COVID-19 : la stratégie vaccinale en débat au Parlement français

Quelle stratégie vaccinale contre le COVID-19 ? Jean Castex présente mercredi 15 décembre le plan de l'exécutif à l'Assemblée nationale, à quelques semaines du démarrage prévu d'une campagne qui inspire à la fois de la défiance et de l'impatience aux Français.

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Une infirmière administre le vaccin de Pfizer-BioNTech à une femme au centre médical Ashford de San Juan à Puerto Rico le 15 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Premier ministre et le ministre de la Santé, Olivier Véran, doivent s'exprimer devant les députés à partir de 16h30, avant un débat sans vote. Le même exercice aura ensuite lieu jeudi 18 décembre devant le Sénat, à majorité de droite.

"L'objectif, souligne Matignon, est de jouer la carte de la transparence totale, de la concertation et de l'échange, parce que c'est par là qu'on gagnera la confiance".

"Chaque Français pourra se faire son idée", ajoute le président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM), conscient que la défiance est particulièrement forte en France, où 59.072 personnes sont mortes du COVID-19 depuis le début de l'épidémie.

Selon un sondage de l'agence sanitaire Santé publique France, seule la moitié (53%) des Français interrogés en novembre veut se faire vacciner, contre deux tiers (64%) en juillet, un chiffre parmi les plus faibles au monde.

Pour l'exécutif, c'est un sujet particulièrement sensible qui met toute la chaîne gouvernementale sous pression, après les cafouillages sur les masques et les tests.

"Il y aura besoin de beaucoup de transparence, de clarté, de précisions, sur les doses, l'acheminement" et "qui pourra vacciner", réclame le socialiste Boris Vallaud, qui a le sentiment que la France "est à la traîne" en la matière.

Le ministre de la Santé Olivier Véran (droite) et le Premier ministre Jean Castex lors d'une conférence de presse à Paris le 10 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Olivier Véran avait déjà esquissé le 3 décembre les trois phases de la future campagne de vaccination : d'abord dans les Ehpad début janvier, puis "entre février et mars" pour les personnes présentant des facteurs de risques, puis la campagne "grand public" à partir du printemps.

Selon Matignon, le débat au Parlement qui vient remplacer celui prévu sur la politique migratoire, ne devrait pas apporter de nouveaux éléments sur ce calendrier et le détail des publics concernés.

"Plus vite, plus fort" ailleurs 

Au cours d'un déjeuner mardi 15 décembre avec les patrons des groupes de l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron a toutefois évoqué l'idée de lancer la campagne de vaccination le même jour dans tous les pays européens.

Or sous la pression de l'Allemagne notamment, l'Agence européenne des médicaments a annoncé mardi qu'elle se pencherait finalement le 21 décembre - une semaine plus tôt que prévu - sur le sort du vaccin Pfizer-BioNTech, ouvrant la voie à un possible début des vaccinations en Europe avant la fin de l'année.

"On avait dit qu'au niveau européen, ça commencerait au même moment. D'où l'intérêt de mutualiser", souligne-t-on dans l'entourage du chef de l'État. Histoire aussi de couper l'herbe sous les pieds de ceux qui, comme le chef de file de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, ont "le sentiment que cela va plus vite et plus fort dans d'autres pays".

Pas question cependant de brûler les étapes, surtout dans un contexte de défiance forte. Dans un entretien mercredi 16 décembre au Parisien, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, estime qu'il "n'y a pas d'urgence à immuniser la France entière" et dit que "cela prendra jusqu'à fin avril, voire mai, pour immuniser les 22 millions de Français les plus à risque".

"L'arrivée des vaccins n'aura pas d'impact sur le premier trimestre 2021 et très peu sur le deuxième", ajoute-t-il, invitant les Français à "tenir bon" face au risque d'une troisième vague qui "n'est pas négligeable".

Car si la France est sortie mardi 15 décembre d'un deuxième confinement, remplacé par un couvre-feu nocturne depuis 20h00, on enregistre, pour la semaine écoulée, une moyenne de 12.000 nouveaux cas positifs chaque jour (11.500 mardi 15 décembre), bien au-delà de l'objectif des 5.000 cas quotidiens fixé par l'exécutif.

Jean Castex a de nouveau mardi mis en garde contre un relâchement lors de la période des fêtes qui peut "être propice à une circulation accélérée" du virus, suggérant que les enfants qui le peuvent n'aillent pas à l'école jeudi 17 et vendredi 18 décembre, reprenant une idée du Conseil scientifique.

AFP/VNA/CVN

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