25/02/2020 11:26
Les représentants des 27 États membres de l'UE ont approuvé lundi 24 février les conditions des négociations avec le Royaume-Uni sur leur future relation commerciale, ouvrant un nouveau chapitre post-Brexit qui s'annonce particulièrement tendu.
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le négociateur pour le Brexit, Michel Barnier, le 11 février lors d'un débat sur les nouvelles relations entre l'UE et le Royaume-Uni au Parlement européen à Strasbourg.
Photo : AFP/VNA/CVN

Après le feu vert des ambassadeurs, le mandat de négociation doit encore être formellement adopté mardi 25 février lors d'une réunion ministérielle à Bruxelles. "On a un accord sur le mandat au niveau des ambassadeurs qui l'ont adopté par consensus. C'est une bonne nouvelle", a dit une source européenne. "Le mandat a été clarifié sur tous les points où c'était nécessaire", a précisé une autre source.

Alors qu'ils s'étaient déchirés la semaine dernière sur le budget de l'UE des sept prochaines années, les 27 ont fait preuve, une fois encore, d'unité face à Londres qui a décidé de les quitter. Ce feu vert est une étape décisive car il permet le démarrage des premiers pourparlers, début mars, entre l'UE et le Royaume-Uni, soit un peu plus d'un mois après son départ le 31 janvier. Le mandat du négociateur britannique devrait être dévoilé jeudi.

Londres et Bruxelles n'ont que quelques mois d'ici la fin de l'année, pour s'entendre sur cette future relation, le temps de la période de transition pendant laquelle les Britanniques continuent d'appliquer les règles européennes. Samedi 22 février, le président français Emmanuel Macron, avait émis des doutes sur la possibilité d'un accord global d'ici la fin de l'année. "Ça va se tendre car les Britanniques sont très durs", a-t-il mis en garde.

Les deux parties se sont engagées, dans une "déclaration politique" signée en fin d'année dernière, à conclure "un partenariat ambitieux", avec "des engagements fermes" garantissant une concurrence "équitable". Cette position commune s'est, cependant, largement distendue depuis. Les Européens restent ouverts à un large partenariat, comprenant un accord commercial sans quotas ni droits de douane. Mais ils ont durci le ton - sous la pression de la France - sur les contreparties réclamées.

Craignant plus que tout la concurrence déloyale du Royaume-Uni, ils exigent qu'il continue de respecter certaines règles de l'UE sur le long terme, en particulier en matière d'aides d'État, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité. Cette demande, inédite dans un accord de libre-échange, s'explique par la proximité géographique et la forte intégration économique de Londres avec le continent qui est le premier marché des Britanniques. Elle a déjà été balayée la semaine passée par le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.

Courte négociation

Les Britanniques semblent désormais se contenter d'un accord commercial basique, à l'image de ceux négociés par l'UE avec le Canada ou le Japon, mais qui préserverait leur capacité à réguler librement leur économie. "Pour faire court, tout ce que nous voulons c'est ce dont bénéficient les autres pays indépendants", a résumé David Frost. Même un "no deal", avec ses lourdes implications sur l'économie, notamment des droits de douane parfois élevés, ne paraît pas les effrayer, si l'on en croit le négociateur britannique.

Dans ce contexte, la courte négociation à venir - à peine dix cycles de discussion de trois semaines - s'annonce tendue. Outre les conditions de concurrence, les sujets de friction entre Londres et Bruxelles ne manquent pas, comme la future place des services financiers britanniques dans l'UE ou encore la question ultra-sensible de la pêche.

Sur ce dernier point, le mandat des Européens insiste sur le fait que le futur accord devra "maintenir un accès réciproque" aux eaux territoriales des deux pays, ce qui semble difficile à accepter pour Londres. L'UE aimerait également que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) garde le dernier mot pour interpréter le droit de l'Union, en cas de différend entre Londres et Bruxelles, ce que le Royaume-Uni refuse.

AFP/VNA/CVN

 
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