe Kirill Serebrennikov avec un film sur la femme de Tchaïkovski est tout un symbole, en pleine tension en Ukraine. Le Festival, qui a très vite annoncé qu'il n'inviterait pas de "délégation officielle" russe, a fait le choix de ce réalisateur.

La réalisatrice française Claire Denis à New York, le 3 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Deux cinéastes ukrainiens sont aussi sélectionnés, hors compétition : un grand nom, Sergei Loznitsa, pour The Natural History of Destruction, en séance spéciale, et un nouveau venu, Maksim Nakonechnyi, qui réalise son premier film, Bachennya Metelyka, retenu à Un Certain Regard.

Quel président du jury ?

Le Festival n'oublie pas pour autant la fête et les paillettes : Tom Cruise doit présenter en personne le nouveau Top Gun, 36 ans après. Hors compétition aussi, résonnera la musique d'Elvis (biopic signé Baz Luhrmann), de Jerry Lee Lewis (chez Ethan Coen), de David Bowie dans un documentaire. L'Australien George Miller promet un "anti Mad Max" avec un film réunissant Idriss Elba et Tilda Swinton. Après la testostérone de Bac Nord, le Français Cédric Jimenez reviendra sur les attentats du 13 novembre, avec Jean Dujardin.

Le Festival n'a plus beaucoup de jours pour trouver celui ou celle qui succèdera à Spike Lee à la présidence du jury. Un casse-tête cette année : avec le redémarrage du cinéma post-pandémie et l'essor des séries, "tous les artistes travaillent", a souligné M. Frémaux. Le film d'ouverture en revanche est déjà connu : ça sera la comédie gore Z (comme Z) de Michel Hazanavicius, l'auteur de The Artist.


AFP/VNA/CVN

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