26/10/2019 09:40
L’amour pour son pays d’origine est la raison qui a incité le gardien de but tchèque Filip Nguyên, 27 ans, à faire les démarches pour obtenir la nationalité vietnamienne et porter un jour les couleurs de l’équipe nationale.
>>Le pays déroule le tapis rouge pour les footballeurs d’outre-mer
>>Un Vietnamien de République tchèque sacré meilleur gardien de but

Le gardien de but tchèque d’origine vietnamienne Filip Nguyên.
Photo : CTV/CVN

Filip Nguyên, meilleur gardien de but du Championnat national de la République tchèque de la saison 2018-2019, a demandé une naturalisation pour avoir la double nationalité vietnamienne. "J’ai envoyé tous les papiers, j’attends la réponse", a-t-il partagé.

Né en 1992, Filip Nguyên a suivi une formation au célèbre Centre d’entraînement du club tchèque Sparta Praha avec Mac Hông Quân, également footballeur d’origine vietnamienne. Ce dernier joue actuellement au Championnat national de football du Vietnam (V.League 1).

Du talent à revendre

C’est sous les couleurs du Solvan Liberec FC au Championnat national de la République tchèque qu’il a révélé son talent. En effet,  à la saison 2018-2019, il y a disputé 29 matchs, ne concédant que 22 buts. Il a aussi rayonné grâce à son taux de réussite dans le Top 3 (taux de réussite de 79,1% face aux tirs adverses, Ndlr). De plus, il a su garder le filet intouché pour près de la moitié des matchs joués (14 matchs) et a contribué de manière considérable à hisser son club à la 5e place en fin de saison.

Filip Nguyên souhaite obtenir un jour la nationalité vietnamienne.
Photo : ST/CVN
"En restant au Solvan Liberec FC, j’aurai l’opportunité de progresser dans ma carrière ou d’évoluer dans des clubs encore plus grands en Europe. Cependant, je désire jouer pour la sélection nationale du Vietnam.  La raison ? Au-delà de la Coupe du monde 2022, j’ai un attachement familial et sentimental à ce pays. Le sang vietnamien de mon père coule dans mes veines", a confié Filip Nguyên.

En effet, ce dernier arbore souvent un maillot floqué de son nom de famille "Nguyên". Pour le jeune homme, c’est sa façon d’exprimer son affection envers son pays d’origine.

En observant le footballeur professionnel tchéco-vietnamien évoluer en Ligue 1, les experts de la cellule de détection des jeunes talents du pays ont souhaité qu’il bénéficie d’une procédure accélérée de naturalisation vietnamienne. L’expertise et le talent de Filip Nguyên apporteront certainement de nombreux avantages au football national.

Il reste toutefois de nombreux facteurs à prendre en compte. Notamment la prolongation de deux ans de son contrat avec le club Slovan Liberec. Bien que le contenu de ce contrat ne soit pas encore rendu public, selon certaines sources d’information, son salaire augmentera de manière conséquente et son transfert pourrait s’envoler à plusieurs millions de dollars américains.

De plus, en raison de son programme annuel de compétition, très fourni, il lui sera difficile de pouvoir jouer sous les couleurs du Vietnam lors des tournois internationaux.

Naturalisation : tendance en Asie du Sud-Est

La naturalisation n’est pourtant pas un phénomène nouveau en Asie du Sud-Est, la pratique remontant déjà à plusieurs années. Singapour et les Philippines sont deux pionniers en la matière. La Malaisie et l’Indonésie particulièrement n’hésitent pas à casser leur tirelire pour s’attirer les faveurs de joueurs étrangers venus d’Europe et d’Afrique du Nord. Leur sélection nationale compte souvent trois à quatre footballeurs naturalisés. La Thaïlande, adversaire de taille du Vietnam, possède, quant à elle, trois stars européennes, à savoir Marco Ballini, Manuel Tom Bihr et Philip Roller.

En 2008, le Championnat national de première division V.League comptait pour la première fois des joueurs naturalisés. C’est le cas notamment du gardien de but brésilien Fabio Dos Santos du club Long An (Sud) qui avait obtenu la nationalité vietnamienne à cette période et avait changé son nom en Phan Van Santos.

Ne convoquant ces joueurs étrangers naturalisés au sein de la sélection nationale afin d’éviter de diluer l’identité du Onze national, la Fédération vietnamienne de football (VFF)  a décidé toutefois de dérouler le tapis rouge pour les Vietnamiens d’outre-mer talentueux et désireux d’évoluer sous les couleurs du drapeau national. Le succès du football vietnamien de 2018 a également constitué un coup d’accélérateur pour le retour au pays de ces Viêt kiêu en mal du pays.
 
Phuong Nga/CVN
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
“Mémoires de Hôi An”, retour sur les origines

À Hanoï, au village de l’encens parfumé De passage dans la commune de Quang Phú Câu, en périphérie de Hanoï, on sera saisi par l’ambiance qui anime les fabricants d’encens. Ces bâtonnets sont brûlés par millions lors des fêtes traditionnelles, surtout à l’occasion du Nouvel An.