03/10/2021 11:26
De nombreuses femmes se sont portées volontaires pour prendre soin des nouveau-nés de mères atteintes du coronavirus au Centre épidémique H.O.P.E à Hô Chi Minh-Ville. Une action précieuse qui doit être valorisée.
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Nouveau-nés de mères atteintes du COVID-19 soignés au Centre H.O.P.E. 
Photo : TN/CVN

Mêlés aux sons de la pluie qui se déverse soudain, les cris d’un nouveau-né et la douce berceuse d’une femme. Celle-ci est Nguyên Thi Nghia, 33 ans, assistante dentaire, vivant dans le district de Tân Phu, à Hô Chi Minh-Ville.

"Pendant plusieurs nuits, je n’ai pas pu dormir à cause de l’image de femmes enceintes atteintes du COVID-19 à l’hôpital. Étant une femme et ayant connu un accouchement douloureux, je comprends bien les difficultés d’être enceinte", partage Mme Nghia.

"Ce que j’ai vécu quand j’ai donné naissance à un bébé il y a quatre ans, à une époque où toute la société était en paix, n’est rien comparé à la peur que les mères doivent maintenant subir. L’image des bébés nés à l’Hôpital de traitement des patients du COVID-19 et des mères tombant dans un état critique me brise le cœur", ajoute-t-elle.

Mme Nghia s’est portée volontaire pour s’occuper des nouveau-nés des patientes du coronavirus au Centre H.O.P.E. Ce dernier, installé à l’École maternelle Hoa Mi 2, dans le 5e arrondissement, a été cofondé par le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville en coopération avec l’hôpital Hùng Vuong.

En effet, lorsque ce dernier cherchait des volontaires pour devenir nourrices, Mme Nghia, avec le soutien de son mari, a envoyé ses enfants à ses parents, pour se porter volontaire. Elle souhaite aider ces nourrissons malchanceux à surmonter cette période difficile où ils n’ont pas leurs parents et proches à leurs côtés.

Dans une salle avec plus de 10 berceaux, de nombreux bébés se sont endormis, mais il y a aussi certains qui "crient" dont un petit garçon de 23 jours. Cao Thiên Trang, 30 ans, originaire de l’arrondissement de Binh Thanh, a découvert qu’il a des signes d’érythème fessier dans la région de l’aine. Elle l’a immédiatement emmené à la table médicale puis avec un coton-tige, elle a appliqué une crème sur les petits points rouges. Câliné et bien soigné, le garçon a cessé de pleurer.

"Je suis enseignante au préscolaire. Lors des jours de distanciation sociale, coincée entre quatre murs, mes élèves me manquent tellement. Quand j’ai appris que l’hôpital Hùng Vuong avait besoin des nourrices, j’ai immédiatement postulé et j’ai eu la chance d’être acceptée", raconte Thiên Trang.

"Ici, les bébés ont environ un mois, ils sont plus difficiles à prendre en charge que les enfants d’âge préscolaire. Cependant, ils sont si adorables. Ils s’endorment tout de suite après avoir été nourris", a-t-elle raconté. Et d’exprimer le souhait de voir la pandémie maîtrisée rapidement pour que ces bébés puissent bientôt retourner dans les bras aimants de leurs parents.

Mieux soigner les bébés malchanceux 

Mme Nghia à côté d’un nourrisson dont la mère est atteinte du coronavirus.
Photo : TP/CVN

Hoàng Thi Diêm Tuyêt, directrice de l’hôpital Hùng Vuong, fait savoir que depuis le mois d’avril,  son établissement a reçu plus de 1.000 femmes enceintes avec près de 500 bébés nés de mères atteintes du COVID-19. Ce chiffre ne cesse d’augmenter. Heureusement, le taux d’enfants infectés par des mères avec COVID-19 est très faible, moins de 1%.

Alors que la ville prend des mesures pour renforcer la prévention et le contrôle de l’épidémie, les mères atteintes du COVID-19 doivent être mises en quarantaine dans les centres d’isolement concentrés. C’est pourquoi, le nombre de bébés sans proches à leurs côtés augmente de plus en plus.

Actuellement, l’hôpital Hùng Vuong prend en charge plus de 130 nourrissons de mères atteintes du coronavirus et 50 autres, qui sont prêts à sortir de l’hôpital, n’ont pas encore été repris par leurs parents. Certains, qui ont presque un mois, doivent rester.

"Nous nous efforçons de contacter leurs mères et leurs proches. Pour certains, la plupart des proches sont des patients du coronavirus ou mis en quarantaine. On a perdu totalement le contact de 30 cas dont des mères décédées", déplore
Mme Diêm Tuyên.

Face à cette situation, le ministère de la Santé et le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville ont demandé à l’hôpital Hùng Vuong de créer le centre H.O.P.E. Ce dernier a attiré 25 volontaires venus de nombreux arrondissements et districts de la ville. Elles sont formées par l’hôpital aux compétences de base en matière de soin  aux nouveau-nés.

D’après Mme Diêm Tuyêt, actuellement, l’hôpital cherche, en coopération avec les  autorités locales, à trouver les parents de ces nouveau-nés. En cas d’échec, ils seront envoyés dans des orphelinats. 

Selon Nguyên Truong Son, vice-ministre de la Santé, en plus de trois mois de lutte contre la 4e vague de COVID-19, la vie de tous les habitants a été bouleversée, même les enfants. Avec le soutien des volontaires, le ministère de la Santé essaie de se coordonner avec les autorités locales et les hôpitaux pour assurer les meilleurs soins en faveur des nouveau-nés dans l’actuel contexte de crise sanitaire.

Huong Linh/CVN


 

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