07/10/2021 15:29
Les femmes, traditionnellement considérées comme le sexe faible, font pourtant preuve d’une force admirable dans les moments les plus douloureux de la vie. Nguyên Thi Thuy Nga est l’une de ces femmes dont la force et la vitalité face à la maladie forcent le respect et l’admiration.
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Le choc du diagnostic

Au début du juin 2014, Nguyên Thi Thuy Nga a dû faire face à un événement tragique, que tous les enfants redoutent : la mort de son père. Peu de temps après, la tumeur qui, un an plus tôt, était apparue si petite sur sa poitrine gauche, a commencé à grandir. Sur l’insistance de son mari, elle a décidé de se rendre à l’hôpital Cho Rây, où elle a été diagnostiquée d’un cancer au stade 2.

L’image de Nga sur un réseau social, publié le 8 avril 2015 : "La quatrième chimiothérapie à Hô Chi Minh-Ville. Les cheveux tombent à nouveau".
Le résultat des examens en mains, Nga se sentit abattue et s’effondra en larmes. Elle se souvient qu’un homme est alors venu l’aider à se calmer. Il était avec sa femme, diagnostiquée elle aussi d’un cancer, mais au stade 3. La femme, fatiguée par la chimiothérapie, n’en demeurait pas moins alerte.

"L’homme m’a demandé alors si ma tumeur avait surgi comme une plantule", raconte-elle, "Il a dit que sa femme était à un stade avancé mais que, de mon côté, la maladie était encore guérissable". Notre conversation de quelques heures m’a donné rapidement plus de force et de confiance pour faire face à la réalité".

Surmonter la chimiothérapie

C’est le 14 août 2014 que Nga est hospitalisée afin de lui ôter la tumeur. Pour ce faire, le chirurgien a dû enlever son sein gauche, une décision difficile à accepter mais nécessaire.

Deux semaines après sa première chimio, ses poils ont commencé à tomber. Elle a graduellement perdu ses cheveux, ses cils, ses sourcils, et même sa menstruation. Ces changements étaient la conséquence du traitement qui devait la guérir. Néanmoins, ils furent la cause d’une grande souffrance mentale : ce sont tous les attributs les plus féminins que l’on enlevait à Nga. 

Nga revient aujourd’hui sur la difficulté de cette période : "Il y avait des moments où ça faisait tellement mal que l’idée me venait de me laisser mourir. Mais je pensais alors tout de suite à mes enfants, ma fille de 14 ans et mon fils de 7 ans. Je me souviens d’avoir prié Dieu pour qu’il me laisse au moins vivre jusqu’au 10e anniversaire de mon fils".

Bien que soutenue par ses proches, le cancer reste une épreuve individuelle et solitaire. "Il y a des choses dont je n’ai pas parlé à ma famille", avoue-t-elle, "La plupart du temps pendant le traitement, j’allais seule. Je me souviens d’une fois, j’étais dans l’autocar pour me rendre à l’hôpital, j’étais si épuisée que je ne pouvais même pas parler… Et le chauffeur m’a alors demandé de sortir. Peut-être mon apparence squelettique et faible lui fit penser que j’étais une mendiante. Seule dans la rue, sans avoir où aller, j’ai alors pleuré de me voir si impuissante".

Voir grandir ses enfants

Nga avec sa perruque : "Après sept mois du traitement".
"Cependant, si le traitement était difficile, il y a eu aussi des moments de joie. J’ai pu aussi aller dans de nombreux endroits durant cette période, rencontrant de gentils docteurs et des patients aimables à Hô Chi Minh Ville, Hanoï ou encore Huê. Et maintenant, j’ai des amis partout au Vietnam" - Nga ajoute avec un sourire.

Née dans une famille pauvre, Nga cousait dans sa jeunesse souvent jusqu’à minuit et se réveillait tôt le matin pour continuer. "C’est peut-être la cause de mon cancer", dit-elle. Néanmoins, elle admet qu’elle ne peut pas vivre sans travailler. Au lieu de s’allonger et penser à la maladie, elle préfèrera passer du temps dans sa petite boutique de tailleur.

Mais aujourd’hui, la maladie derrière elle, elle prend davantage soin d’elle-même et profite plus de la vie. Elle prend l’habitude de faire de l’exercice deux fois par jour, surtout l’exercice de respiration. Elle sort plus souvent et part en vacances avec sa famille. Pour elle, survivre à cette maladie est une opportunité d’évoluer et de mieux apprécier la vie.

Bien que la douleur physique et mentale était très forte, Nga ne s’est jamais avouée vaincue
Bien que la douleur physique et mentale était très forte, Nga ne s’est jamais avouée vaincue, pensant toujours qu’elle devait se battre pour ses enfants. Après huit chimiothérapies, sa santé est stable et son esprit est plus fort que jamais.

Actuellement, sept ans après sa première chirurgie, elle est incroyablement optimiste avec le sourire toujours aux lèvres. Nga exprime son souhait : "Quand j’étais à l’hôpital, j’ai vu quelques personnes venir faire la charité pour des patients atteints du cancer. À ce moment-là, j’espérais que je pourrai faire comme eux quand j’irai mieux. Peut-être dans l’avenir, lorsque l’épidémie COVID-19 sera terminée, mon mari et moi participerons".

Comme un phénix, Nga a souffert mais a réussi à renaître de ses cendres. Aujourd’hui, elle veut simplement que ses enfants soient en bonne santé et qu’elle puisse rester à leurs côtés le plus longtemps possible pour prendre soin d’eux. La source de sa résilience vient de ses enfants car elle est avant tout une mère. Ma mère.
 
Lê Thị Khánh Vân/CVN
 
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