>> Le conflit au Moyen-Orient fait exploser les coûts d'exportation de l'huile de palme indonésienne
>> Indonésie : un plan ambitieux pour sortir des importations de carburant
![]() |
| Une zone de déboisement pour la plantation de palmiers à huile à Lamno, dans la province d'Aceh, le 18 janvier en Indonésie. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
"Aujourd'hui, le gouvernement de la République d'Indonésie, sous ma direction, publie une règlementation (...) concernant les exportations de matières premières issues des ressources naturelles", a-t-il déclaré devant le Parlement.
Les ventes de toutes les ressources naturelles, à commencer par l'huile de palme, le charbon et les alliages de fer devront à l'avenir transiter par des entreprises d'État désignées par le gouvernement, a annoncé le président indonésien.
"Cela signifie que le produit de chaque vente à l'exportation sera reversé par les entreprises d'État désignées par le gouvernement aux opérateurs économiques gérant ces activités", a déclaré M. Prabowo.
Après cette annonce, la Bourse de Jakarta était en retrait, l'indice composite IDX cédant 1,46% peu avant la mi-journée.
Cette réglementation "a le potentiel de modifier fondamentalement la structure du commerce national de l'huile de palme et d'ouvrir la voie aux monopoles commerciaux", a réagi l'Association des organisations de producteurs d'huile de palme d'Indonésie (POPSI).
Selon M. Prabowo, cette nouvelle réglementation permettra d'optimiser les recettes fiscales de l'État, alors que le président a présenté devant le Parlement des perspectives optimistes sur la santé économique de l'Indonésie.
"La promulgation de cette réglementation constitue une étape stratégique pour renforcer la gouvernance des exportations de nos matières premières", a-t-il encore déclaré.
Croissance à 8% en 2029
Son objectif principal est de "renforcer la supervision et le suivi et d'éradiquer les pratiques de sous-facturation (...) ainsi que la fuite des capitaux issus des recettes d'exportation", a-t-il expliqué.
Alors que l'archipel célèbre en ce 20 mai l'anniversaire du début du combat pour son indépendance, le président a assuré que la première économie d'Asie du Sud-Est est en bonne voie pour atteindre une croissance économique de 5,8 à 6,5% l'an prochain.
Il a rappelé que le pays vise une croissance de 8% en 2029, pour la fin de son mandat.
Il a également soutenu que le gouvernement n'aurait pas besoin de dépasser le ratio déficit budgétaire/PIB de 3,0%, fixé par la loi.
Le gouvernement, a-t-il également indiqué, va s'efforcer de maintenir le rendement des obligations à 10 ans dans une fourchette comprise entre 6,5 et 7,3%, et le taux de change de la roupie face au dollar américain entre 16.800 et 17.500 roupies pour un dollar, alors que la devise est tombée à un taux historiquement bas.
Mardi 19 mai, la roupie est tombée à un nouveau record à 17.700 roupies pour un dollar.
La tension au Moyen-Orient et en Ukraine, bien que lointaine, a un "impact et une influence très importants sur nos vies", a admis l'ancien général.
Cette réglementation sur les exportations, a-t-il estimé, constitue une tentative de mieux gérer "ce qui nous appartient".
"Nous devons croire que toutes les ressources naturelles de l'Indonésie appartiennent au peuple indonésien", a martelé le président.
"Par conséquent, l'État a le droit de savoir en détail lesquelles de nos ressources naturelles sont vendues hors d'Indonésie. Nous ne voulons plus être dupés. Nous voulons savoir exactement quelle part de nos richesses est vendue", a-t-il insisté.
Plus tard dans la journée, la Banque centrale d'Indonésie doit annoncer sa décision sur les taux d'intérêt. Les analystes tablent une hausse de 0,25 point de pourcentage du taux directeur.
L'inflation dans le pays reste "contenue", a indiqué HSBC Global Investment Research.
Mais beaucoup de consommateurs affirment toutefois commencer à s'inquiéter, même si le gouvernement a maintenu inchangé le prix du carburant subventionné.
AFP/VNA/CVN


