28/11/2021 10:15
Devenu en 2020 professeur assistant à l’Université américaine du Texas et directeur d’un laboratoire sur les réseaux de capteurs sans fils, Nguyên Van Phuc veut faire bénéficier les étudiants vietnamiens d’un environnement de recherche moderne.
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Nguyên Van Phuc le jour où il a obtenu son doctorat aux États-Unis.
Photo : P. Nguyên/CVN

Le Dr. Nguyên Van Phuc, 33 ans, et ses collègues de l’Université du Texas à Arlington, aux États-Unis, se sont vu attribuer en juin dernier le prix Sony faculty innovation award pour leur recherche sur de nouvelles méthodes de diagnostic et de détection de l’épilepsie.

L’importance de la recherche appliquée

Leur projet développe un appareil compact à prix raisonnable, qui peut surveiller les patients épileptiques à domicile. L’objectif est de détecter et de diagnostiquer l’épilepsie en surveillant l’électroencéphalogramme (EEG), l’électromyographie (EMG), la variabilité de la fréquence cardiaque et d’autres signaux, lesquels sont enregistrés sur des capteurs placés sur la tête.

"De plus, notre recherche permet de réduire considérablement le temps et les frais liés à la surveillance des patients", précise Nguyên Van Phuc.

L’équipement est actuellement testé à titre expérimental à la Faculté de neurologie de l’UT Southwestern Medical Center (École médicale du Sud-Ouest de l’Université du Texas), où plus de 300 patients épileptiques reçoivent un traitement permanent chaque année. Le processus de développement de l’appareil sera surveillé par des professeurs et des neurologues. Ce projet est également soutenu par des scientifiques de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et de l’Université du Colorado (États-Unis).

Van Phuc a si rapidement reçu un poste de professeur assistant et de directeur d’un laboratoire à l’Université du Texas qui a hautement apprécié ses travaux effectués et publiés durant son doctorat et son post-doctorat effectués à l’Université du Colorado.

Nguyên Van Phuc (droite) et deux stagiaires vietnamiens dans le laboratoire des réseaux de capteurs sans fils à l’Université du Texas, aux États-Unis.
Photo : CTV/CVN

"J’ai décidé d’y travailler parce que l’Université du Texas à Arlington est très forte dans la recherche combinant l’informatique et la technologie biomédicale qui sont mes points forts. De plus, comme elle a de bonnes relations avec les grands hôpitaux, il est très facile de mettre en pratique directement sur les patients les produits de la recherche", explique le Dr. Phuc. Et de continuer : "L’université du Texas a créé des conditions favorables pour que je puisse avoir un laboratoire confortable doté d’un budget de 520.000 USD. C’est très rare que de jeunes scientifiques comme moi disposent de telles conditions de recherche".

Originaire de la province de Bên Tre, dans le Sud du Vietnam, le Dr. Van Phuc vient d’apprendre une autre bonne nouvelle : un projet collaboratif de recherche du laboratoire a été sélectionné pour recevoir du Fonds national en sciences une allocation de 500.000 USD (dont la moitié sera attribuée au laboratoire), portant le montant total du financement du laboratoire à près de 900.000 USD cette année.

Déjà auréolé de plusieurs distinctions, le jeune chercheur loue la diligence et le travail pour réussir dans ce que l’on fait. Il ajoute également qu’il ne faut pas avoir peur des défis, bien au contraire. "S’il y a une chose que je voudrais recommander aux stagiaires vietnamiens étudiant à l’étranger, c’est qu’avant de décider d’abandonner leur recherche parce qu’elle est trop difficile, il leur faut réfléchir à la raison pour laquelle ils ont commencé et puis revoir ensuite le problème sous un nouveau jour. Parfois, ils arriveront à prendre une autre et meilleure direction. Je fais mienne cette citation d’Albert Einstein : +Ce n’est pas que je suis si intelligent, c’est que je reste plus longtemps avec les problèmes+", partage-t-il.

Bourses pour les étudiants vietnamiens

Bien qu’il vive et fasse carrière dans un pays étranger, Van Phuc ne peut cacher son inquiétude devant le peu de jeunes Vietnamiens ayant la possibilité d’étudier aux États-Unis. Actuellement, il y a seulement deux stagiaires vietnamiens au sein de son université. Il esquisse une explication : "Peut-être parce que les bourses d’études universitaires et postuniversitaires sont plus compétitives en termes de langue que de recherche, alors que la langue n’est pas un point fort des étudiants vietnamiens"

"Outre le développement des algorithmes, notre laboratoire passe beaucoup de temps à concevoir et créer des produits qui peuvent trouver des applications dans le monde réel et être déployés à grande échelle. Ce modèle de recherche reste à l’heure actuelle très coûteux. J’aimerais faire bénéficier le Vietnam des équipements créés à partir de mes recherches", affirme-t-il.

"En plus d’être un jeune scientifique brillant et passionné, le Dr. Van Phuc cherche également à contribuer à la formation de jeunes scientifiques vietnamiens. Lorsqu’il a de nouveaux postes de recherche en master ou en doctorat dans le laboratoire, il donne toujours la priorité à ses compatriotes. Il participe ainsi activement à l’élévation du niveau scientifique dans le pays", estime le Dr. Lê Hoàng Sinh, directeur adjoint de l’Institut de recherche et de développement de l’Université Duy Tân à Dà Nang, au Centre.

Actuellement, Van Phuc a l’intention de faire bénéficier les étudiants vietnamiens de quatre bourses doctorales complètes. Il prévoit également d’utiliser les subventions obtenues par son laboratoire pour attribuer des bourses à de jeunes Vietnamiens qui souhaitent suivre un cursus postuniversitaire aux États-Unis.
 
Công Nhât - Phuong Nga/CVN
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