27/11/2016 10:33
À l’heure de la globalisation où les cultures nationales risquent de se noyer dans toutes sortes de coca-colas et de rocks, il est consolant de voir se manifester les rapprochements culturels entre les peuples marqués par l’affirmation de l’identité culturelle, qui sont souvent des initiatives personnelles.
>>Congrès de l'Association Allemagne-Vietnam à Berlin

Le Rhin en Allemagne.
Photo : Archives/CVN

Dans ce contexte, la modeste mais efficace entreprise menée par Gunter Giesenfeld, - et l’Association d’amitié Allemagne-Vietnam dont il est le président -, qui consiste à promouvoir la culture vietnamienne en Allemagne, mérite d’être appréciée à sa juste valeur.

Depuis plus de vingt ans, l’association, qui a aujourd’hui 23 ans, se démène pour réaliser sa mission. En plus des œuvres humanitaires en faveur du Vietnam, notamment l’aide aux enfants handicapés, elle édite régulièrement une revue comportant quatre numéros par an. Vietnam Kurier traite les informations générales et s’attache en particulier à la culture vietnamienne à travers des reportages et des études.

Un lien qui se renforce au fil du temps

Les échanges culturels entre le Vietnam et l’Allemagne qui se multiplient chaque jour sont le fruit aussi d’initiatives et de contributions individuelles. Un film sur les marionnettes de Dông Ngu a été projeté en Allemagne, deux conférenciers vietnamiens sont intervenus dans huit villes allemandes du Sud, voyage au Vietnam des membres de l’Association d’amitié Allemagne-Vietnam, publications d’œuvres traduites en allemand dont Poésies de Chê Lan Viên, Histoire du Vietnam de Nguyên Khac Viên, promotion du livre vietnamien lors des foires des éditeurs à Francfort. On pourrait continuer ainsi la liste.

Le fleuve Rouge au Vietnam. 
Photo : Anh Tuân/CVN

Cet automne, j’ai eu le plaisir de revoir Gunter à Hanoï, toujours en forme et espiègle comme un écolier. Le cinéaste Luong Duc et moi l’avons accompagné avec une amie allemande à Dông Ngu. Ce village sur l’autre rive du fleuve Rouge est situé au cœur d’une très ancienne province, le Kinh Bac (Aujourd’hui la province de Bac Ninh, à 30 km de Hanoï, ndlr), berceau du bouddhisme vietnamien et source de ravissantes traditions culturelles, fief de la brillante dynastie des Ly (1010-1225) qui avait fait du Vietnam un pays florissant dans le Sud-Est asiatique au Moyen Âge et qui avait créé l’actuelle capitale. Le Kinh Bac est encore le foyer des images populaires de Dông Hô et des quan ho, chants alternés de filles et de garçons.

Notre voiture file à travers des rizières d’émeraude, passant devant plusieurs pagodes dont la célèbre Chùa Dâu, premier centre bouddhique au Vietnam (IIe-IIIe siècle), échantillon du mariage du culte autochtone de la fécondité avec la religion de Çakyamuni, union qui a donné naissance à l’adoration des Déesses bouddhiques du Nuage, de la Pluie, de l’Éclair et du Tonnerre.

Un film sur les marionnettes sur l’eau

Gunter et Luong Duc ont fait ce voyage dans le but de projeter le film qu’ils ont consacré à Dông Ngu, dans ce même lieu, sur les marionnettes sur l’eau. C’est le seul village de toute la province qui a perpétué cette tradition de génération en génération. Les paysans cultivent cet art rustique à leurs heures de loisir et donnent des représentations à l’occasion des fêtes populaires : Nouvel An lunaire, anniversaire du Génie tutélaire du village...

Le film allemand "Le miel dans la tête" projeté au Vietnam dans le cadre du Festival des films allemands 2016 au Vietnam, du 8 au 25 septembre dernier.
Photo : Institut Geothe

Nos retrouvailles avec la population sont émouvantes. On se réunit chez un villageois qui possède un téléviseur. La plupart des téléspectateurs sont des enfants du village qui restent indifférents à la partie commentée du film mais commencent à s’agiter dès qu’ils reconnaissent des endroits familiers du village, des visages. La projection est une véritable partie de rires et de réjouissance. Les villageois s’animent quand apparaît sur la mare communale qui sert de scène Chu Têu, le bouffon irrévérencieux incarnant la malice, l’esprit critique et le bon sens paysan. Les scènes de la vie champêtre, labour, hersage, pêche en barque, fêtes printanières et les sketchs comiques ainsi que les danses de fées, de phénix et de dragons tiennent la salle en haleine comme par magie.

Dans la pénombre, je vois le sourire satisfait de Gunter, ce fils du Rhin viticole venu partager une joie candide avec les paysans du fleuve Rouge.

(Décembre 1999)
Huu Ngoc/CVN


 
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