08/03/2021 08:50
Nguyên Lê Khanh Hang est une des principales virologues du Vietnam, dont les recherches ont permis d’apporter des réponses délicates aux crises, notamment celle du COVID-19. Selon elle, que ce soit au sein de son laboratoire ou dans la vie, la clé du succès se trouve dans la persévérance. C’est particulièrement vrai pour les jeunes femmes.
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La Professeure associée-Docteure Nguyên Lê Khanh Hang de l’Institut national d’hygiène et d’épidémiologie (centre), lauréate du Prix Ta Quang Buu en 2019.
Photo : SGGP/CVN

Depuis l’apparition du premier cas officiel de COVID-19 au Vietnam le 23 janvier 2020, les scientifiques de l’Institut national d’hygiène et d’épidémiologie, et notamment Nguyên Lê Khanh Hang, sont sur le pied de guerre, bien décidés à comprendre ce nouveau virus mystérieux. Grâce à leur travail, le Vietnam est devenu en février 2020, le quatrième pays au monde à isoler le nouveau coronavirus à partir d'échantillons de patients. Mieux comprendre le comportement du virus et ses menaces potentielles a permis de développer efficacement les kits de test ainsi que le vaccin par la suite.

Une fois la manière de tester mise en place, il a fallu former les personnels à l’échelle nationale. Au départ, le délai d’exécution du test pouvait prendre jusqu’à 48h. Grâce à l’appui de la Banque mondiale, des formations ont été données à plus de 600 employés de laboratoire. Aujourd’hui, ce sont 94 laboratoires à travers le pays qui sont capables de tester le COVID-19 et le délai d’exécution a été réduit à 4-6 heures.

"Je suis tellement fière que notre travail initial ait permis au Vietnam de mener des tests locaux à grande échelle", partage Nguyên Lê Khanh Hang. Cette réussite lui permet d’espérer voir plus de progrès dans le domaine de l'épidémiologie et de la médecine préventive au Vietnam : "Nous visons à ce que davantage de nos recherches scientifiques soient publiées dans les meilleures revues et à mener des études d'envergure, aux niveaux régional et international. Le partage des connaissances et la coopération internationale sont plus essentiels que jamais pour lutter contre les maladies contagieuses dans un monde hautement connecté", insiste-t-elle.

Elle fait part, par exemple, de l’expérience du SRAS de 2003 : "Au cours des 15 dernières années, nous avons acquis d'énormes expériences en faisant face à différentes pandémies telles que le SRAS-2003 et maintenant le COVID-19. Néanmoins, nous devons toujours renforcer davantage nos capacités et ce de manière systématique. Cela exigera des investissements importants dans les infrastructures physiques et les ressources humaines. Je suis heureuse de constater qu’en plus du budget d’État, le secteur privé a les moyens aujourd’hui de s’intéresser au financement de la recherche et du développement dans le domaine des produits de biosécurité. Nous sommes impatients de favoriser les partenariats avec le secteur privé ainsi qu'avec les instituts de recherche internationaux pour mieux comprendre le monde des virus et ainsi mieux nous préparer contre de futures épidémies", partage-t-elle avec enthousiasme.

Un exemple pour les femmes vietnamiennes

Les femmes sont aujourd’hui encore trop peu représentées dans la recherche scientifique. Néanmoins, l’exemple de Nguyên Lê Khanh Hang pourrait donner envie aux jeunes femmes de faire carrière dans ce domaine.

L’équipe de femmes scientifiques du Laboratoire de la grippe a réussi à isoler et mettre en culture la souche du COVID-19.
Photo : Minh Quyêt/VNA/CVN

Selon la professeure, il est en effet nécessaire pour les jeunes femmes de dessiner un objectif clair tôt et de s’y tenir avec toute la passion nécessaire. C’est là qu’intervient la persévérance : "Que ce soit dans un laboratoire ou dans la vie, nous devons passer par d'innombrables essais pour obtenir les résultats souhaités. Il ne faut ainsi jamais abandonner", souligne-t-elle.

Si la recherche scientifique est encore trop peu féminisée, elle n’oublie pas toutes les femmes travaillant dans le secteur médical qui ont vu, avec la pandémie de COVID-19, leur charge de travail augmenter. La crise a en effet placé sur les épaules des personnels de santé, et en particulier les femmes travaillant en première ligne, une pression extraordinaire.

Les contraintes liées à la pandémie ont pu affecter un grand nombre de personnes : "Les quarantaines obligatoires en raison de la relation étroite avec les patients par exemple signifient de longues périodes de séparationavec leurs proches. En conséquence, cela provoque d'énormes perturbations pour ces femmes qui assument souvent un rôle de premier ordre également au sein de leur famille", indique-t-elle.

Grâce à la coordination de tout le personnel administratif et de santé, les conséquences de la pandémie ont été limitées au Vietnam. Il est certain que le pays capitalisera sur cette expérience positive.

Câm Sa – BM/CVN


 

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