20/07/2020 23:15
Au lendemain de l'incendie dans la cathédrale de Nantes, un bénévole du diocèse qui était entendu en garde à vue a finalement été remis en liberté dimanche soir 19 juillet, tandis que la police scientifique tente de déterminer l'origine du sinistre.
>>Le grand orgue de la cathédrale de Nantes ravagé
>>Incendie circonscrit à la cathédrale de Nantes, le grand orgue très touché

Des experts font des prélèvements devant la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes touchée par un incendie, le 19 juillet. Photo : AFP/VNA/CVN

Le bénévole "était chargé de fermer la cathédrale vendredi soir et les enquêteurs voulaient préciser certains éléments de l'emploi du temps de cette personne", a expliqué dimanche 19 juillet Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes. Les enquêteurs souhaitaient entendre cet homme "sur les conditions" de fermeture de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul.

Finalement ce bénévole a été remis en liberté dimanche soir 19 juillet "sans aucune poursuite", a indiqué le procureur, confirmant une information du quotidien Presse Océan. "Il n'est pas impliqué dans la commission des faits", a dit le procureur au quotidien. En l'état de la procédure, "il n'y a aucun élément qui rattache directement mon client à l'incendie dans la cathédrale", avait déclaré à la presse dimanche 19 juillet Me Quentin Chabert, l'avocat du gardé à vue.

L'homme "est un Rwandais, venu se réfugier en France il y a quelques années. Il a fait quelques démarches pour avoir ses papiers comme des centaines d'autres", a expliqué dimanche 19 juillet le recteur de la cathédrale de Nantes, le père Hubert Champenois. Selon le recteur, cet homme de 39 ans est "servant d'autel". "Je le connais depuis quatre ou cinq ans", a-t-il assuré, avant d'ajouter : "J'ai confiance en lui comme en tous les collaborateurs". Aucune trace d'effraction au niveau des accès extérieurs n'a été constatée, selon le procureur.

"J'ai fini de jouer à 21h00 vendredi 17 juillet" et "tout était parfaitement normal, très calme. J'étais loin d'imaginer le drame qui allait survenir le lendemain", a témoigné Michel Bourcier, 56 ans, organiste à la cathédrale. Mais des questions se posent sur l'origine de l'incendie, car "trois points de feu distincts" ont été repérés à l'intérieur de la cathédrale. "Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale. Ils sont quand même à une distance conséquente les uns des autres", a relevé samedi 18 juillet le procureur.

Dimanche après-midi 19 juillet, le parvis de la cathédrale a été rendu à la circulation, a constaté un journaliste de l'AFP. Les sapeurs-pompiers ont laissé la place aux enquêteurs dans la cathédrale, dont la façade est légèrement noircie au dessus du porche.

"C'est triste de voir ça"

"On repense forcément à Notre-Dame, témoigne Vanessa, 43 ans, une commerçante qui habite dans le quartier. C'est notre patrimoine, c'est triste de voir ça. Même si c'est restauré, des choses ne reviendront pas".

Les dégâts causés par un incendie dans la cathédrale de Nantes, le 18 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

Georges, 90 ans, "Nantais de toujours", regarde tristement la cathédrale. "J'ai déjà connu ça en 72, ça me rappelle de douloureux souvenirs, c'était toute la charpente qui avait brûlé", se souvient-il. Des experts en incendie, du laboratoire de police scientifique et technique, sont à pied d’œuvre pour tenter de déterminer l'origine du sinistre, dans le cadre de l'enquête ouverte pour "incendie volontaire".

Samedi, ce sont des passants qui ont alerté les pompiers de la présence de flammes sortant de la cathédrale, vers 07h45. Il a fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire l'incendie qui a principalement touché le grand orgue. Cet orgue était installé sur une plateforme érigée en 1620, à laquelle on accède par un escalier de 66 marches. Le grand orgue, qui datait de 1621, avait survécu à l'incendie de 1972, provoqué par le chalumeau d'un couvreur. La cathédrale avait rouvert au culte en 1985.

Le Premier ministre Jean Castex, accompagné sur place des ministres de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et de la Culture, Roselyne Bachelot, a rendu samedi après-midi 18 juillet hommage "au dévouement et au très grand professionnalisme" de la centaine de sapeurs-pompiers mobilisés. L’État "prendra toute sa part" dans la reconstruction "que je souhaite la plus rapide possible", a-t-il promis. L'édification de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891).

AFP/VNA/CVN


 

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