17/02/2017 17:58
Le bilan des pertes civiles du conflit au Yémen s'est encore alourdi avec la mort de huit femmes et d'un enfant tués dans un raid aérien ayant frappé une cérémonie de deuil près de la capitale Sanaa.

>>Yémen : 32 morts dans des combats entre armée et opposants à Mokha
 

Des habitants de Charah, dans le district d'Arhab, sur les lieux d'un raid aérien qui a visé une cérémonie de deuil, le 16 février au Yémen.
Photo : AFP/VNA/CVN


La frappe a eu lieu dans la nuit de mercredi 15 février à jeudi 16 février à Charah, une localité située dans le district d'Arhab, à 40 km au nord de Sanaa, et contrôlée par les rebelles chiites Houthis.

Ces derniers, qui contrôlent Sanaa et une bonne partie du nord du Yémen, ont accusé la coalition arabe menée par Ryad d'être responsable de l'attaque.

La coalition a affirmé qu'elle était en train d'enquêter sur cet incident, ajoutant que des combats entre opposants et partisans du gouvernement avaient eu lieu dans le secteur frappé par le raid.

Des sources médicales ont fait état de neuf morts, huit femmes et un enfant, et de dix autres femmes blessées.

Ces sources et l'agence Sabanews.net, contrôlée par les opposants, ont indiqué que le raid avait visé la demeure de Mohammed al-Nakaï.

Cet homme a indiqué à un photographe de l'AFP que la frappe était survenue au moment d'une cérémonie de deuil en hommage à son frère et que sa maison avait été totalement détruite.

Agression barbare

"Le missile a frappé (...) on a retiré tout de suite quatre corps alors que d'autres sont restés dans les décombres", a-t-il dit avant de dénoncer une "agression barbare".

Une guerre oppose au Yémen les Houthis, alliés aux partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, aux forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par la coalition arabe.

 

Des habitants de Charah, dans le district d'Arhab, sur les lieux d'un raid aérien qui a visé une cérémonie de deuil, le 16 février au Yémen.
Photo : AFP/VNA/CVN


La coalition, qui intervient militairement depuis mars 2015 au Yémen, a été accusée à plusieurs reprises de bavures, ayant coûté la vie à des civils, et promis tout faire pour éviter ce genre d'incidents.

Depuis l'intervention de la coalition, plus de 7.400 personnes ont été tuées et plus de 40.000 blessées, en bonne partie des civils, sur fond de grave crise humanitaire.

"Les attaques contre des civils sont injustifiables", et "ceci doit s'arrêter immédiatement", a affirmé l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed.

Le coordinateur humanitaire de l'ONU, Jamie McGoldrick, a aussi dénoncé les frappes contre les civils et a appelé les parties prenantes du conflit à "retourner à la table des négociations".

Human Rights Watch (HRW) a en outre indiqué jeudi 16 février que deux écoliers et un responsable d'une école avaient été tués le 10 février dans un raid aérien de la coalition arabe dans le district de Nihm, près de Sanaa.

En octobre, la coalition avait reconnu avoir tué par erreur plus de 140 personnes au terme d'une enquête sur des raids aériens le 8 octobre contre une cérémonie de deuil à Sanaa.

En décembre, elle a également reconnu avoir commis une "erreur" le 15 août lorsqu'elle avait mené un raid meurtrier près d'un hôpital soutenu par Médecins sans frontières (MSF) dans une province du nord contrôlée par les rebelles.


AFP/VNA/CVN

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