02/04/2021 17:01
La mer de l'Arctique, débarrassée de sa banquise sous l'effet du réchauffement, contribue directement aux chutes de neige plus extrêmes en Europe, comme l'épisode glacial de 2018 surnommé "la Bête de l'Est", selon une étude publiée jeudi 1er avril.
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Station scientifique en Antarctique. 
Photo : AFP/VNA/CVN

L'événement qui avait paralysé une grande partie du Nord de l'Europe en février et mars 2018 avait coûté plus d'un milliard d'euros par jour rien qu'au Royaume-Uni.

Selon une étude publiée jeudi 1er avril dans la revue Nature Geoscience, ces tempêtes de neige exceptionnelles étaient une conséquence directe des eaux "anormalement chaudes" dans la mer de Barents, dont 60% de la surface était libérée de la banquise quelques semaines avant cet événement connu comme "La Bête de l'Est" en Angleterre, le "canon à neige" en Suède ou le phénomène "Moscou-Paris" en France.

Avec le réchauffement de l'Arctique, plus rapide que le reste de la planète, le vortex polaire - zone d'air froid et de basse pression typique des pôles durant les saisons froides - est plus enclin à se déplacer vers le Sud.

"Ce que nous avons découvert, c'est que la banquise est effectivement un couvercle sur l'océan", a expliqué l'auteure principale de l'étude Hannah Bailey, de l'université d'Oulu en Finlande.

"Et avec sa disparition à long terme à travers l'Arctique depuis les années 1970, plus d'humidité entre dans l'atmosphère pendant l'hiver, ce qui a un impact direct sur la météo plus au sud, provoquant des épisodes extrêmes de chutes de neige", a-t-elle ajouté.

Les chercheurs ont mesuré en temps réel les isotopes contenus dans la vapeur d'eau atmosphérique sur la période menant à l'épisode de 2018 : les isotopes contenus dans la vapeur d'eau issue de la neige fondue étant différents de ceux issus de la mer, ils ont pu quantifier exactement quel excès d'humidité s'était dégagé de la mer de Barents pendant cette période.

Ainsi, environ 140 gigatonnes d'eau s'est évaporée de la mer, soit 88% de l'humidité retombée en neige sur l'Europe, selon leurs calculs.

L'étude conclut que si les tendances actuelles du réchauffement se poursuivent, la mer de Barents libérée de la banquise sera une source majeure d'humidité pour l'Europe continentale, provoquant d'importantes pluies ou chutes de neige, avec leurs lots d'impacts sur les infrastructures et le trafic.

"Cela voudra dire des perturbations dans l'approvisionnement en nourriture, en carburant, la destruction de cultures...", a mis en garde Jeffrey Welker, de l'Université d'Alaska à Anchorage.

"Cela peut sembler contre-intuitif" que le réchauffement de l'océan en Arctique provoque plus de neige en Europe, "mais la nature est complexe et ce qui se passe dans l'Arctique ne reste pas dans l'Arctique", a noté Hannah Bailey.

AFP/VNA/CVN
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