27/01/2019 22:33
Quatre mois après son premier sacre en Grand Chelem à New York, Naomi Osaka a confirmé en s'offrant l'Open d'Australie qu'elle a tout d'une N°1 mondiale, samedi 26 janvier à Melbourne. Elle qui naviguait autour de la 70e place mondiale il y a un an va devenir la reine du tennis féminin dès lundi 28 janvier.
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La Japonaise Naomi Osaka avec le trophée après sa victoire face à la Tchèque Petra Kvitova en finale de l'Open d'Australie, le 26 janvier à Melbourne.
Photo: AFP/VNA/CVN

En finale, Osaka est venue à bout de la Tchèque Petra Kvitova (N.6) après quasiment 2h30 min de jeu (7-6 (7/2), 5-7, 6-4). Et si le tennis féminin venait de se trouver une nouvelle patronne?

La jeune Japonaise, couronnée à l'US Open il y a quatre mois, à vingt ans seulement, n'est que la troisième joueuse depuis quinze ans, hors Serena Williams, à rafler deux tournois majeurs consécutifs, après les Belges Kim Clijsters (2010-2011) et Justine Henin (2003-2004). Elle met aussi fin à la valse des lauréates en Grand Chelem: les huit derniers avaient été remportés par des joueuses différentes.

La manière dont elle avait tenu le choc, imperturbable, à l'US Open début septembre dernier, tout au long d'une finale explosive face à Serena Williams, qui s'était emportée contre l'arbitre, laissait penser que la Japonaise avait les nerfs solides.

Loin d'un coup d'éclat sans lendemain, elle a prouvé à Melbourne sa capacité exceptionnelle à se sublimer dans les grandes occasions.

Son palmarès ne déborde pas de titres, au contraire. Mais parmi les trois trophées qu'elle possède, deux sont ceux de tournois du Grand Chelem, et le dernier est un des plus prestigieux du circuit hors tournois majeurs (Indian Wells).

"Une sorte de robot" 

Sur la Rod Laver Arena, c'est sans euphorie mais avec émotion, accroupie sur le court et les larmes au coin des yeux, qu'Osaka a accueilli son double couronnement.

Car elle a traversé des montagnes russes émotionnelles au cours de la finale. Victorieuse du premier set au jeu décisif, quelques jeux après avoir écarté une série de balles de break, la Japonaise se dirigeait vers une victoire en deux manches quand elle s'est procuré trois balles de match sur le service de Kvitova, à 5-3.

La gauchère tchèque (28 ans) a alors remporté neuf des dix points suivants, commençant par sauver son service puis recollant à 5 jeux partout alors qu'Osaka servait pour le gain du tournoi. Deux jeux plus tard, Kvitova égalisait à un set partout, sur une double faute de son adversaire, et Osaka s'échappait aux vestiaires, larmes coulant sur la joue et serviette sur la tête.

Revenue sur le court visage fermé - une expression qu'elle a gardé tout au long du troisième set - la joueuse nippone a trouvé les ressources pour dominer la manche décisive en s'appuyant sur sa formidable qualité de frappe.

Comment s'est-elle ressaisie? "J'ai essayé de débrancher littéralement toutes mes émotions. J'avais la sensation d'être une sorte de robot. J'exécutais mes ordres, je faisais juste ce que je me suis entraînée à faire toute ma vie", a décrit Osaka.

Kvitova "n'arrive pas à y croire" 

"Bien sûr, j'étais très déçue et triste quand j'ai eu ces trois balles de match. Puis je me suis dit que je ne pouvais pas agir de façon immature, que j'étais en finale de Grand Chelem", a expliqué celle qui est passée à deux jeux de l'élimination (7-5, 4-1) au troisième tour contre la Taïwanaise Su-Wei Hsieh (27e).

La gagnante de l'Open d'Australie, la Japonaise Naomi Osaka (gauche), et son adversaire en finale, la Tchèque Petra Kvitova, à Melbourne, le 26 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN

Quant à Kvitova, même si sa quinzaine australienne s'achève sur une défaite, son retour vers les sommets est admirable, un peu plus d'un an après avoir subi une agression au couteau, au cours d'un cambriolage à son domicile en République tchèque.

Blessée à la main gauche, la joueuse avait dû être opérée et avait été éloignée des courts pendant cinq mois.

"C'est fou! Je n'arrive pas à croire que je viens de rejouer une finale de Grand Chelem", a-t-elle lâché les yeux brillants et la voix tremblante, en rappelant qu'à un moment donné, elle "ne savait pas si (elle) allai(t) pouvoir tenir de nouveau une raquette".

"Ma main n'est pas à 100% et ne le sera jamais, a constaté Kvitova. J'essaie juste d'en tirer le maximum. Je n'aurais pas imaginé à l'époque redevenir ce genre de joueuse."

Lundi 28 janvier, elle grimpera à la deuxième place mondiale. Juste derrière la nouvelle reine du circuit.

AFP/VNA/CVN
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