United Airlines passe une énorme commande d'avions gros-porteurs 787 à Boeing

United Airlines a commandé mardi 100 gros-porteurs 787 à Boeing et posé une option pour 100 appareils supplémentaires, ce qui représente le plus gros achat d'avions de cette catégorie jamais effectué par une compagnie américaine.

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Le Pdg de United Airlines Scott Kirby, les bras levés, lors de la signature de la commande avec Boeing, le 13 décembre à North Charleston, en Caroline du Sud.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ces long-courriers, qui ont récemment fait face à d'importants problèmes de fabrication, doivent être livrés entre 2024 et 2032. Ils sont destinés à remplacer progressivement les Boeing 767, vieillissants, de la compagnie, ainsi que certains Boeing 777, ce qui devrait permettre une réduction de 25% des émissions de carbone par siège.

Cette commande "marque une nouvelle étape" dans le positionnement de United comme compagnie internationale majeure, s'est félicité son patron, Scott Kirby, dans un briefing avec des journalistes.

En pleine pandémie, malgré la chute du trafic aérien, l'entreprise avait décidé d'aller de l'avant. Pariant sur une reprise solide du transport aérien, elle avait déjà passé à l'été 2021 une énorme commande de moyen-courriers, avec 200 Boeing 737 MAX et 70 Airbus A321neo.

Misant également sur un regain de demande pour les vols internationaux une fois les restrictions sanitaires levées, elle a nettement étendu son réseau en dehors des États-Unis, ajoutant en deux ans 13 destinations et 40 nouvelles lignes.

Défauts

Mardi 13 décembre, en plus des gros-porteurs, la compagnie a aussi annoncé qu'elle allait exercer une option sur 44 appareils 737 MAX pour livraison entre 2024 et 2026 et qu'elle en avait commandé 56 supplémentaires pour livraison entre 2027 et 2028.

La compagnie prévoit de financer ses nouveaux achats avec ses liquidités ou éventuellement avec des prêts si les conditions financières sont attractives.

Stan Deal, responsable de la division commerciale de Boeing, à North Charleston en Caroline du Sud, le 13 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Pour Boeing, ce contrat représente une nouvelle bouffée d'air après plusieurs années marquées par la crise du 737 MAX suite à deux accidents mortels et la pandémie.

Le constructeur avait indiqué en novembre vouloir revenir à une meilleure santé, aussi bien du point de vue opérationnel que financier, d'ici 2025 ou 2026.

La commande de 787 de United va déjà permettre de soutenir quelque 120.000 emplois chez Boeing et ses sous-traitants, a affirmé le responsable de la division commerciale du constructeur, Stan Deal, sur le site de l'usine où ils sont construits, à Charleston en Caroline du Sud.

Cela permet de "sécuriser" la production, les cadences devant y grimper de moins de 5 appareils par mois actuellement à 10 d'ici 2025, a-t-il indiqué en soulignant que le rythme pourrait au besoin encore accélérer.

Avec le 787 et le 777, Boeing domine historiquement ce segment de marché aux marges plus importantes, Airbus rivalisant avec ses A350 et A330.

L'effondrement du trafic aérien long-courrier pendant la pandémie avait toutefois fait plonger le marché des avions gros-porteurs, qui peinait déjà un peu avant la propagation du COVID-19. Mais la demande commence à remonter légèrement.

Les géants de l'aéronautique prévoient que la demande pour les nouveaux avions long-courriers s'envole, Airbus l'estimant à 7.870 appareils au cours des 20 prochaines années, Boeing à 7.230.

Le 787 était pourtant encore récemment en difficulté. Des défauts de fabrication ont été découverts à la fin de l'été 2020. L'appareil étant examiné de près, d'autres problèmes sont ensuite apparus.

Boeing avait dû suspendre les livraisons, de novembre 2020 à mars 2021 dans un premier temps, puis entre mai 2021 et août 2022. Et réduire les cadences de production.

"Malgré ces petits problèmes originels, l'appareil commence à avoir une maturité certaine, et il est apprécié des équipages et des passagers", estime Michel Merluzeau, du cabinet spécialisé AIR.

Pour Scott Kirby, l'accord passé avec Boeing représente une marque de confiance dans le constructeur après une période difficile. "Boeing a travaillé longtemps et avec assiduité avec la FAA (l'agence américaine supervisant l'aviation, NDLR) pour sortir plus fort" de cette crise, a-t-il estimé.

L'action de Boeing prenait 0,5% en fin de séance à Wall Street mardi 13 décembre tandis que celle de United reculait de 7%.

AFP/VNA/CVN

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