20/10/2020 09:05
Le vote anticipé a débuté lundi 19 octobre en Floride, plus grand des États-clés de l'élection présidentielle, où Donald Trump et Joe Biden sont au coude-à-coude dans les sondages.

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Des électeurs font la queue pour voter en avance à Miami, en Floride, le 19 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN


Dès le matin, de nombreux électeurs masqués faisaient la queue à la mairie de Miami Beach. "Cela fait quatre ans que j'attends de voter", se réjouit Jackeline Maurice, une électrice démocrate quadragénaire.

À Hialeah, quartier populaire de Miami où vivent de nombreux Cubains-Américains, Ulysses Liriano, 51 ans, coiffé d'un chapeau aux couleurs du drapeau américain, attend son tour pour déposer son bulletin dans l'urne.

Son choix ? Trump, car "il a favorisé l'économie" avant le coronavirus, dit-il. "C'est une personne comme nous", ajoute ce retraité.


À quinze jours du scrutin, le locataire de la Maison Blanche s'est rendu en Arizona, un autre Etat très convoité, pour poursuivre son marathon de meetings entamé il y a une semaine après avoir assuré être "guéri" du Covid-19.

"Les gens en ont marre d'entendre parler de la pandémie", a martelé le président, préférant ne pas s'attarder sur cette crise sanitaire qui est, martèle-t-il, sur le point de s'achever.

"Bande d'abrutis !" 

"Vous regardez CNN, ils ne parlent que de ça. Covid, Covid, pandémie, Covid, Covid, Covid...".

"Ils essayent de dissuader les gens de voter. Mais les gens ne marchent pas dans la combine, CNN, bande d'abrutis !", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tôt, dans un échange téléphonique avec des membres de son équipe campagne, il s'en était pris une nouvelle fois au docteur Anthony Fauci, membre très respecté de sa propre cellule de crise sur le coronavirus.

 


Les gens "en ont marre d'entendre Fauci et tous ces idiots", a-t-il lancé, alors que la pandémie a fait près de 220.000 morts aux États-Unis.

Le candidat démocrate n'avait lui aucun rendez-vous public à son agenda, consacrant la journée, selon des médias américains, à la préparation du dernier débat télévisé, prévu jeudi 23 octobre.

C'est la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, qui a fait le déplacement en Floride, renouant avec la campagne de terrain quatre jours après l'avoir suspendue en raison de cas de coronavirus dans son entourage.

Elle s'est rendue à Orlando et Jacksonville pour appeler à participer à ce vote en personne à l'avance.

Le vote anticipé est scruté avec une attention particulière cette année, tant il continue de battre des records, donnant parfois lieu à de longues files d'attente dans les 
États où il a démarré.

À J-15, plus de 29 millions d'Américains à travers le pays ont déjà voté par courrier ou en personne, ce qui pourrait représenter à ce stade près d'un cinquième de la participation totale, selon l'organisation indépendante Élections Project.

Les démocrates ont appelé à voter à l'avance, comme mesure de précaution en raison de la pandémie.

Bataillons d'avocats 

Donald Trump a déjà multiplié les rassemblements de campagne en Floride, remportée en 2016 et qu'il ne peut se permettre de laisser basculer cette année. Il a resserré l'écart dans les intentions de vote à la faveur de deux études d'instituts réputés plus favorables aux républicains: Joe Biden n'a plus qu'une avance de 1,4 point en moyenne, contre +4,5 il y a douze jours.

Mais l'ancien vice-président démocrate s'est lui aussi rendu à trois reprises dans l'
État du sud-est, courtisant tout particulièrement les retraités, un électorat-clé qui semble pencher en sa faveur après avoir majoritairement voté pour le milliardaire républicain il y a quatre ans.

Le soir du scrutin, en raison de cette course serrée, de nombreux projecteurs seront braqués sur la Floride, ses 14 millions d'électeurs et son gros contingent de 29 grands électeurs considérés comme cruciaux pour atteindre la majorité de 270 nécessaire pour accéder à la Maison Blanche.

En 2000, la présidentielle entre Al Gore et George W. Bush s'était jouée à quelques centaines de voix d'écart dans cet 
État, au terme d'une bataille judiciaire et de plusieurs recomptages.

Selon le journal Miami Herald, les deux camps ont déjà déployé sur place des bataillons d'avocats dans le cas où le résultat de l'élection y serait, à nouveau, à la fois serré et déterminant pour la victoire nationale.

AFP/VNA/CVN

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