22/10/2020 11:54
Le succès remarquable d’avoir réussi à maintenir le nombre d'infections du coronavirus à un bas niveau et de décès à zéro permet au Vietnam de rouvrir progressivement son économie. La vie revient lentement à une sorte de normalité qui manquait depuis des mois. Pourquoi la trajectoire du COVID-19 du Vietnam est-elle nettement différente de celle des autres pays de la région ?
>>Quang Tri applique des mesures de distanciation sociale
>>Pas de suspension des activités commerciales à Hô Chi Minh-Ville


Le Vietnam est un exemple dans le monde de bonne gestion de la pandémie du COVID-19. Alors que d'autres pays de la région de l'ASEAN et au-delà ont vu leur nombre de cas augmenter, le Vietnam a pu assouplir ses restrictions de confinement dès le 23 avril. À ce jour, le pays n'a signalé que 325 cas et n’enregistre aucun décès lié au COVID-19.

Dans le combat contre le COVID-19, le Vietnam a impressionné le bon nombre d’étrangers qui ont été soit patients dans les centres de santé, soit placés en quarantaine. Les mesures préventives efficaces et les dons aux pays touchés ont ainsi fait couler beaucoup d’encre dans les médias étrangers. De plus, le pays partage une longue frontière avec la Chine et a organisé le rapatriement d'un grand nombre de citoyens vietnamiens installés dans les pays les plus touchés par la pandémie COVID-19.

Comment le Vietnam a-t-il réussi à défier toute attente ? La réponse est simple : une communication claire et une coopération active entre le gouvernement et les citoyens.

Pas de miracle mais une position résolue

Le premier facteur ayant contribué aux résultats impressionnants du Vietnam dans la lutte contre du COVID-19 est que le pays a adopté plusieurs mesures, imposé des restrictions de voyage, augmenté les contrôles de santé aux frontières et dans les zones sensibles…

Le 27 janvier, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a clairement indiqué que le gouvernement acceptait les pertes économiques pour protéger la vie et la santé de la population. L’expérience du pays face au SRAS en 2003 et la connaissance des limites de ses ressources en matière d’établissements de santé ont encouragé le pays à prendre dès le début des mesures de distanciation sociale et de restrictions des déplacements de grande ampleur. Le dirigeant a appelé la population à respecter les gestes barrières ainsi que les consignes sanitaires pour se protéger et protéger leur entourage contre cette maladie. Il a mobilisé autant de traceurs de contacts que possible pour contenir la propagation du virus.

La deuxième pièce du puzzle est une communication claire et une interaction rapide entre l'État et ses citoyens. Le Vietnam ne s'est pas appuyé sur une application sophistiquée de recherche des contacts, comme l'ont tenté de nombreux autres pays, mais a en fait appliqué une approche de communication plutôt peu coûteuse. Les campagnes de sensibilisation par haut-parleurs, presse, médias sociaux et autres moyens tels que les vidéoclips ont beaucoup résonné auprès du public vietnamien.

Les citoyens ont été soutenus et mis à jour avec des informations sur les derniers développements et des avis médicaux via des sites Web, des lignes directes, des SMS et autres applications mobiles. Par exemple, la campagne de lavage des mains #GhenCovy lancée par le ministère de la Santé est devenue virale lorsque les influenceurs des médias sociaux ont ajouté leurs propres mouvements de danse à l'air accrocheur de la vidéo de la campagne.

Solidarité et leçons tirées de cette crise

La longue et coûteuse guerre du Vietnam, qui a pris fin il y a 45 ans, a permis au peuple vietnamien de mieux savoir comment la solidarité peut renforcer la force d’une nation pour surmonter d’énormes défis, le COVID-19 ne faisant pas exception. En effet, les Vietnamiens semblent actuellement plus unis que jamais dans ce combat contre un "ennemi invisible", comme dit le gouvernement.

Le peuple fait généralement preuve d'un haut niveau de confiance et de volonté quant aux directives à suivre dans cette crise exceptionnelle. Surtout lorsqu'il s'agit de sauver la vie de la population et assurer la sécurité publique, la nécessité de sacrifier ses propres intérêts pour atteindre des objectifs communs semble acceptée par la majorité. Des slogans tels que "La lutte anti-épidémique, c'est comme combattre l'ennemi" ou "Rester à la maison c'est être patriote" se sont largement répandus dans les médias et ont déclenché une réponse active dans la lutte contre le virus.

Enfin et surtout, le port de masques faciaux en public a été largement accepté avant même la pandémie. Les grandes villes du Vietnam sont malheureusement bien connues pour la mauvaise qualité de leur air due aux émissions, à la combustion des déchets et au smog. Les gens sont donc habitués à porter des masques et autres équipements pour se protéger des maladies respiratoires et des expositions malsaines. Dans le contexte du COVID-19, cette bonne habitude - qui est née à l'origine d'une malheureuse nécessité - semble avoir été utile pour prévenir les transmissions de personne à personne.
 
Ouvrir la voie à la reprise économique
et à une "nouvelle normalité"


Pour le gouvernement, les entreprises et les citoyens, il est maintenant temps de relancer l'économie. La circulation dans les rues animées de Hanoi et Ho Chi Minh Ville est de retour et le tourisme intérieur reprend avec la réouverture des hôtels. La plupart des localités sont à nouveau autorisées à organiser des événements avec de plus grands groupes de personnes, y compris des événements sportifs, des festivals et des rassemblements dans les lieux publics. 


La plupart des services non essentiels ont également repris leurs activités suite à une annonce du Premier ministre le 7 mai, à l'exception des karaokés et boîtes de nuit, une nouvelle qui a été un soulagement surtout pour les petits commerces. Les restrictions de circulation ont également été levées et les mesures de distanciation sociale ont été supprimées dans tous les modes de transport. Les écoles ont rouvert début mai et ont expérimenté dans un premier temps diverses mesures de protection et de distanciation. À l'heure actuelle, les opérations ont repris leur cours normal.
 
Cela dit, le Vietnam est toujours en alerte face à l'épidémie et ne comprend que trop bien que la pandémie de COVID-19 n'est pas encore terminée. Il est toujours conseillé aux personnes de porter des masques faciaux et d'utiliser du gel désinfectant pour les mains. Afin de suivre les instructions du gouvernement en matière d’hygiène et de distanciation, certains commerçants devront améliorer leur façon de faire des affaires ou présenter à leurs clients de nouvelles règles et formats.

Pour les petits restaurants de rue, il est plus difficile de mettre en œuvre les nouvelles directives. C'est une question urgente qui doit être résolue. Dans l'ensemble, cependant, le peuple et le gouvernement vietnamiens, qui ont réagi rapidement et sans délai avec un plan de sauvetage et de nouvelles politiques de soutien, restent optimistes quant à une reprise économique post COVID-19 lente mais stable.
 
Phan Thị Thu Trang/CVN
 
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