11/01/2015 09:25
Deux sœurs, Huyên et Uyên, se sont données pour mission de faire connaître la cuisine vietnamienne via Internet. Un grand succès, bien au-delà de leurs attentes.

Les deux sœurs Lê Ha Huyên (gauche) et Lê Ha Uyên. Photo : CTV/CVN

 

Lê Ha Huyên possède une chaîne YouTube dénommée Helen’s Recipes suivie par 150.000 fans et compte déjà 20 millions de connexions, en majeure partie étrangère. Lê Ha Uyên, quant à elle, gère le site danangcuisine.com, qui affiche la bagatelle de 20.000 visites quotidiennes.

«Qu’est-ce qu’il y a de bon à Dà Nang ?»

En 2009, alors qu’elle étudiait le management commercial au Japon, Uyên entendait souvent cette question : «Quelles sont les spécialités gastronomiques typiques du Vietnam ?» ou «Qu’est-ce qu’il y a de bon à Dà Nang ?» À l’époque, il n’existait presque aucune page web en anglais consacrée à la cuisine vietnamienne. Uyên a alors pris contact avec sa sœur qui étudiait en Allemagne, et lui a proposé de créer un site web.

Huyên entendait elle aussi souvent ces questions et s’est dit partante. Les deux sœurs ont décidé de concrétiser au plus vite cet ambitieux projet : présenter la gastronomie vietnamienne au monde, via Internet. Et c’est en commençant par la cuisine de leur ville natale, Dà Nang, qu’elles se sont attelées à la tâche.

Elles ont débuté avec un simple blog, Uyên se chargeant de la traduction en anglais. En 2011, la machine s’emballe avec la création d’un site web et d’une chaîne YouTube. Cette dernière permet de rendre les explications plus vivantes qu’avec de simples mots.

Retrouver une partie de ses racines

«Nous nous focalisons sur les plats les plus faciles pour que les étrangers puissent les confectionner eux-mêmes, explique Uyên. Nous présentons aussi des plats plus compliqués, et nous espérons que ceux qui visionnent nos vidéos voudront venir au Vietnam pour les découvrir sur place».

Depuis début 2014, de la publicité défile sur les deux sites web et la chaîne YouTube des deux sœurs. C’est ainsi qu’elles gagnent de l’argent. Une juste récompense au vu du temps qu’elles consacrent à cette activités. Cette passion leur permet de mélanger l’utile (gagner un peu d’argent) à l’agréable (faire des vidéos).

Deux sœurs, Huyên et Uyên, veulent attirer les touristes étrangers dans leur pays par le biais de la cuisine vietnamienne. Photo : CTV/CVN


L’intérêt de ces sites et de cette chaîne va bien au-delà du simple fait de présenter des plats et d’expliquer des recettes. Sa vocation est bien plus large.

Un jour, une jeune Viêt kiêu américaine, Adele Hoàng Diêp, 16 ans, leur a écrit ces mots : «Je sens qu’il y a une partie de moi invisible, une relation avec mes racines que je n’arrive pas à rétablir. Mais grâce à votre chaîne YouTube, j’ai eu le sentiment d’avoir retrouvé quelque chose d’enfoui en moi».

Dans un autre courriel, une jeune sud-coréenne mariée à un Vietnamien confie : «Mes relations avec ma belle-mère ne sont pas bonnes, peut-être à cause des différences culturelles. Mais depuis que je suis votre chaîne, nous nous sommes rapprochées. Nous regardons ensemble les vidéos, et cuisinons en même temps. Le fossé culturel ne s’est pas comblé mais s’est considérablement réduit. Merci à vous !».

Tous ces messages sincères ont ému les deux sœurs. Huyên : «Nous ne pouvons arrêter ce travail, même s’il nous prend du temps et nous empêche de nous consacrer à d’autres tâches plus lucratives».

Après des années d’études à l’étranger, Uyên est revenue au Vietnam. Elle a décidé d’aller encore plus loin dans ses efforts pour faire découvrir la gastronomie vietnamienne.

Des tours gastronomiques

Elle a mis sur pied des tours gastronomiques dans sa ville natale, à Dà Nang. Après son travail, elle prend souvent en charge des groupes de touristes et les emmène pour des pérégrinations culinaires dans la ville, à la découverte de la «cuisine de rue», celle qui échappe à la plupart des touristes. «Mon but, confie Uyên, n’est pas qu’ils ressentent uniquement un plaisir gustatif, je veux aussi leur apprendre des choses intéressantes sur les plats qu’ils sont en train de consommer».

Récemment, un Australien est allé voir Uyên avec une liste de bonnes adresses culinaires. «Je viens souvent à Dà Nang et je pourrais trouver facilement ces lieux tout seul. Mais je veux qu’Uyên m’y conduise et me raconte des choses intéressantes, peu connues, originales sur la cuisine locale», a-t-il confié. Uyên l’a emmené dans les ruelles manger du poulet au riz gluant, et lui a expliqué que les Vietnamiens avaient un immense respect pour leur ancêtres et utilisaient ces deux produits – poulet et riz gluant – comme offrandes lors des fêtes d’anniversaire de leur mort (giô). Comme une véritable guide touristique, Uyên doit élargir ses connaissances pour répondre aux questions des clients les plus curieux «Je dois lire des ouvrages sur la culture vietnamienne et rencontrer des personnes âgées pour expliquer le maximum de choses sur les plats, que beaucoup de Vietnamiens ne connaissent pas forcément», explique Uyên.

Huyên, quant à elle, travaille en Allemagne, mais chaque année elle revient au pays. Elle en profite alors pour tourner de nouvelles vidéos dans les rues afin d’alimenter sa chaîne YouTube. Elle a comme projet d’écrire un livre de cuisine en anglais. «Je veux attirer les touristes étrangers dans notre pays par le biais de notre cuisine, précise-t-elle. Car le chemin du cœur passe par l’estomac, n’est-ce pas ?».

Phong Delon/CVN

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