03/07/2022 06:53
La "reine de la vitesse" Nguyên Thi Huyên a remporté un total de dix médailles d’or aux Jeux d’Asie du Sud-Est. Du jamais vu dans l’histoire de l’athlétisme du Vietnam.
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La coureuse Nguyên Thi Huyên (N°836), détentrice de deux médailles d’or aux SEA Games 31, en mai dernier au Vietnam.
Photo : VNA/CVN

Si le football est considéré comme le sport "roi", l’athlétisme est visiblement celui des "reines". Au classement final par nations des 31es Jeux d’Asie du Sud-Est (SEA Games 31), disputés en mai dernier dans la capitale Hanoï et 11 villes et provinces voisines, l’athlétisme vietnamien s’est classé en tête avec 22 médailles d’or, 15 d’argent et 8 de bronze. L’objectif fixé (la première place au classement des nations avec entre 15 à 17 médailles d’or) est largement dépassé !

À l’âge de 29 ans, Nguyên Thi Huyên, sacrée huit fois lors des SEA Games 28, 29 et 30 (organisés respectivement en 2015 à Singapour, en 2017 en Malaisie et en 2019 aux Philippines), a fait forte impression en remportant deux médailles d’or au 400 m et au relais 4 x 400 m dames, devenant la coureuse la plus titrée de l’histoire de ces jeux.
   
Derrière son succès, sa famille

"Je ressens beaucoup de bonheur car avec l’entraînement et les compétitions loin de chez moi, je passe très peu de temps avec ma fille. Cette fois, les SEA Games 31 étaient organisés au Vietnam, j’ai pu gagner devant ma fille, je lui dédie cette victoire", a confié Huyên. "Juste après la victoire, la première chose que j’ai faite a été de l’embrasser. Ce fut un plaisir indescriptible d’avoir ma fille dans les tribunes qui m’applaudit avec tant d’enthousiasme. Ces jeux resteront un souvenir inoubliable dans ma carrière", a-t-elle expliqué.

La famille de Nguyên Thi Huyên.
Photo : VNA/CVN

Huyên a une carrière qui force le respect et inspire tous les athlètes vietnamiens. Elle a la chance de recevoir un soutien sans faille de son mari et sa fille.

Après les SEA Games 29, elle a annoncé la fin des compétitions professionnelles en raison d’une grossesse. Mais l’athlétisme coule dans ses veines et elle n’a pas résister à reprendre le chemin de l’entraînement après avoir mis au monde sa fille.

Huyên a repris l’entraînement tranquillement, sans pression de son entourage en termes de résultats. Cependant, c’est une compétitrice et elle s’est elle-même fixé des objectifs à atteindre.

Huyên a toujours reçu le soutien de ses proches, en particulier de son mari avec qui elle surmonte les difficultés.

"Je fais aussi du sport, donc je comprends que pour obtenir de bons résultats, ma femme doit se concentrer à 100% sur l’entraînement. Je comprends aussi que retrouver le haut niveau après un accouchement est très difficile", a déclaré Pham Ngoc Quynh, son mari.

Huyên a surpris les fans en remportant deux médailles d’or aux SEA Games 30, avec seulement trois mois d’entraînement après son accouchement.

Depuis qu’elle a repris l’entraînement, elle doit souvent s’absenter de chez elle. Elle ne peut communiquer avec sa famille que par téléphone. Malgré la distance, son mari reste un soutien solide pour lui permettre de s’entraîner en toute sérénité.

"Pendant le début de cette année, Huyên a été constamment absente de chez nous pour se préparer aux SEA Games 31. Malgré cela, je me dois toujours de l’encourager", a ajouté Quynh.

Nguyên Thi Huyên porte sa fille après avoir remporté l’or au relais 4 x 400 m    aux SEA Games 31.
Photo : CTV/CVN

Lorsqu’on lui a demandé s’il voulait que sa femme arrête de concourir pour s’occuper de la famille, Quynh a répondu : "Je soutiens toujours ma femme à poursuivre sa passion. Notre fille reste le plus souvent avec moi, et elle a aussi des grands-mères paternelles et maternelles pour s’occuper d’elle".

Quynh a également complimenté sa femme : "Quand elle rentre à la maison, elle s’occupe très bien de la famille".

Avec le soutien de sa famille, Huyên est déterminée à faire du sport de haut niveau aussi longtemps qu’elle le pourra. Elle a déclaré : "En raison de ma carrière sportive, je n’ai pas beaucoup de temps pour m’occuper de ma famille et assurer pleinement mes rôles de mère et d’épouse. Mais ma famille m’est d’une grande aide pour que je me sente bien et que je puisse me concentrer sur l’entraînement et les compétions. Même en prenant de l’âge, je ne pense pas que je vais m’arrêter. Je concourrai aussi longtemps que je le pourrai".

Une enfance difficile

Née dans une famille pauvre de la commune Yên Minh, district de Y Yên, province de Nam Dinh (Nord), Huyên a eu une enfance difficile, perdant son père très tôt. Elle a rapidement appris que la vie était difficile et qu’elle devait donc travailler dur. Tôt le matin, alors que ses camarades dormaient encore profondément, elle se rendait dans les rizières pour attraper des crabes avant d’aller à l’école. À midi, elle y revenait pour chercher des escargots.

La vie de sa famille ne s’est améliorée que lorsqu’elle est devenue une athlète professionnelle à l’âge de 15 ans. Elle envoyait déjà son modeste salaire à sa mère. Après seulement un an, elle a remporté beaucoup de médailles et elle a offert les dotations de ces prix à sa mère et à sa sœur.

En 2015, Huyên a été la révélation des SEA Games 29, avec trois médailles d’or à Singapour, et un record de ces jeux. Pour la récompenser de ses performances, elle a reçu un livret d’épargne d’une valeur de 400 millions de dôngs.

Grâce aux efforts de Huyên, la vie de sa famille s’est améliorée. Comprenant que le sport de haut niveau pouvait être un ascenseur social pour sa famille, elle a poursuivi ses efforts pour remporter encore plus de succès dans les compétitions nationales et régionales.

Phuong Nga/CVN
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