11/10/2019 18:01
Pendant la colonisation de la France au Vietnam, la société, l’économie, l’art et la littérature de notre pays ont subi beaucoup de changements. Mais ce sont les impacts sur le domaine littéraire qui sont les plus notables.
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Le Collège des interprètes en 1920. Photo : Internet

La littérature vietnamienne, en particulier au début du XIXe siècle, possède des textes, des poèmes très connus au niveau national et international venant des grands-hommes comme Nguyên Du ou des poétesses célèbres comme Hô Xuân Huong, Bà Huyên Thanh Quan… Sous cette ère, la littérature traditionnelle prospère dans les deux genres : la prose et la poésie. Mais quand la colonisation française arrive au Vietnam, notre littérature a été fortement influencée par la leur au travers d’œuvres traduites en caractères chinois d’auteurs tels que Montesquieu, Diderot et J.J Rousseau, notamment. Par la suite, Alexandre de Rhodes a mis au point la première transcription phonétique et romanisée de la langue vietnamienne, le Quốc ngữ, donc l’accès à la culture française est devenu plus favorable et facile. La construction des écoles françaises comme le Collège des interprètes en 1864 à Saïgon et en 1905 à Hanoï ou encore le Lycée du Protectorat en 1908 à Hanoï, a également entraîné une augmentation du nombre de locuteurs français au Vietnam. L’influence du style littéraire français devenait de plus en plus évidente. 

La littérature est devenue plus moderne avec notamment le détachement progressif du style littéraire chinois ainsi que la naissance du journalisme moderne et de la prose.

Il y a certains écrivains, poètes et auteurs-traducteurs qui ont cependant appréhendé les pensées et le style d'écriture français, vis-à-vis notamment de l’accueil des œuvres françaises aux lecteurs vietnamiens. On peut noter quelques exemples : le traducteur Nguyên Van Vinh a traduit en vietnamien Les fables de La Fontaine, les contes de Charles Perrault, Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, Les Misérables de Victor Hugo…. Sous l'influence de la littérature française, il y avait deux parties : la partie publique et la partie non publique. L'une était légale, l’autre était illégale sous le règne du gouvernement colonial-féodal. Les œuvres appartenant à la sphère publique avaient deux tendances notables : le romantisme et le réalisme. 
            
L’écrivain Thach Lam. Photo : Internet

Le style romantique représente le lyrisme de l’égo de l’homme rempli d’émotions, de passions et de rêves. Son thème est souvent l’amour, la nature et la religion. Des écrivains tels que Thach Lam, Khái Hung se sont inspirés du romantisme dans la littérature française pour écrire leurs romans, en particulier le style de Lamartine.

Du côté de la poésie, l'exemple le plus frappant est le poète Xuân Diệu, surnommé "Le roi de la poésie vietnamienne". La tendance littéraire du réalisme reflète la vie réelle avec les problèmes de la société en ce temps-là à travers les modèles des paysans et du quotidien des Vietnamiens. Un des auteurs remarquables de cette tendance est Nam Cao avec ses œuvres qui illustrent sincèrement et amèrement la souffrance des paysans vietnamiens dans les années 1930 et 1940.

Le poète Tô Huu. Photo : Internet

À propos de la partie non publique, il s’agit d’œuvres qui soutiennent la révolution vietnamienne. Ces œuvres ont des thèmes anticoloniaux, elles représentent l’espoir de l’indépendance et le patriotisme du citoyen vietnamien à travers l’image des soldats de l’Oncle Hoo. C’est pourquoi elles ont circulé clandestinement dans le pays. La révolution vietnamienne a influencé profondément le style littéraire de quelques écrivains, un vrai exemple de ce phénomène n’était autre que Tô Huu, "le poète de la révolution", "le poète du peuple".
                                 
Après la Révolution d'Août, la littérature vietnamienne s’est également vue influencer par des cultures venant d'autres pays, mais le style littéraire français reste celui qui a eu le plus grand impact sur les œuvres vietnamiens.
Après la réunification du Vietnam, la France ainsi que d’autres pays dans le monde, ont parrainé chaque année les frais d’impression d’ouvrages culturels et littéraires de leur pays au service des lecteurs vietnamiens. Mais le parrainage de la France est constant et systématique, à travers notamment le soutien du Service Culturel et de Coopération de l’Ambassade de France en République Socialiste de Vietnam. Ainsi, chaque année nos maisons d’éditions traduisent et impriment de nombreux livres célèbres ayant reçu le prix Goncourt (L’amant-1984 de Marguerite Duras, Les noces barbares-1985 de Yann Queffélec, Valet de nuit-1986 de Michel Host).

Il y a aussi des bandes dessinées françaises mondialement connues au cours de la dernière décennie qui ont été traduites pour les lecteurs vietnamiens. La plus notable étant Astérix le Gaulois par le scénariste français René Goscinny et le dessinateur français Albert Uderzo.

Thuy Phong/CVN

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