16/11/2019 17:25
Une carrière en jeu : le nageur chinois Sun Yang, accusé d'avoir détruit un échantillon de sang avec un marteau et qui risque jusqu'à huit ans de suspension, a contesté la validité du contrôle subi en septembre 2018, vendredi 15 novembre devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
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Le nageur chinois Sun Yang (droite) et son avocat Ian Meaking lors de son audition publique devant le TAS, le 15 novembre 2019 à Montreux.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les personnes chargées du prélèvement "n'étaient pas capables de me montrer les documents prouvant leur identité. Donc comment pouvais-je les autoriser à prendre mon échantillon ?", a déclaré Sun, interrogé par les avocats de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Trois fois champion olympique à Londres-2012 et Rio-2016 et onze titres mondiaux entre 2011 et 2019, Sun estime aussi que les documents qui lui ont été présentés par les contrôleurs "n'étaient pas valides".

Le nageur, qui n'a pas reconnu avoir détruit l'échantillon de sang, s'est exprimé en chinois et ses propos étaient traduits en anglais.

Un rapport explosif du comité antidopage de la Fédération internationale de natation (FINA), rédigé en janvier, a confirmé que Sun avait détruit en septembre 2018 son propre échantillon de sang avec un marteau lors d'un contrôle inopiné.

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a interjeté appel devant le TAS après que la FINA eut blanchi Sun Yang sur un vice de forme, ce qui avait permis au nageur, âgé de 27 ans, de participer aux Mondiaux de Gwangju, en République de Corée, fin juillet, où plusieurs nageurs ont manifesté leur mécontentement face à sa présence.

Au terme d'une audience publique qui durera toute la journée, Sun ne connaîtra pas la décision qui sera mise en délibéré et sera rendue à une date que le TAS n'a pas pu préciser.

L'AMA,qui estime que le nageur a "volontairement refusé de se soumettre à un prélèvement", réclame une suspension qui peut aller de deux à huit ans.

"Vous avez dit, dans votre témoignage, que la personne en charge du contrôle ne vous a pas prévenu des conséquences de refuser de donner votre sang, confirmez-vous ?", lui a demandé Brent Rychener, avocat de l'AMA.

Interrogé pendant une heure

Vue générale du TAS lors de l'audition publique du nageur chinois Sun Yang, le 15 novembre à Montreux.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Ils ne m'ont jamais dit cela, ce n'est absolument pas professionnel, ils n'ont jamais mentionné cela pendant les deux heures" du contrôle, a répondu Sun, costume noir, chemise blanche et cravate bleue, interrogé pendant plus d'une heure.

L'audience a été marquée par plusieurs problèmes sérieux de traduction, entre le Chinois et l'Anglais, obligeant les avocats ou les trois juges-arbitres à reposer ou préciser leurs questions et conduisant le président du tribunal à présenter ses excuses publiquement.

"Les interprêtes sont nommés par les parties et pas par le TAS donc nous n'avons pas de contrôle sur la qualité des servics d'interprètation", a expliqué en marge de l'audience Matthieu Reeb, secrétaire général du TAS.

"Par exemple, les interprètes chinois ont été choisis par l'équipe de Sun. Les problèmes de traduction, cela ralentit la procédure (...) Les témoins doivent répéter leurs réponses ou les questions. Ce n'est probablement pas dans l'intérêt des parties et pas dans l'intérêt de la justice", a encore souligné M. Reeb.

Audience publique

L'audience, qui s'est ouverte à 09h00 locales (08h00 GMT) et qui doit se conclure vers 20h30, est exceptionnelle à plus d'un titre.

Pour la deuxième fois seulement dans l'histoire du TAS, et "à la demande de Sun Yang", l'audience est en effet publique et donc ouverte aux médias, alors qu'en général les affaires sont traitées à huis clos.

De plus, les débats entre les trois juges-arbitres et les avocats de Sun, de la Fina et de l'AMA, sont retransmis en streaming sur internet.

Enfin, pour faire face à l'afflux de médias, le TAS a dû quitter son siège de Lausanne pour s'installer provisoirement dans un grand hôtel de Montreux.

La seule et unique audience publique du TAS à ce jour concerna la nageuse irlandaise Michelle Smith de Bruin, en 1999, déjà pour une affaire de dopage.

S'il est suspendu, Sun disposera d'un ultime recours devant le Tribunal fédéral suisse, qui siège à Lausanne.
 
AFP/VNA/CVN
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