04/12/2016 09:08
Ses instruments favoris sont le piano, le violon et la corde à sauter. Grâce à eux, Alma Deutscher a composé des sonates, des concertos et même un opéra qui sera bientôt joué à Vienne, quelques mois avant ses 12 ans.
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Alma Deutscher, âgée de 11 ans, prend la pose à côté de l’affiche de l’opéra Cendrillon.  
Photo : AFP/VNA/CVN
Musicienne depuis l’âge de 2 ans, compositrice depuis qu’elle en a 6, la petite Anglaise s’est souvent dit que si elle était «un gros et vieux bonhomme avec une barbe, on (la) prendrait peut-être un peu plus au sérieux», confie-t-elle avec son sourire de poupée.

Mais le regard des gens est en train de changer, selon elle, depuis que la capitale de la musique classique, terre de Mozart, Schubert et tant d’autres, a programmé sa Cendrillon pour les fêtes de fin d’année, produite par une association autrichienne dédiée aux jeunes talents. La première de cet opéra de deux heures est prévue le 29 décembre et c’est en maestro respecté qu’Alma a assisté en octobre aux répétitions de sa création à Vienne.

Accompagnant au piano des solistes de trois fois son âge, la fillette en impose, dans sa sage robe à fleurs.

Au pays de «Transylvania»

«J’ai entendu sa musique avant de connaître son âge, j’ai été sous le choc. Elle a des nuances vraiment complexes, vraiment spéciales», décrit la soprano australienne Anna Voshege.

La Cendrillon revue et corrigée par Alma a pour cadre un opéra. Dans cette mise en abyme, l’héroïne est une jeune compositrice qui offre une mélodie à son prince, un poète. Anna Voshege interprète l’une des deux belles-sœurs revêches de l’héroïne, des «divas prétentieuses».

Alma a situé l’action en «Transylvania», un pays imaginaire où son esprit aime vagabonder, raconte-t-elle, habité par des musiciens imaginaires comme Antonin Yellowskin, son préféré, «Je lui ai volé une composition», affirme l’enfant avec une malice et un sérieux déconcertants.

Le père de la jeune prodige, Guy Deutscher, se souvient avoir été frappé par une réflexion d’Alma lorsqu’elle avait 2 ou 3 ans : «Comment la musique peut-elle être aussi belle !», s’était-elle exclamée, révélant une personnalité hors du commun.

«Lorsqu’elle a commencé à composer ses propres morceaux, nous avons compris que nous étions face à quelqu’un de vraiment spécial», explique ce linguiste de formation, musicien amateur.

Alma Deutscher exécute dans le Wiener Musikverein, en octobre à Vienne.
Photo : AFP/VNA/CVN

À 6 ans, ce fut sa première sonate pour piano, à 7 ans un mini-opéra, Le balayeur de rêves, et à 9 ans, un concerto pour violon. Alma n’aime pas la musique actuelle, «trop bruyante», et ne connait pas plus Justin Bieber que les Beatles, dit-elle candidement.

Mais elle «adore grimper aux arbres et courir partout», assure son père, qui, avec son épouse, organise sa scolarité à domicile, au sud de Londres. La fillette est de plus en plus sollicitée pour se produire à l’étranger.

«Juste Alma», pas Mozart

Une version pour orchestre de chambre de sa Cendrillon a été jouée en Israël l’an dernier. Dans la version longue montée à Vienne, Alma Deutscher jouera du violon et du piano dans l’orchestre.

Elle laissera en coulisses son troisième instrument fétiche : la corde à sauter. C’est notamment grâce à elle que naissent les mélodies, explique la fillette.

«En fait, je ne saute pas mais je l’agite comme ça tout en me racontant des histoires», dit-elle en traçant des courbes dans l’air avec son accessoire. «Et souvent les mélodies déboulent dans ma tête, alors je cours les noter dans mon carnet».

Mais cette technique n’admet qu’une corde à sauter à paillettes et à froufrous brillants, insolite vision à proximité de l’austère piano noir Steinway. «Les autres cordes à sauter ne marchent pas», assure Alma, avec l’assurance d’une Alice au Pays des merveilles.

Adoubée par des chefs d’orchestre comme Daniel Barenboim, Zubin Mehta et Simon Rattle, qui s’est dit «renversé» par son talent, la petite virtuose n’échappe pas, à Vienne, au parallèle avec le jeune Mozart, qui n’avait que 11 ans lorsque fut interprété son premier opéra, en 1767.

«Je préfère n’être comparée à personne, écrire ma propre musique, être juste la petite Alma», dit-elle. «Parce que se contenter de réécrire Mozart serait plutôt ennuyeux».

AFP/VNA/CVN
 
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