22/03/2020 15:57
La pression est encore montée d'un cran samedi 21 mars sur le Comité international olympique pour qu'il reporte les JO de Tokyo, prévus cet été, en raison de la pandémie de COVID-19.
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Le président du CIO Thomas Bach, le 3 mars à Lausanne.
Photo : AFP/VNA/CVN

Après les appels lancés par des athlètes, plusieurs organisations sportives ont pris le relais, dont les puissantes fédérations américaines d'athlétisme et de natation. Relayées samedi soir 21 mars en Europe par la Fédération espagnole d'athlétisme. Depuis plusieurs jours, l'instance olympique, basée à Lausanne, doit justifier sa position d'attente, alors que le bilan humain du nouveau coronavirus s'aggrave quotidiennement et que les mesures de confinement se multiplient dans le monde, touchant désormais 900 millions de personnes.

"Nous ne vivons pas dans une bulle ou sur une autre planète (...) Bien sûr nous examinons plusieurs scénarios", mais "ce ne serait pas responsable aujourd'hui et ce serait prématuré de partir dans des spéculations et de prendre une décision", a réaffirmé le président du CIO, l'Allemand Thomas Bach, dans un entretien diffusé jeudi 19 mars par le New York Times, à propos du report potentiel de l'événement sportif le plus attendu au monde, prévu du 24 juillet - 9 août. Mais depuis les États-Unis, la riposte n'a pas tardé, en dépit du soutien du Comité olympique américain (USOPC) à la position officielle.

D'abord, c'est la Fédération de natation, USA Swimming, du haut de ses 33 médailles (dont 16 en or) remportées à Rio-2016, qui a exigé le report, au motif que ses nageurs ne peuvent plus s'entraîner normalement, sauf à prendre le risque d'être contaminés ou de contaminer à leur tour. Un argument également soulevé par de nombreux sportifs de haut niveau dans le monde, comme la championne olympique du saut à la perche, la Grecque Katerina Stefanidi, qui a accusé le CIO de "mettre en danger notre santé".

Pas à tout prix

Toute la semaine, des athlètes ont diffusé, parfois avec humour, les images de leurs entraînements, confinés chez eux, avec un matériel rudimentaire. "Nos nageurs sont toujours prêts pour n'importe quelle course, n'importe quand et n'importe où. Cependant, aller de l'avant au milieu de la crise sanitaire mondiale cet été n'est pas la réponse. La chose juste et responsable à faire est de donner la priorité à la santé et à la sécurité de chacun", a écrit le directeur général de USA Swimming, Tim Hinchey, dans un courrier à l'USOPC.

Le patron de la Fédération américaine d'athlétisme, Max Siegel, a pris le relais, demandant à son tour à l'USOPC d'agir auprès du CIO pour "faire passer la santé et la sécurité de chacun avant tout, et de bien voir les effets que cette situation difficile a eu et continue d'avoir sur nos athlètes et leur préparation aux Jeux olympiques". Tout en reconnaissant qu'il n'y a "pas de solution parfaite".

La flamme olympique, sous le regard d'un Japonais portant un masque, lors de son passage à Sendai, au Nord du Japon, le 21 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous échangeons et écoutons nos fédérations membres et nos athlètes lors de cette période inédite pour nous tous, a indiqué dans un communiqué transmis le président de la Fédération internationale d'athlétisme (World Athletics) Sebastian Coe. Nous avons une nouvelle réunion en début de semaine à propos de tous ces athlètes qui peinent à s'entraîner dans plusieurs pays qui ont pris des mesures pour freiner le coronavirus."

"Je ne pense pas que nous devons avoir des Jeux olympiques à n'importe quel prix, surtout pas au prix de la santé des athlètes. Une décision à propos des Jeux olympiques devrait rapidement devenir évidente et s'imposer dans les jours ou les semaines à venir." Sur un autre tempo, le CIO, par le biais d'un formulaire intitulé "COVID-19 et la préparation des Jeux olympiques de Tokyo 2020", demande à ses différents comités nationaux olympiques (CNO) l'impact de la crise sanitaire et des mesures de confinement sur leurs sportifs.

"Comment les réglementations d'urgence en lien avec la COVID-19 limitent-elles l'entraînement et la préparation de vos athlètes ?", s'enquiert notamment l'organisation basée à Lausanne sans préciser l'objectif de cette grande consultation.

"Inéluctable" 

L'instance olympique est mise en outre sous pression par le report de plusieurs compétitions prestigieuses, comme l'Euro-2020 de football, prévu en juin et repoussé d'un an, ou le Tournoi de tennis de Roland-Garros, décalé de mai à septembre. Avec un budget de plus de 11 milliards d'euros investis pour les infrastructures ou l'organisation, 11.000 sportifs du monde entier et des millions de spectateurs attendus au Japon, le défi logistique d'un report des JO serait sans commune mesure.

Néanmoins, pour un nombre de plus en plus important d'acteurs, il faut décider vite. "On est persuadé que dans la situation actuelle, on va vers un report, c'est inéluctable", a déclaré le patron de la Fédération française d'athlétisme, André Giraud. Pour lui, "il faut maintenant que la décision soit prise, pour sortir les athlètes de la situation de stress et d'inquiétude dans laquelle ils sont". Une position résumée par le tweet de l'Américain Ashton Eaton, double champion olympique du décathlon : "Tokyo-2021. Il n'y a pas d'autre solution".

AFP/VNA/CVN



 

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