19/01/2022 10:10
Des médecins du Tigré, région éthiopienne en guerre, sont contraints de recycler des gants chirurgicaux et d'utiliser du sel pour désinfecter les blessures, face à la pénurie de matériel médical, alerte mardi18 janvier le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
>>Ethiopie : des dizaines de civils tués dans des frappes aériennes au Tigré
>>Éthiopie : formation de la 1re commission de dialogue national et de réconciliation
>>L'ONU va évacuer les familles de ses employés internationaux en Éthiopie

Des ambulances du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au principal hôpital de Mekele, capitale de la région du Tigré, en Ethiopie.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Nord de l'Ethiopie est en proie depuis 14 mois à des combats entre rebelles et forces progouvernementales, qui ont fait des milliers de morts et des millions de déplacés. Le Tigré, contrôlé par les rebelles, est aujourd'hui soumis à un "blocus de facto" qui a plongé la région dans une grave crise humanitaire, selon l'ONU.

"Au Tigré, les équipements à usage unique comme les gants, le matériel chirurgical ou encore les drains thoraciques sont lavés et réutilisés, augmentant le risque d'infection", déclare dans un communiqué Apollo Barasa, coordinateur santé du CICR pour l'Ethiopie.

"Dans certains endroits, les médecins ont remplacé le désinfectant par du sel pour nettoyer les blessures. Les patients reçoivent des médicaments périmés, les unités de production d'oxygène ne fonctionnent plus et certaines structures de santé ne peuvent plus fournir de vaccins de routine", ajoute-t-il.

Dans la région voisine de l'Amhara, des hôpitaux ont dû fermer leurs portes, souligne le CICR, ajoutant que ces structures ne parvenaient pas à garder en vie des patients atteints de maladies chroniques, faute de médicaments, d'eau ou d'électricité. Le CICR se dit "profondément inquiet" de ces pénuries de matériel médical, ajoutant que les médecins ont à prendre des décisions terribles.

La semaine dernière, le patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, lui-même originaire du Tigré, a qualifié d'"enfer" la situation dans cette région et affirmé que le gouvernement fédéral éthiopien empêchait les livraisons de médicaments d'atteindre la population.

En réaction, Addis Abeba a demandé l'ouverture d'une enquête pour "forfaiture" à son encontre, l'accusant de soutenir les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti qui a dirigé l'Ethiopie durant près de 30 ans, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de l'actuel Premier ministre Abiy Ahmed.

Prix Nobel de la paix 2019, M. Abiy a envoyé en novembre 2020 l'armée fédérale au Tigré pour en destituer les autorités régionales, issues du TPLF, qui contestaient son autorité depuis plusieurs mois et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

Il avait promis une victoire-éclair mais, plus d'un an plus tard, la guerre s'est poursuivie et étendue, marquée notamment par des exactions, des morts et le spectre de la famine. La semaine dernière, l'ONU a déclaré qu'au moins 108 civils avaient été tués dans des frappes aériennes au Tigré depuis janvier.

AFP/VNA/CVN

 

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
"Roi des sandales en caoutchouc" : de la légende à la marque

Hanoï lance 28 circuits touristiques au service des participants aux SEA Games 31 Des agences de voyages de Hanoï : Hanoitourist, Vietfoot Travel 5 tour, LUX Travel, VI Travel, Vietravel ont lancé 28 circuits touristiques pour les délégations sportives et les invités participant aux 31es Jeux d'Asie du Sud-Est (SEA Games 31).