07/10/2021 16:07
Tentons de définir ce qu'est la résilience, le rôle de la femme dans la Francophonie. Une illusion ? Chi Mai est un cas singulier. Son action récente en faveur des victimes des catastrophes naturelles survenues dans le centre du Vietnam, en collaboration avec une association au sein du Pays de Voltaire, Victor Hugo, ... est un fait réel montrant la plus belle valeur de la devise de la République : la Fraternité.

Née 4 ans avant la réunification du pays, Chi Mai a passé son enfance à Hanoï et poursuivi sa scolarité dans des écoles d’excellence.

Héritière d’une éducation traditionnelle, elle avait un fort souhait de devenir institutrice comme sa mère. Pendant son adolescence, elle aimait la lecture, les langues étrangères et la musique, surtout les chansons françaises.

Elle a effectivement choisi la langue de Molière comme deuxième langue vivante à l’école. La langue française lui a fait découvrir une autre facette de la vie, plus douce, plus humaniste.

Mais le destin en a décidé autrement et elle est devenue un peu malgré elle directrice d’une banque commerciale. Dès lors, sa pratique du français s’est réduite.

"La chance n’existe pas, mais le hasard fait parfois bien les choses", disait l’écrivain polonais Szczepan Yamenski. L’Union Générale des Vietnamiens du Rhône (UGVR) a entendu l’appel aux dons de Chi Mai pour venir en aide aux victimes des tempêtes tropicales dans la région Centre du Vietnam, et a souhaité participer avec elle et son groupe à la distribution de biens de première nécessité aux sinistrés. Et depuis, une bonne relation s’est établie et son amour secret pour le monde francophone s’est réveillé.

UGVR est en effet une association  loi 1901, qui existe depuis un demi-siècle et a pour objectifs de favoriser les actions d’entraide  ainsi que d’entreprendre des actions humanitaires et d’aides d’urgence. Elle réalise régulièrement des actions culturelles et humanitaires en France et au Vietnam.

Des dons de l’UGVR distribués à Huong Hoa. Photo : Chi Mai

Ses membres, ayant majoritairement fait leurs études en France, possèdent une double culture et participent annuellement à la Semaine de la langue française et de la francophonie, qui a lieu autour du 20 mars. Chi Mai est considérée par cette association comme une partenaire adéquate pour mener à bien des projets humanitaires sur place. Son approche et sa manière d’organiser les activités sont très proches de celles pratiquées dans les pays francophones.

En tant que directrice d’une banque et mère de deux filles, les temps libres de Chi Mai sont réduits. A-t-elle lu Les Misérables, Germinal ? A-t-elle écouté certaines chansons telles que Mon vieux, Savoir aimer ? On a le droit d’en douter. Ce qui est certain, c’est qu’elle consacre son temps restant à apporter un peu de confort à celles et ceux qui en ont besoin et à soulager un peu leurs souffrances.

Du courage à l’audace pendant et après la tempête Molave

Chi Mai et son équipe se sont rendus trois fois à Quảng Nam, une province particulièrement ravagée par les tempêtes.

Ses amis et sa famille sont mobilisés dans la phase de préparation, la veille de l’expédition, chez elle, à Hanoï. Photo : Chi Mai

Leur objectif était de distribuer des dons aux sinistrés dans des communes isolées, difficilement atteignables. Malgré les conditions climatiques instables et le mauvais état des terrains, les opérations prévues ont pu être réalisées. "Ils font face à de grandes difficultés en apprenant que toute la zone avait été placée en alerte pluie et inondations", précise UGVR dans son rapport pour les donateurs. Quel courage !

Un malheur peut en cacher un autre. Ces sinistrés ont subi une deuxième tempête plus violente que la première. Une nouvelle expédition s’est avérée nécessaire.

Chi Mai sur le terrain. Photo : Chi Mai

Chi Mai et son équipe y sont retournés, suite à l’envoi de la deuxième vague des dons par l’UGVR. À leur arrivée, ils ont reçu des recommandations des autorités locales de ne pas se rendre dans les lieux à risques. Après quatre jours d’attente, ils ont été obligés de rentrer à Hanoï. Quelle déception, mais quelle audace!

En tant que responsable d’une banque, la fin de l’année s’annonce difficile : clôture de l’exercice, projets à venir… En accord avec l’UGVR il a été décidé de distribuer des dons bloqués avant la fête du Nouvel An – une tradition importante pour les Vietnamiens. La troisième expédition a ainsi pu être réalisée et ce fut une réussite. Quelle persévérance !

Son message du cœur envers la jeunesse

Lors de notre récente interview, on l’a trouvée dynamique, sensible et très humaniste. Elle a parlé avec fierté de sa grande famille qui, pendant la période de la colonisation, avait reçu une bonne instruction dans des écoles françaises. Il n’est pas étonnant de déceler en elle une certaine attirance pour le monde francophone.

"On regrette ce que l’on laisse derrière soi, et ce que l’on laisse derrière soi, c’est toujours la jeunesse" martèle Chi Mai. Elle y ajoute : "On ne peut vivre qu’une fois, pourquoi gaspiller sa vie ? Aimer, donner tout son possible. Les échecs peuvent nous faire pleurer, mais l'important, c’est de se relever et de continuer".  "Gardons confiance en nous, même si nous sommes différents les uns des autres !" conclut-elle.

Chi Mai, une femme résiliente, une femme "presque" francophone ? Ses contributions aux activités de volontariat ont démontré la bonne coopération sur le plan humanitaire entre les pays de l’espace francophone, en l’occurrence le Vietnam et la France. Les valeurs portées dans ses actions correspondent à une valeur universelle de la devise de la République française : la Fraternité !

Nguyễn Quang Huy - Nguyễn Thị Hoa/CVN
 
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