08/02/2019 15:00
À Bangkok, il existe un musée spécial et inédit, celui des jouets folkloriques des pays d’Asie du Sud-Est, construit par Taweesub Namkhagonroj, un ressortissant vietnamien résidant en Thaïlande.
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Vinh et des petits visiteurs à son mussée.
Photo: NVCC/CVN

Issu de parents vietnamiens, Taweesub Namkhagonroj, de son prénom vietnamien Vinh, est surtout connu sous le surnom affectueux de l’"Oncle du Musée".

Né en Thaïlande, Vinh est actuellement propriétaire d’un des musées les plus singuliers de Bangkok, où une vaste collection de jouets traditionnels originaires, entre autres, du Vietnam et de Thaïlande, a été rassemblée et conservée sur plusieurs décennies.

Source d’inspiration pour les habitants

"L’initiative de créer un musée des jouets folkloriques est en partie issue de ma nostalgie pour le Vietnam", a confié le sexagénaire. Malgré une enfance passée en Thaïlande, Vinh garde toujours dans son cœur une place spéciale pour le pays d’origine de ses parents et de ses ancêtres. En ouvrant un tel musée, il souhaite offrir aux enfants vietnamiens de Thaïlande la possibilité de renouer avec leurs racines.

Il y a plus de cent ans, les immigrants vietnamiens en Thaïlande étaient principalement répartis dans les provinces du Nord-Est du royaume. Ils étaient systématiquement séparés des populations autochtones par les politiques discriminatoires des gouvernements de l’époque. Résultat: malgré le temps et la distance, la communauté vietnamienne de Thaïlande a su maintenir sa culture traditionnelle. Les pratiques, les us et coutumes mais aussi les jeux folkloriques sont ainsi transmis de génération en génération.

En effet, outre les jeux et jouets locaux, l’enfance de Vinh fut étroitement liée à la toupie, aux billes ou encore au jeu des cases et des cailloux, propres aux enfants vietnamiens. Autant de souvenirs que Vinh affectionne tout particulièrement.

"Chaque jeu possède sa propre histoire et les enfants ont la possibilité d’apprendre tout en jouant. Il n’y a pas meilleur moyen d’éduquer les enfants qu’à travers le jeu et le divertissement. Cela leur permet de comprendre leur culture et de garder un lien avec leurs origines", a-t-il ajouté.

En 2012, quand Vinh commençait la mise en place de son musée des jouets folkloriques des pays d’Asie du Sud-Est, l’ASEAN intensifiait au même moment ses préparatifs et sa propagande sur l’intégration régionale, en vue de la création d’une communauté collective.

Soutien du gouvernement thaïlandais

Jouets folkloriques exposés dans le musée.
Photo: NVCC/CVN

De son côté, le gouvernement thaïlandais lui avait proposé de nombreuses politiques de promotion et d’intégration similaires, favorisant ainsi son projet de construction d’un musée des jouets folkloriques des pays de la région.

En effet, sa villa de près de 500m², s’est ainsi transformée en maison d’exposition regroupant près de 130 types de jouets folkloriques différents issus des 10 pays de l’ASEAN avec plusieurs centaines de spécimens exposés. "Le coût de la construction de ce petit musée ne s’est élevé qu’à un million de bahts (plus de 30.000 de dollars)", a partagé Vinh. Selon lui, le plus difficile était essentiellement de collecter ces jouets.

Vinh déplore les effets de la vie moderne et du développement rapide de la technologie qui, d’après lui, font peu à peu disparaître ces jouets traditionnels. Par conséquent, son musée est parfois considéré comme une exposition d’antiquités.

"Tonton Vinh" ne s’est pourtant jamais découragé et a continué à se rendre dans les différents pays d’Asie du Sud-Est afin de compléter sa collection de jouets. Parmi eux figurent notamment un précieux véhicule à trois roues en bois, des cerfs-volants en papier ou encore un jeu ancien de course de chevaux...

Dans son musée, les jouets folkloriques vietnamiens ont une place d’honneur, au cœur de la salle principale d’exposition. Ils y sont les plus nombreux. Naturellement, les jouets d’autres pays y sont exposés, dont ceux de Thaïlande, d’Indonésie, de Malaisie, du Brunei et des Philippines, notamment.

Il n’est pas surprenant que ce musée soit rapidement devenu le lieu de prédilection des petits Bangkokois. De nombreuses écoles de la capitale thaïlandaise ont choisi cet établissement pour l’organisation de sorties et d’activités parascolaires. En particulier, le programme de visite de l’exposition fait partie du cours d’éducation civique. Il est à noter que le ministère de la Culture de la Thaïlande a également décidé d’octroyer des fonds à Vinh pour le développement et la promotion du musée au sein de la communauté.

Dans son musée, les enfants ne jouent pas seulement avec les jouets, ils apprennent également à en fabriquer certains. Parfois, Vinh invite même des artistes originaires de ces pays pour raconter des anecdotes intéressantes sur l’origine de ces jeux folkloriques. Il s’agit d’un processus pédagogique complet permettant aux enfants de jouer et de se divertir, mais aussi de réfléchir et de comprendre de manière poussée leur propre histoire à travers celles d’un objet aussi anodin qu’un jouet.

"La communauté de l’ASEAN possède une réserve riche de jouets folkloriques et certains d’entre eux présentent des similitudes. Par exemple, beaucoup de pays possèdent le jeu des cases, mais ses règles diffèrent d’un pays à l’autre", a estimé Vinh.

"Ce musée n’était pas seulement une idée créative isolée, mais également le reflet de la pensée du défunt roi Bhumibol Aduljadej. De son vivant, le roi a en effet toujours encouragé les jeunes enfants à se familiariser avec les jeux traditionnels thaïlandais et asiatiques car, selon lui, c’était le meilleur moyen d’éduquer les jeunes", a déclaré Waraphan Chaichanasiri - responsable du ministère thaïlandais de la Culture.

Dans l’avenir, Vinh souhaite recevoir davantage de coopérations et de soutiens de la part d’individus, d’artisans et d’organisations des pays d’Asie du Sud-Est afin d’enrichir ses collections, pour continuer de voir l’émerveillement dans les yeux des enfants.
 
Nguyên Tùng/CVN
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