07/10/2021 15:49
Hanoï met en œuvre la distanciation sociale, la situation épidémique est de plus en plus tendue et compliquée. À plus de 300 mètres de chez moi, la zone de Tho Am - Liên Ninh est un "point chaud" de l’épidémie de COVID-19 à Thanh Tri où 30 cas F0 ont été confirmés en quelques jours seulement. Ce matin, j’ai été réveillée par les sirènes des ambulances transportant les patients F0 à l’hôpital.

Ma mère travaille à l’hôpital la nuit. 
Hanoï, le 1er août 2021

Hanoï met en œuvre la distanciation sociale, la situation épidémique est de plus en plus tendue et compliquée. À plus de 300 mètres de chez moi, la zone de Tho Am - Liên Ninh est un "point chaud" de l’épidémie de COVID-19 à Thanh Tri où 30 cas F0 ont été confirmés en quelques jours seulement. Ce matin, j’ai été réveillée par les sirènes des ambulances transportant les patients F0 à l’hôpital. 

Étant gendarme local, mon père est allé au travail à 6h00 du matin, et ma mère, médecin à l’hôpital Ung Buou, n’est pas rentrée à la maison depuis une semaine parce qu’un patient a été testé positif au COVID-19.  Mes deux sœurs et moi préparions le petit-déjeuner lorsque ma mère nous a téléphoné par vidéo à travers un masque hermétique. Elle nous a donné de ses nouvelles et nous a conseillé d’être vigilantes face à la situation actuelle. Le nombre de nouveaux patients atteints du COVID-19 ne cesse d’augmenter et la distanciation sociale est renforcée. Je me suis donc demandée : "Quand pourrai-je revoir ma mère ?". Elle me manque tellement !!!

Ma mère travaille à l’hôpital la nuit.
Mais je connais bien son travail. Les tâches quotidiennes de ma mère sont d’examiner le patient pour déterminer la nature de la maladie, enregistrer les informations médicales et discuter l’état de santé avec la famille du patient. Pour sa pause, elle n’a le temps bien souvent que de prendre rapidement un déjeuner et de faire une micro-sieste. Viennent ensuite des prescriptions ou l’administrations des traitements. Avec la recrudescence des patients, sa journée est très chargée, débutant à 6h30 du matin et se terminant à plus de 18h00. Malgré cet emploi du temps très lourd, elle essaye toujours de travailler avec la plus grande prudence car l’éthique professionnelle et les responsabilités du métier de médecin sont très importantes : toutes les décisions du médecin ont un impact direct sur la vie du patient. De plus, ma mère est souvent sous pression et doit répondre continuellement aux sollicitations des patients. Beaucoup de leurs questions sont légitimes mais parfois il y a des plaintes ou des messages faux répandus sur les réseaux sociaux. Parfois, cela va même plus loin. En 2018, par exemple, un incident s’est produit au département de chirurgie de l’hôpital Thach Thât de Hanoï. Alors que médecin discutait avec la famille du patient de la plaie et des méthodes de traitement, il fut frappé par des membres de la famille, au point de souffrir d’une lésion cérébrale traumatique. Quelquefois, ma mère m’a dit que ces choses ont un effet négatif sur la psychologie des médecins. Cependant, même si elle est fatiguée, elle doit toujours garder l’esprit clair et calme pour éviter les accidents professionnels.

Ma mère et mon frère.
Pendant l’épidémie de COVID-19, le travail de ma mère est devenu plus dangereux, à cause de la proximité qu’elle entretient avec les patients. Il y a plus d’une semaine, à l’hôpital où ma mère travaille, un patient est venu consulter un médecin. Il s’est avéré que cette personne avait été testée positive, étant liée à un cas F0 soigné à l’hôpital pulmonaire de Hanoï. Lorsque ma mère a reçu cette information, elle nous a rapidement téléphoné pour nous dire de prendre bien soin les uns des autres. Pour ma mère, le risque d’être infecté par la COVID-19 n’est pas une surprise car le contact direct pour soigner les patients est le travail quotidien d’un médecin. Pendant la période d’isolement à l’hôpital, ma mère et de nombreux autres collègues travaillaient  24 heures sur 24, en faisant de leur mieux pour prendre soin des patients et en suivant strictement les règlements du processus d’isolement pour éviter les infections croisées à l’hôpital. Je sais que ma mère est très inquiète pour nous parce que le district de Thanh Tri a été confiné tandis qu’elle ne pouvait pas rentrer à la maison. Nous aussi, nous sommes inquiets pour elle, mais pas autant qu’une mère pour ses enfants ! Pour nous rassurer les uns, les autres, nous échangeons rapidement des messages, des appels vidéos courts mais chaleureux : "Avez-vous déjà mangé ?"

Ma mère s’occupe des fleurs dans le jardin quand elle reste à la maison.
Bien qu’elle aimerait mieux être à nos côtés dans cette période difficile, elle doit garder son énergie pour accomplir les tâches assignées par ses supérieurs. Ma mère n’est pas seulement un bon médecin à l’hôpital, elle est aussi une femme et une mère dévouée. Quand j’étais enfant, ma mère m’a appris à dire chaque phrase, chaque mot, et c’est aussi elle qui a pris ma main de bambin pour m’encourager à faire des premiers pas dans la vie. Ma mère m’a appris à être calme et à me comporter selon des normes éthiques. Je veux exprimer ma reconnaissance envers ma mère pour m’avoir appris à  devenir une bonne personne active et indépendante dans la vie. Elle est toujours dévouée à sa famille et c’est une amie intime à qui je peux partager mes sentiments et de qui je peux recevoir de précieux conseils.

Quand j’étais petite, je me demandais : "Comment ma mère a pu équilibrer vie professionnelle et vie privée ?". Maintenant j’ai compris. C’est grâce au grand amour qu’elle porte à sa famille et sa passion, son dévouement et sa responsabilité pour la profession médicale. Je suis plus que jamais fière d’elle, qui sacrifie son bonheur personnel pour prendre soins de patients ayant un grand besoin d’aide.

Trần Thu Phương/CVN
 
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