26/05/2019 17:16
À la veille des européennes, la mobilisation des "gilets jaunes" contre la politique sociale et fiscale d'Emmanuel Macron a continué samedi 25 mai à s'effriter, constituant selon le gouvernement un nouveau plus bas depuis le début du mouvement en novembre.
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Un "gilet jaune" tient une pancarte durant une manifestation à Amiens (Somme), le 25 mai 2019, pour leur 28e samedi de mobilisation.
Photo: AFP/VNA/CVN

Pour leur 28e samedi consécutif de manifestations, les "gilets jaunes" étaient environ 12.500 dans toute la France, dont 2.100 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. Des chiffres contestés par le mouvement, qui avance de son côté "35.104 manifestants minimum".

La semaine dernière, environ 15.500 personnes avaient défilé à travers le pays, selon l'Intérieur, ce qui constituait déjà un record en termes de faible participation. Lors de l'acte 1 le 17 novembre, ils étaient 282.000 dans la rue.

Ce mouvement inédit, né d'une colère populaire contre la hausse du prix des carburants et des taxes, s'est ensuite élargi, réclamant plus de démocratie participative et la démission d'Emmanuel Macron.

Encadrées par d'importants dispositifs policiers, les manifestations se sont déroulées globalement dans le calme.

À Paris où 1.000 membres des forces de l'ordre étaient mobilisés pour des contrôles préventifs et 3.000 policiers et militaires dans le cadre du maintien de l'ordre, deux cortèges ont battu le pavé.

Une manifestation déclarée a rejoint la butte Montmartre depuis le cimetière du Père Lachaise. Une autre, non déclarée, a rassemblé selon une journaliste de l'AFP une bonne centaine de personnes, défilant sans leur gilet distinctif - un fait inédit - à l'appel de plusieurs figures du mouvement, dont Eric Drouet.

Partis de l'ouest de la capitale, ces manifestants ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre avant de rallier la place de la République où, en fin d'après-midi, une trentaine de personnes ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des grenades lacrymogènes. Vers 19h00, quelques dizaines de manifestants ont ensuite bloqué une partie de la place de la Bastille à l'aide de barrières de chantier, rapidement enlevées par la police.

"J'ai pas l'intention d'arrêter de marcher. Je défends mon pain et celui de mes enfants. On n'en peut plus", a soutenu Camille, une trentenaire aide-soignante venue de Seine-et-Marne. Ira-t-elle voter dimanche aux européennes ? "J'hésite. L'Europe, ça me parle pas. Qu'est-ce que ça va changer ?"

Rémy, 46 ans, ira voter, "pour le bloquer lui (Macron), lui envoyer un message". "Ce gouvernement nous prend de haut, nous méprise... On doit dire stop", a estimé ce manifestant.

La Préfecture de police de Paris a recensé un total de 7.244 contrôles préventifs et 237 interpellations.

"Marre de voter contre"

 
Manifestation de "gilets jaunes", le 25 mai 2019 à Amiens.
Photo: AFP/VNA/CVN

À Amiens, ville natale du président de la République, les manifestants s'étaient dits déterminés à "aller chercher Macron chez lui" en "prenant" sa ville. Entre 1.200 personnes, selon la préfecture, et 2.000 selon les organisateurs, ont défilé dans une ambiance globalement festive, malgré quelques jets de projectiles et de grenades lacrymogènes.

"Marre de voter contre, on veut la validation du vote blanc", pouvait-on lire sur une pancarte à Toulouse, où quelque 2.000 manifestants ont arpenté les rues du centre en scandant les désormais traditionnels chants anti-Macron, un cortège dispersé par les forces de l'ordre en fin d'après-midi.

À Montpellier où environ 950 personnes ont défilé dans le calme, une banderole, en tête de cortège, interpellait le gouvernement: "Bloquons Blanquer, Castagnons Castaner, Matons Macron".

À Strasbourg, théâtre d'une "convergence des luttes", plusieurs dizaines de "gilets jaunes" étaient quant à eux présents dans la marche pour le climat, qui a rassemblé environ 850 manifestants. Au micro, l'un d'eux a fustigé l'élection de dimanche qui "ne sert qu'à placer les copains".

Lyon a aussi réuni "gilets jaunes" et militants de la cause climatique, comme à Nantes où jusqu'à 500 personnes ont défilé selon la police, ou Dijon (600 selon la préfecture).

"C'est aujourd'hui qu'il aurait dû y avoir du monde", a regretté Pierre dans le cortège bordelais qui a réuni 500 personnes selon la préfecture. "On est à la veille des élections, il faut montrer à Macron qu'on est toujours là", a estimé ce retraité venu manifester "contre la CSG et par solidarité avec les jeunes".

La circulation des trams a été perturbée par le cortège mais, pour la première fois depuis le début du mouvement, pas interrompue.

Quelques centaines de "gilets jaunes" ont défilé à Lille, selon une journaliste de l'AFP.
AFP/VNA/CVN
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