17/12/2019 11:49
En 2009, l’UNESCO inscrivait le quan ho, chants alternés traditionnels de la région du Kinh Bac, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Dix ans ont donc passé. Qu’est devenu ce fleuron de l’art populaire ?
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Le "quan ho" est désormais pratiqué dans 369 villages et 381 clubs regroupant une bonne dizaine de milliers de membres. Photo : Thai Hùng/VNA/CVN

En matière de préservation et de valorisation du quan ho, tous les engagements pris envers l’UNESCO ont été honorés, a assuré Nguyên Tu Quynh, président du Comité populaire de la province de Bac Ninh (Nord). Non contente d’assurer la promotion et la transmission du quan ho, de reconstituer ou de remettre en état nombre d’espaces de représentation traditionnels, Bac Ninh est l’unique province du pays à proposer une allocation mensuelle aux maîtres de quan ho considérés comme des trésors vivants, a-t-il fait savoir.

"Le +quan ho+ a retrouvé ses lettres de noblesse. Plus qu’un chant, c’est le mode de vie typique de la région du Kinh Bac dont notre province, Bac Ninh, constitue le noyau. Grâce aux efforts inlassables de toute la communauté du quan ho, des chercheurs, des collectionneurs et des artistes, la population prend de plus en plus conscience des valeurs de ce patrimoine culturel", a indiqué Nguyên Tu Quynh.

S’il y a dix ans, la province de Bac Ninh ne comptait que 49 villages de quan ho et 34 clubs, ce chant est désormais pratiqué dans 369 villages et 381 clubs regroupant une bonne dizaine de milliers de membres. Ceux-ci témoignent de la participation active et de l’enthousiasme grandissant des habitants. Chaque club dispose d’un(e) artisan(e) qui joue le rôle de mentor, chargé de transmettre ce chant populaire à la jeune génération. Chaque habitant sait chanter au moins quelques chansons du répertoire.

Valeurs traditionnelles

Le "quan ho" reflète les valeurs historiques et traditionnelles nationales.
Photo : CTV/CVN

Le quan ho est une forme d'art qui combine divers éléments, notamment musique, paroles et costumes, et présente la culture des habitants de la région anciennement appelée "Kinh Bac", ancien nom d’une région située au Nord, englobant la totalité des provinces de Bac Giang, Bac Ninh et une petite partie des localités voisines. Il s’agit d’une contrée riche en valeurs historiques et traditionnelles dont Bac Ninh constitue le noyau.

Il existe différents sous-genres, dont hat chuc, hat mung (qui signifie chanter des chants de salutation), hat tho (chants rituels), hat canh (compétition de chants entre chorales de différents villages) et hat hôi (festival chantant).

Après sa reconnaissance en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité, les autorités provinciales se sont davantage attachées à préserver cet art. Concrètement, les artistes ont bénéficié d’un traitement préférentiel, des classes ont été ouvertes, des efforts ont été réalisés pour collecter et compiler plus de 500 airs anciens.

Dix ans après sa reconnaissance par l’UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le quan ho y reste préservé et se développe pour l’essentiel au sein de quatre environnements : la communauté, les écoles de l’ensemble de la province, le Centre de la culture et le Théâtre des chants populaires quan ho de Bac Ninh, qui vient d’être inauguré (première phase) en mai dernier. Parmi les mesures prises, l’une des plus efficaces est son enseignement depuis l’année scolaire 2011-2012 dans toutes les écoles allant de la maternelle au lycée. Les élèves ont ainsi l’occasion d’apprendre non seulement les mélodies mais aussi l’histoire de ce chant populaire.

De plus, la province a chargé son Service de la culture, des sports et du tourisme d’organiser régulièrement, depuis 2017, des représentations de quan ho en barque. Cette idée a permis d’attirer l’attention et l’intérêt de nombreux habitants. À cela s’ajoute l’investissement de Bac Ninh dans la rénovation, la mise en place d’institutions culturelles, la construction de locaux en faveur des clubs. En particulier, la province dispose d’une planification détaillée d’un complexe culturel dédié à ce chant alterné, d’une superficie de plus de 247.000 m², dans la commune de Hoà Long.

En outre, un théâtre au service des représentations de quan ho a été bâti sur 19.400 m², également à Hoà Long, pour un coût de plus de 178 milliards de dôngs. L’ouvrage sera non seulement un lieu de préservation de ces chants populaires, mais également une attraction pour les touristes nationaux et étrangers.

VNA/CVN

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