La Chine renonce à ses statistiques controversées du COVID

La Chine a annoncé dimanche 25 décembre qu'elle ne publierait plus ses statistiques controversées sur le COVID, très critiqués récemment en raison de leur total décalage avec l'actuelle vague épidémique qui frappe le pays.

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Des patients atteints du COVID-19 installés dans le hall d'accueil d'un hôpital à Chongqing, le 23 décembre dans le Sud-Ouest de la Chine.
Photo : AFP/VNA/CVN

La commission nationale de la Santé, laquelle fait office de ministère, publiait depuis début 2020 les chiffres quotidiens des cas et décès liés au coronavirus, qui étaient relayés tous les matins par la presse.

Elle n'a pas justifié l'arrêt de leur publication. Mais ces statistiques ne reflétaient plus l'avalanche de contaminations qui submerge la Chine depuis l'abandon le 7 décembre des strictes mesures sanitaires de la politique "zéro COVID".

Auparavant, des tests PCR quasi-obligatoires permettaient de suivre avec fiabilité la tendance épidémique. Mais les personnes contaminées réalisent désormais des autotests chez elles et rapportent rarement les résultats aux autorités, ce qui empêche d'avoir des chiffres fiables.

"À partir d'aujourd'hui, nous ne publierons plus les informations quotidiennes sur l'épidémie", a indiqué la commission nationale de la Santé. "Le Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) publiera des informations relatives à l'épidémie, à des fins de référence et de recherche", a-t-elle ajouté sans préciser le type ni la fréquence de ces futures publications.

Les Chinois, qui constataient un décalage flagrant entre d'un côté la contamination d'une grande partie de leurs proches, voire leur décès, et de l'autre les statistiques officielles, ont accueilli l'annonce avec dérision.

Des rayons vides dans une pharmacie, le 17 décembre à Pékin, en Chine.
Photo : AFP/VNA/CVN

La vaccination s'accélère

De nombreux hôpitaux sont sous pression face aux arrivées de malades du COVID et une pénurie de médicaments contre la fièvre et l'état grippal frappe les pharmacies. Certains gouvernements locaux commencent toutefois à avancer des estimations de l'ampleur de l'épidémie.

Les autorités sanitaires du Zhejiang (Est), au sud de Shanghai, ont jugé dimanche que le nombre de contaminations journalières dépassait désormais la barre du million dans cette province peuplée de 65 millions de personnes. Un demi-million d'habitants sont par ailleurs infectés quotidiennement à Qingdao (Est), ville de 10 millions d'habitants, a estimé cette semaine un responsable municipal cité par la presse officielle.

Dans la capitale Pékin, les autorités ont évoqué samedi 24 décembre "un grand nombre de personnes infectées" et appelé à "tout mettre en œuvre pour améliorer le taux de guérison et réduire le taux de mortalité". Une large part des plus de 80 ans, particulièrement vulnérables, n'ont pas de schéma vaccinal complet et se retrouvent en première ligne face au COVID.

La vaccination s'est toutefois accélérée ces dernières semaines, selon les chiffres de la Commission nationale de la santé. Un total de 23,5 millions de doses ont été administrées du 8 au 23 décembre, contre 3,3 millions durant la quinzaine précédente - soit une multiplication par sept.

AFP/VNA/CVN



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