12/07/2021 09:27
Survoltés par l'espoir de ramener la coupe à la maison, les supporters anglais ont achevé l'Euro de football dans les larmes ou le silence dimanche soir 11 juillet après la victoire de l'Italie aux tirs aux but.
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Des supporters anglais près de Wembley avant la finale de l'Euro le 11 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN


Un silence de mort s'est subitement fait à l'intérieur des allées bondées du pub Howl to the moon, dans le Nord de Londres, au moment où l'Angleterre a perdu la finale de l'Euro (1-1 a.p., 3-2 t.a.b.).

Hébétés, les supporters anglais sont restés muets pendant plusieurs minutes, certains désertant le bar sans bruit, alors que quelques instants plus tôt les serveurs ne pouvaient se frayer un chemin.

"Putain elle va bien finir par revenir à la maison à un moment ou un autre !", hurle le barman, devant l'apitoiement général, avant de lancer la musique Football is coming home, reprise en cœur amèrement par les fans encore présents.

Les supporters se prennent dans les bras, certains en larmes ou se cachant sous leur maillot.

"Je suis dégoûté", souffle Louis Adams, originaire de Cardiff, 22 ans, qui tapote doucement sur l'épaule de son ami en train de pleurer à chaudes larmes, assis sur le banc du bar. "Je suis triste pour mon ami, qui était à fond dans tout ça", poursuit-il, "c'est la possibilité qu'on avait depuis des lustres", mais "c'est le sport, même si c'est décevant".

Boire et rentrer chez soi 

Les joueurs ont été "formidables", souligne le jeune homme, "je vais me bourrer la gueule et renter chez moi".

Pour Francesca, une habitante du quartier de 24 ans, la déception est moins amère : "mon père est à moitié italien alors... Je suis née ici, mais vous savez..."

Un supporter anglais défie des policiers à Londres avant la finale de l'Euro le 11 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Avant les penalties, il semblait bien que le football rentrait à la maison, mais l'Angleterre n'est pas bonne aux penalties", observe-t-elle.

Pas question de rentrer tout de suite pour elle, "on a besoin de fêter quelque chose après cette horrible année de COVID", "être vivant est une fête".

Loren Heer, 32 ans, estime lui que l'"Italie ne méritait pas" la victoire. "C'était un match assez équilibré pendant deux heures, mais l'Angleterre a eu la possibilité d'emballer le match, mais ils n'ont pas emballé le match".

"Question de chance" 

Le pub s'est très rapidement vidé après la défaite anglaise, contrastant avec l'ambiance électrique qui l'avait secoué durant les tirs au but, jusqu'à en faire vibrer les vitres et le sol sous les martellements des supporters.

Pendant que les serveurs poussent dehors les derniers supporters désemparés, certains, particulièrement alcoolisés, ont intentionnellement brisé leur pinte dans un geste de colère, noyant le sol de bière. Quelques petits groupes restaient dans la rue, qui est globalement rapidement redevenue déserte.

À Trafalgar Square, où 1.500 chanceux avaient été tirés au sort pour suivre le match sur écran géant depuis la fan zone, deux supportrices ont en direct sur Sky news exprimé leur déception. "C'est un moment dont on se souviendra, on est allés jusqu'en finale, c'est très triste, mais on a fait de notre mieux", explique l'une. Son amie qui la console évoque quant à elle une "question de chance".

Devant le stade de Wembley, la bouche de métro avait déversé un véritable torrent bouillonnant de drapeaux blanc et rouge. 65.000 personnes venues assister au choc Italie - Angleterre, mais aussi des milliers d'autres supporters, sans billet pour la finale venus participer aussi à la fête, émaillée par quelques incidents.

Quelques personnes sans billet ont réussi à rentrer dans le stade et une vidéo visiblement prise dans les couloirs du stade a montré des scènes de violences et des agents débordés.

Le désordre et la liesse qui se sont emparés de la capitale n'est cependant pas du goût de tous, en particulier face à la récente flambée dans le pays des cas de COVID-19 liés au variant Delta, plus contagieux.

"Quand il y a autant de monde, surtout beaucoup de gens ivres, c'est très difficile pour nous", a souligné Anna Bodo, riveraine de Wembley âgée de 29 ans, "heureuse" que l'Euro touche à sa fin.
 
AFP/VNA/CVN
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