02/10/2016 08:17
Depuis novembre 2015, à l’Hôpital de cancérologie de Dà Nang (Centre), une séance de yoga a lieu chaque dimanche soir. Une parenthèse précieuse et bienfaisante dans le quotidien des patients.
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Hà Thi Thu Huong (centre) avec des patients. Photo : CTV/CVN

Le vestibule de l’hôpital s’anime le dimanche soir. Sur les tapis disposés en rangs, des «yogis» en tenue verte (la tenue de l’hôpital) attendent le début de la séance. Parfois, on compte 80 élèves, parfois, une douzaine seulement, selon leur état de santé du jour. Ils font des exercices de respiration, puis de yoga, guidés par Hà Thi Thu Huong. Le cours de 90 minutes se termine par une séance de yoga du rire. Tout le monde scande des mantras à l’unisson, tout en frappant des mains. Et de rire à gorge déployée en se regardant dans les yeux.

Objectif : bien-être du corps et de l’esprit

«C’est le yoga qui m’a sauvé la vie, confie sans ambages Thu Huong. Il y a 13 ans, on m’a diagnostiqué un cancer de la thyroïde. Désespérée, je ne voyais que la mort  pour mettre fin à mes souffrances tant psychiques que physiques. Et puis, sur le conseil d’une amie, j’ai pratiqué le yoga. Par miracle, la maladie a reculé». Âgée de 44 ans, elle a monté il y a une dizaine d’années un club de yoga dans la ville de Dà Nang, attirant bon nombre de personnes de tous âges.

L’année passée, elle décide de proposer ouvrir un cours gratuit de yoga dans l’enceinte même de l’hôpital de cancérologie de Dà Nang. «De tout cœur, je voudrai apporter santé et espoir aux patients et patientes en train de faire face à cette terrible maladie».  

D’ordinaire, Thu Huong se présente à l’hôpital une heure avant la séance. Elle fait un tour du bâtiment, du 2e au 9e étage, pour inciter les patients à venir au cours. Ces derniers l’accueillent joyeusement et se montrent disposés à la suivre, y compris ceux qui viennent de suivre une chimiothérapie. De santé très fragile, une partie des malades doit marcher avec l’aide de proches. «Nous avons confiance en Thu Huong qui nous dit souvent : venez ! Le yoga renforce la santé, rend serein et joyeux, confie Nguyên Thi Ban, 62 ans, atteinte d’un cancer de l’utérus. Après les exercices de yoga, je me sens bien et je peux marcher facilement». 

Luu Van Son, 51 ans, victime du cancer du poumon au dernier stade, ne rate aucune séance. Chaque dimanche soir, il attend l’arrivée de Thu Huong, et demande à son épouse de l’amener au vestibule. «Je suis encore fatigué après ma chimio de cet après-midi. Mais, je veux participer aux exercices. Le yoga m’aide à vaincre la douleur», avoue-t-il.

Le cours de yoga commence à 16h00. En silence, les yogis commencent par de la méditation, les yeux fermés, alors que Thu Huong entonne une douce mélodie. Puis, guidés par la quarantenaire, ils font ensemble des mouvements légers et souples. La séance la plus attendue est celle du yoga du rire. Thu Huong scande des mantras, qu’ils reprennent en cœur : «Aujourd’hui je suis en forme. Hahaha, hohoho. Aujourd’hui je suis joyeux. Hahaha, hohoho… Aujourd’hui j’ai de nouveaux amis. Hahaha, hohoho...».

Les gens se déplacent au hasard, en souriant et en se regardant dans les yeux. Plusieurs ajoutent des petits mouvements de danse, ce qui renforce le sentiment de joie. «Que c’est agréable ! Il semble que mon corps s’échauffe, que mon esprit se libère», exprime Hông Thai, qui souffre d’une tumeur au foie.

«Chanter pour nos patients»

Des patients lors d’une séance de yoga à l’hôpital de cancérologie de Dà Nang.
Photo : CTV/CVN

Toutes les deux semaines, toujours à l’hôpital de cancérologie de Da Nang, est organisé le programme artistique «Chanter pour nos patients», par les membres d’un projet humanitaire baptisé «Un tableau, plusieurs espoirs». Dans ce programme, Thu Huong joue le rôle d’animatrice.

Dimanche. Une scène est montée dans la cour centrale de l’hôpital. Des centaines de spectateurs se rassemblent, assis sur les chaises en plastique installées par le personnel de l’hôpital. Animé par des chanteurs et chanteuses venus du Salon de thé Memory, le programme dure presque trois heures. C’est assez long pour des malades mais aucun ne quitte sa place, comme saisis par les émotions et l’espoir.

Après les numéros des artistes vient le tour des «amateurs». Un bras se lève. C’est Huynh Van Viên, 80 ans, victime d’un cancer de la langue. Il monte sur  scène, et parle au micro : «Aujourd’hui, en voyant les jeunes volontaires venus de la province de Hà Tinh, je me souviens du temps où j’étais cantonné dans cette localité. Je me permets donc de chanter l’air +Une confidence des habitants de Hà Tinh+». Et de chanter comme animé par une flamme qui lui fait oublier momentanément la maladie.

À son tour, Thu Hà s’avance avec sa mère, Nguyên Thi Lan, assise dans un fauteuil roulant. Frappée par un cancer de l’utérus, cette dernière sera opérée le lendemain. Sa fille veut exprimer son amour et sa compassion pour sa mère à travers la chanson «Maman, laisse-moi te porter sur mon dos pour une promenade». Sa voix suave touche vivement l’assistance.

L’amour de la vie, c’est ce que ces activités régulières au sein de l’hôpital de cancérologie de Dà Nang ont redonné aux patients. Elles leur ont aussi permis d’atteindre une meilleure qualité de vie et de soulager certains effets secondaires extrêmement lourds.

Nghia Đàn/CVN

 
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