19/09/2020 11:25
Doté d’un surprenant réseau de grottes volcaniques, le Parc géologique de Dak Nông au Vietnam a été reconnu par l’UNESCO Géoparc mondial. Un nouveau point fort pour cette province du Tây Nguyên déjà très bien pourvue de sites d’écotourisme.
>>Le géoparc de Dak Nông reconnu géoparc mondial par l'UNESCO
>>Le géoparc de Dak Nông, trésor de la nature

Lac Tà Dùng au sein du Parc géologique de Dak Nông.
Photo : VNA/CVN

La province de Dak Nông, sur les hauts plateaux du Centre (Tây Nguyên), ajoute un impressionnant réseau de grottes volcaniques découvert il y a quelques années dans la jungle de Chu B’Luck, district de Krông Nô à la liste déjà longue de ses atouts touristiques. À l’issue d’un projet d’études vietnamo-japonais réalisé en 2014, en vue de l’établissement du dossier d’un futur géoparc, les scientifiques ont dévoilé que ce réseau de grottes volcaniques s’étirait sur 25 km. C’est ainsi le plus long en Asie du Sud-Est découvert à ce jour.

Un complexe volcanique unique au monde

Ce parc géologique abrite les vestiges de cinq volcans éteints : Nâm Dong et Bang Mo (district de Cu Jut), Nâm Blang et Nam Kar (Krông Nô) et enfin Nâm Gle (Dak Mil).  En effet, les scientifiques ont découvert un étonnant réseau de grottes volcaniques ou plutôt un grand complexe volcanique. S’étirant sur 25 km le long du fleuve Sêrêpok et d’une largeur de 5 km (de la commune de Buôn Chanh à la chute d’eau de Drây Sap), le complexe volcanique de Krông Nô abrite des dizaines de grottes basaltiques, de formes et dimensions variées.

La plupart sont des gouffres, certains dotés de ramifications transversales. Les grottes volcaniques appartiennent à une catégorie recherchée, avec sur les parois des traces parfaitement visibles d’anciennes coulées de lave ou des roches basaltiques spiralées. Autre singularité : la présence d’arbres et d’autres végétaux fossilisés sous la surface des cratères, qui montrent que cet endroit était autrefois recouvert d’une forêt dense. 

Les gouffres les plus remarquables  ont été baptisés C7, C6 et C3. D’une profondeur de 1.067 m, le premier détient le record du "gouffre volcanique le plus profond d’Asie du Sud-Est". Les parois de son cratère - qui mesure des centaines de mètres de diamètre - sont hautes d’une douzaine de mètres. Le C6 détient la 2e place avec 968 m de profondeur, et le  C3 la 3e avec 594 m.

Selon Lê Thi Hông An, directrice en chef adjointe du comité de gestion du Géoparc de Dak Nông, le réseau de grottes volcaniques de Krông Nô est précieux tant sur le plan paléontologique, géotectonique, géologique que de sa configuration. "Tous ces aspects sont propices à la création d’un  géoparc mondial, affirme-t-elle. La découverte de cet ensemble de grottes volcaniques est très importante pour la région, avec des intérêts à la fois scientifiques et économiques, notamment via le développement de l’écotourisme". 

À rappeler qu’en 2010, le haut plateau de Dông Van, province de Hà Giang (Nord), a été reconnu par l’UNESCO Géoparc mondial - premier du genre au Vietnam.  

Plus de 40 points de visite mis en place  

Immédiatement après la reconnaissance par l’UNESCO du Géoparc mondial de Dak Nông, la province a établi un plan audacieux qui contribuera grandement au développement socio-économique de toute la région méridionale du Tây Nguyên. Son projet se base sur l’écotourisme communautaire.

Le Parc géologique de Dak Nông du Vietnam a été reconnu par l’UNESCO géoparc mondial.
Photo : CTV/CVN

La population locale est appelée à participer à la sauvegarde de la valeur patrimoniale de ce site. Ainsi, 44 points de visite ont été mis en place, autour de trois thèmes : "Épopée du feu et de l’eau", "Symphonie d’un nouveau souffle de vent", "Écho de la Terre".

Notons que quelque 416.000 personnes issues de 40 groupes ethniques vivent dans la région. Elles travaillent principalement dans l’agroforesterie, le commerce et les services, et les petites industries. Le géoparc abrite de nombreux vestiges archéologiques, historiques et culturels ainsi que des paysages à la beauté singulière dont la valeur est reconnue et conservée. En outre, de nombreux festivals et traditions célébrés par les cultures ethniques contribuent à valoriser le géoparc - citons notamment l’espace de la culture des gongs inscrit par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Dans un premier temps, les visites guidées s’exécuteront dans les cratères C3, C6 et C7. "Chacun a son charme et son attraction", affirme le guide. On commence tout d’abord par une randonnée à pied de deux heures, à travers d’une forêt primitive. Les grottes apparaissent tour à tour, gardant toujours leur aspect sauvage. Si la C3 est marquée par des vestiges préhistoriques (trois ossements datant de 4.000-7.000 ans), et des parois arborant des traces de lave et d’arbres fossilisés, la C6 présente une géotectonique singulière, avec là aussi des couches de lave.

À la différence des autres, la C6 se compose d’une ramification transversale souterraine conduisant à la cascade de D’Ray Sap. La  C7 est la plus impressionnante avec son cratère d’environ 20 mètres de diamètre couvert d’arbres séculaires,  et son fond immense orné de jolies stalactites et stalagmites. "C’était autrefois la chambre magmatique du volcan", explique le guide local.

Avec ses nombreux sites naturels majestueux  tels que les cascades de Dray Sap, Gia Long, Trinh Nu, Luu Ly, Len Gum ou Dak G’Lun, pour n’en citer que quelques-uns, l’écotourisme est déjà un point fort de l’économie de Dak Nông. Les grottes volcaniques de Krông Nô contribueront à enrichir cette offre déjà pléthorique, pour le plus grand bonheur des amoureux de la nature.
 
Nghia Dàn/CVN


Données complémentaires

Selon les scientifiques, le Géoparc de Dak Nông se distingue par ses caractéristiques géologiques et sa valeur patrimoniale. Il y a environ 200 à 165 millions d’années, il appartenait à l’ancien supercontinent Gondwana. Il était alors immergé profondément sous une mer très riche en ammonites et en fossiles bivalves. Plus tard, entre 145 et 66 millions d’années avant notre ère, cette marge continentale est devenue active à la suite d’une collision de plaques.

Au cours des derniers 16,5 millions d’années, le territoire est redevenu actif avec une activité volcanique, formant un dépôt basaltique sur plus de 50% de la surface du géoparc. Ce dépôt a permis la formation de gisements de bauxite et d’autres minéraux (saphir, pierres semi-précieuses, etc.) parmi les plus importants et de première qualité au monde, et a rendu les sols particulièrement fertiles. Ce géoparc est situé sur le plateau du M’nông à une altitude moyenne comprise entre 600 et 700 m (le point culminant étant Ta Dung, qui s’élève à 1.982 m d’altitude).
 

 

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