07/06/2019 08:28
La récente création de l’Institut de recherche en intelligence artificielle, VinAI Research, est une étape dans la bonne direction pour le Vietnam. Entrevue avec son directeur Bùi Hai Hung, qui a quitté la société Google DeepMind pour rentrer travailler au pays.
>>VietSearch, un portail d’information utile pour les Viêt kiêu
>>Le séquençage et l’intelligence artificielle pour mieux dépister les maladies
>>Ville intelligente: la mégapole du Sud à pied d’œuvre

Pour quelle raison avez-vous décidé de quitter votre travail chez Google DeepMind, une société spécialisée en intelligence artificielle (IA), pour revenir travailler à plein temps et vous consacrer à VinAI Research?
 
Je vois depuis longtemps des Vietnamiens d’outre-mer qui réussissent dans le domaine de l’IA. Mais, le Vietnam y reste encore en arrière-plan au niveau mondial. C’est pourquoi je veux fonder un centre de recherche en IA au pays pour que des recherches "made in Vietnam" de portée mondiale y soient réalisées.
 
Le chemin est encore long pour que le pays puisse créer une empreinte en termes d’IA. Pourriez-vous nous préciser les activités initiales de VinAI Research?
 
VinAI Research rassemblera les forces humaines et financières nécessaires afin de recruter une équipe expérimentée capable d’effectuer des recherches de haut niveau. Je voudrais créer un environnement de travail conforme au standard international qui puisse attirer des experts étrangers. Nous étudierons les problèmes fondamentaux de l’IA ainsi que ses applications dans le traitement d’images et de vidéos, la reconnaissance linguistique et vocale, et les interactions des utilisateurs. Nous donnerons la priorité aux sujets et questions les plus brûlants au Vietnam et dans le monde.

Dans les milieux scientifiques de l’IA, il y a chaque année des conférences internationales où sont rendus publics les résultats de recherches et d’inventions technologiques de premier rang. Une fois que notre institut aura des ouvrages publiés lors de ces rendez-vous, le Vietnam pourra enfin être mis à l’honneur et commencera à se faire connaître. En outre, VinAI Research se concentrera sur la formation de jeunes talents.
 
Les pays puissants en sciences et technologies investissent fortement dans l’IA et cherchent à "s’accaparer" les talents. Ainsi, sera-t-il difficile pour le Vietnam d’attirer des experts de l’étranger dans ce domaine?
 
Nous avons les bases pour pouvoir recruter une équipe d’environ 30 personnes expérimentées, Vietnamiens et étrangers compris. Paral-lèlement au rassemblement de ce "noyau", nous lancerons également le programme "Stagiaires de qualité" selon lequel chaque année, seront embauchés quelques dizaines de meilleurs diplômés ou meilleurs étudiants vietnamiens en 4e  ou 5année pour travailler à l’Institut pendant environ deux ans. L’objectif est d’avoir, pendant ses deux premières années de fonctionnement, de 50 à 80 étudiants ou diplômés stagiaires en son sein. Ces derniers travailleront sous la tutelle et l’expertise de 30 mentors chevronnés. De plus, avec les connaissances et compétences accumulées à l’Institut, ces stagiaires seront parfaitement capables de saisir les opportunités pour faire un doctorat dans des établissements de recherche prestigieux du monde. Ils deviendront ultérieurement les "moteurs" du pays dans ce domaine.

J’espère que celles et ceux que je choisirai deviendront la nouvelle génération de talents du Vietnam de demain. Ces experts en devenir seront capables de réaliser des recherches de niveau mondial.
 
Le Vietnam devrait tirer pleinement parti de l’IA pour son développement socio-économique.
Photo: Trân Viêt/VNA/CVN

Construire une équipe qualifiée et talentueuse dans un domaine de haute technologie n’est pas chose aisée pour un institut. Quel est votre plan pour faire face à ce défi ?
 
En effet, il ne sera pas facile de concrétiser ce plan ambitieux qui nécessite une vision à long terme. Le pays compte actuellement si peu de talents par rapport à ses potentiels intellectuels. L’institut se concentrera sur le développement de talents capables de réaliser des recherches en IA au niveau mondial.

Les jeunes élites vietnamiennes ont besoin d’une préparation et d’une orientation assidue, notamment dans la recherche de haut niveau. Et j’espère qu’après VinAI Research, d’autres établissements de recherche du pays reconnaîtront l’importance de ce domaine et qu’ils suivront ses pas.


VinAI Research et son directeur
 
Créé en avril 2019 par le géant conglomérat Vingroup, VinAI Research a pour objectif de renforcer le rôle du Vietnam dans la recherche en IA. Il prévoit également de former des spécialistes pour Vingroup et le Vietnam en général, en encourageant les jeunes talents et en transférant les technologies de l’IA à Vingroup et à ses partenaires. Sa création s’inscrit dans le cadre de sa stratégie de reconversion en un groupe de niveau international spécialisé dans les technologies, les services et l’industrie.

VinAI Research est présidé par le Docteur Bùi Hai Hung, ancien expert en IA de Google et membre de la Rédaction du magazine Artificial Intelligence. Né en 1973, Bùi Hai Hung est devenu en 1998 Docteur en informatique à l’Université Curtin (Australie). De 2003 à 2012, il a été chercheur en IA au Stanford Research Institute (États-Unis). L’un de ses programmes de recherche est le précurseur de la technologie des assistants virtuels Siri, acquise par la suite par Apple. Il a poursuivi son travail chez Adobe Research de 2014 à 2017. Au début de 2018, il a commencé à travailler pour l’un des leaders mondiaux de la technologie de l’IA, Google DeepMind, avant de rentrer au Vietnam.

Le Docteur Hung a publié une centaine de travaux de recherche dans des revues réputées et possède une dizaine de certificats d’invention délivrés par des agences américaines.
 

Thanh Hà - Linh Thao/CVN

 
 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Le tourisme expérientiel, cette autre façon de voyager

Un succès renversant pour la maison à l’envers Au 44, rue Hô Xuân Huong, dans l’arrondissement de Ngu Hành Son, ville de Dà Nang, une maison bâtie à l’envers attire des visiteurs venus des quatre coins du pays.