26/01/2021 10:43
Faudra-t-il vacciner les sportifs avant les JO de Tokyo dans 6 mois ? La question n'est pas encore tranchée, mais d'ores et déjà, le président du comité olympique français (CNOSF) Denis Masseglia a prévenu : ceux qui ne le seront pas devront affronter des conditions "extrêmement difficiles" au Japon.
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Le logo des JO japonais trône à l'entrée du Musée olympique de Tokyo, le 24 mars 2020.
Photo : AFP/VNA/CVN

C'est une question qui risque d'occuper les instances olympiques et les gouvernements dans les prochains mois. Alors que les organisateurs des JO de Tokyo, reportés d'un an en mars dernier, se démènent depuis des jours pour assurer leur maintien cet été (23 juillet-8 août), et démentent les rumeurs d'une possible annulation, le sujet de la vaccination des sportifs prend de l'ampleur.

Interrogé sur ce sujet sensible, à deux jours d'une commission exécutive du CIO, le patron du comité olympique français, a dévoilé le scénario à venir.

"Pour celles et ceux qui ne souhaiteront pas se faire vacciner il faut savoir que les précautions de participation seront extrêmement difficiles", a-t-il lancé lors d'une visio-conférence après un congrès de l'instance olympique français, évoquant pour les non-vaccinés un "chemin compliqué".

En clair, les sportifs non vaccinés pourraient subir, une fois sur le sol nippon, "une forme de quarantaine, une quinzaine (...) où il faudra faire une batterie de tests", a prévenu Denis Masseglia qui s'est entretenu vendredi, comme d'autres présidents de comités olympiques francophones, avec le président du CIO, Thomas Bach.

Si cette quarantaine n'empêchera pas les sportifs de s'entraîner selon le CNOSF, cette situation n'est pas sans rappeler ce que vivent les joueuses et joueurs de tennis actuellement bloqués en quarantaine en Australie avant le Grand Chelem de Melbourne.

"Effet dissuasif" 

Le président du Comité olympique français Denis Masseglia avec son homoloue du CIO, Thomas Bach, lors d'une rencontre à Tokyo, le 24 juillet 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le président du CIO n'a visiblement pas le pouvoir d'imposer la vaccination des sportifs avant les JO "pour des questions juridiques", a expliqué Denis Masseglia. Mais le CIO l'encourage fortement, et semble prêt, quitte à forcer la main aux réticents, à assumer une différence de traitement entre les sportifs vaccinés ou non.

"C'est la tenue des Jeux qui est l'enjeu final", explique Denis Masseglia. "On n'est pas tout seuls. Pour nos amis japonais, recevoir des athlètes et des personnes accréditées venues du monde entier exige un peu de précaution", a-t-il expliqué, anticipant que les conditions compliquées d'accueil pour les sportifs non vaccinés pourraient avoir "un effet dissuasif" pour ceux qui refuseraient de le faire.

Alors que la campagne pour la vaccination ne commencera pas avant fin février au Japon, et qu'elle a à peine commencé dans certains pays européens comme la France, cette question soulève aussi un problème éthique. Car cela consisterait à prioriser les sportifs pour la vaccination dans certains pays, les faisant passer devant des catégories de population considérées comme à risque.

Or l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a rappelé lundi 25 janvier : "il n'y a déjà pas assez de vaccins pour les personnes à risque", a expliqué son directeur des urgences Michael Ryan.

"Ce n'est pas un problème lié aux Jeux olympiques, il s'agit surtout de savoir comment utiliser une ressource rare pour combattre l'une des crises sanitaires les plus dévastatrices de notre histoire", a estimé Bruce Aylward, sous-directeur général de l'OMS.

Équation complexe 

Les reports de livraison de vaccins dans certaines parties du globe ne devraient pas non plus faciliter l'équation, assez complexe. Et si le sujet n'a pas été abordé avec Denis Masseglia, se pose le problème du choix du ou des vaccins considérés comme valables par le CIO, entre le vaccin russe, chinois, celui de Pfizer, d'Astra Zeneca.

Conditionner, ou en tout cas, offrir de meilleures conditions d'accueil en fonction de la vaccination pour des Jeux olympiques, risque également de ne pas être forcément bien accepté par certains sportifs, plutôt rétifs à se faire vacciner.

Mais le patron du sport olympique français n'est pas le seul dans le monde de l’olympisme à plaider pour la vaccination avant les JO. L'ancien vice président du CIO, le Canadien Dick Pound, une voix qui compte dans le sport, s'est lui aussi dit favorable à une telle mesure pour que les JO puissent avoir lieu.

"C'est une décision que chaque pays doit prendre", a estimé le responsable canadien à Sky Sports la semaine dernière. "Certains diront qu'ils sautent la file d'attente, mais je pense que c'est la façon la plus réaliste d'aller de l'avant".

AFP/VNA/CVN

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