Jeux du Commonwealth : les îles mettent "leur drapeau sur la carte" grâce au lawn bowl

Les Malouines, Niue ou Norfolk ne produiront peut-être jamais un vainqueur du 100 m, mais grâce au lawn bowl, sorte de pétanque sur herbe typiquement "british", ces petites îles de l'ex-empire britannique "mettent leur drapeau sur la carte" aux Jeux du Commonwealth, qui se terminent dimanche 7 août à Birmingham.

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Lawn bowls at the Commonwealth Games in Birmingham.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Niue est un rocher, un rocher de corail. Mais je suis sacrément fière que nous ayons là-bas une pelouse pour jouer aux boules", s'est réjouit Olivia Buckingham, après sa défaite contre l'Afrique du Sud dans le tournoi de double féminin.

Le lawn bow, qui a toujours été au programme des Jeux du Commonwealth (sauf en 1966), est souvent considéré comme une discipline réservée aux retraités des banlieues résidentielles tranquilles, mais les terrains de Leamington Spa, près de Birmingham, ont démenti ce cliché.

Les tribunes étaient pleines lors de la finale du double masculin, gagnée par le Pays de Galles aux dépens de l'Angleterre, et les familles qui formaient la majorité du public n'avaient pas peur de faire monter le niveau des décibels.

Le lawn bowl (boules sur gazon) est originaire d'Angleterre. Il se distingue de la pétanque ou de la lyonnaise par la forme des boules légèrement aplaties aux deux pôles. Un côté étant plus lourd que l'autre, leur trajectoire est incurvée. L'objectif en revanche est similaire: placer les boules le plus près possible du cochonnet, en l'occurence une boule blanche appelée "jack" située à plus de 30 m des joueurs. Il se pratique sur un "bowling green", terrain gazonné d'une quarantaine de mètres de longueur.

L'entraîneur de l'équipe de lawn bowls des Iles Cook lors des Jeux du Commonwealth.
Photo : AFP/VNA/CVN

Son histoire est jalonnée d'anecdotes. On raconte par exemple que le célèbre capitaine Francis Drake était en train de jouer au lawn bowl quand on lui annonça que l'invincible armada espagnole approchait des côtes de l'Angleterre pour l'envahir en 1588.

À propos de navigateurs toujours, on dit aussi que certains membres de l'équipe de l'île Norfolk, dans le Pacifique Sud, sont des descendants des fameux révoltés du Bounty et de leur meneur Fletcher Christian qui s'y installèrent après leur mutinerie en 1789, avant d'inspirer les cinéastes hollywoodiens.

"Les gens sont très fiers de ce lien", explique Ellie Dixon, dont l'île, qui appartient à l'Australie, a réussi l'exploit de remporter une médaille, en bronze, en 2018, alors qu'elle ne compte qu'une cinquantaine de joueurs. Mais podium ou pas, le lawn bowl permet de faire la publicité de cette destination. "Les touristes peuvent venir jouer avec nous", explique cette joueuse de 17 ans.

Pour les Malouines (Falklands en anglais), le lawn bowl est l'occasion de refaire parler d'elles d'une manière moins tragique, alors que le nom de l'archipel est surtout associé à la guerre de 1982, lors de laquelle un corps expéditionnaire britannique avait reconquis le territoire envahi par la dictature argentine. "C'est magnifique de pouvoir mettre les Malouines sur la carte", se félicite Daphné Arthur-Almond, une joueuse de 60 ans, qui raconte qu'elle s'entraîne "dans une cour d'école".

À Niue, l'un des États indépendants les plus petits du monde, le lawn bowl est un sujet très politique. L'équipe compte dans ses rangs... le Premier ministre Dalton Tagelagi et son fils, Tukala, âgé de 14 ans, le plus jeune compétiteur des Jeux du Commonwealth. "Ça met un peu de pression!", avoue Olivia Buckingham.

AFP/VNA/CVN