Investissements privés et indépendance des médias

Les difficultés économiques des médias empêchent les rédactions d’être indépendantes, ont constaté les participants à la table ronde, le 22 novembre, dans le cadre des 45es Assises de la presse francophone tenues à Antsirabe, Madagascar.

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Le thème «Investissements privés et indépendance des médias» de la table ronde a alimenté les discussions. Chaque journaliste a partagé son expérience vécue dans son pays.

Bien que les conjonctures socio-économiques soient différentes, les participants ont été unanimes sur le fait qu’il est difficile pour les médias d’être autonomes et indépendants s’ils reçoivent des investissements privés. «Il n’est pas facile pour les médias des pays en voie de développement d’avoir une autonomie», a remarqué Solange Lusiku Nsimire, une journaliste congolaise. Car lorsqu’un annonceur verse de l’argent, il veut aussi avoir un droit de regard sur la ligne éditoriale.

La table ronde «Investissements privés et indépendance des médias» s’est tenue le 22 novembre à Antsirabe (Madagascar) dans le cadre des 45es Assises de la presse francophone.

«Dans mon pays, Madagascar, les patrons de presse sont en général des politiciens. Et ils créent leur journal, leur télévision, leur radio quelques mois ou quelques années avant les élections. Et ça devient un support politique», a informé Nathalie Rabe, ancienne ministre malgache de la Communication, directrice adjointe de l’Agence de communication de Madagascar. Et d’ajouter qu’après les élections, notamment lorsque les politiciens ont perdu, ils ferment leur journal, leur télévision, leur radio, et les journalistes sont livrés à eux-mêmes.

Côté annonceurs, les budgets communication et marketing sont les premiers que les entreprises baissent en temps de crise. D’après cette ancienne ministre, à Madagascar, le tunnel publicitaire est saturé. Les annonceurs sont conscients de cette saturation publicitaire. Donc, selon elle, il faut réduire le nombre de spots et augmenter le coût de la publicité pour que «tout le monde gagne».

Avec un budget restreint, les annonceurs choisissent le support sur lequel leurs produits sont mieux mis en valeur. D’où des difficultés pour les médias, notamment les journaux à faible lectorat. Nathalie Rabe a suggéré l’introduction dans les programmes des écoles de journalisme de cours de gestion d’entreprise pour que les journalistes, amenés à devenir pour certains des patrons, aient suffisamment de connaissances en la matière. Bref, à son avis, chaque média doit chercher le modèle économique qui lui convient.

Texte et photo : Y Vi/CVN
D’Antsirabe

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