14/01/2017 14:00
Le président américain Barack Obama a annoncé le 12 janvier, avec effet immédiat, la fin des privilèges accordés depuis des décennies aux immigrants clandestins cubains arrivés sur le territoire américain, répondant à une exigence de longue date de La Havane.

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Le président américain Barack Obama et son épouse Michelle Obama arrivent le 20 mars à La Havane, Cuba.
Photo : AFP/VNA/CVN


Dans la foulée de l'annonce spectaculaire du dégel fin 2014, les deux anciens ennemis de la guerre froide ont officiellement rétabli leurs relations diplomatiques en juillet 2015 et enregistré de nombreuses avancées, mais les discussions butent encore sur plusieurs dossiers épineux.

Diplomatie

Le moment fort du dégel a été la visite historique du président Barack Obama à Cuba en mars dernier. Il est devenu le premier président américain en exercice à poser le pied sur le sol cubain depuis la révolution castriste de 1959.

Depuis fin 2014, des responsables des deux pays ont ouvert des négociations dans plusieurs domaines : droits de l'homme, télécommunications, lutte contre le trafic de drogue, protection de l'environnement, gestion de l'espace maritime commun.

Parmi les progrès les plus notables figurent le rétablissement des échanges postaux directs ainsi que le retour des croisiéristes et des vols réguliers sur l'île.

Commerce

Depuis deux ans, diplomates, dirigeants et investisseurs américains ont défilé sur l'île, visiblement soucieux de ne pas rater l'opportunité de conquérir ce marché longtemps coupé du monde occidental.

Mais le commerce bilatéral demeure limité et l'embargo américain imposé depuis 1962 entrave toujours l'investissement étranger et les échanges indispensables à l'ouverture économique engagée ces dernières années par Raul Castro.

Certaines restrictions commerciales contre l'île (télécommunications, envois d'argent, agriculture) ont été levées à l'initiative de la Maison Blanche, mais la suppression totale de l'embargo ne peut être décidée que par le Congrès, où la majorité républicaine reste hostile au rapprochement avec La Havane.

Des entreprises comme Netflix et Airbnb ont pu étendre leurs activités sur l'île cette année, mais les clients ne peuvent payer qu'avec des cartes decrédit issues de banques étrangères.

La chaîne hôtelière Starwood a inauguré fin juin un hôtel à La Havane, marquant le retour d'une multinationale américaine à Cuba pour la première fois depuis la révolution.

Le 5 janvier, les entreprises cubaine Cubaexport et américaine Coabana trading LLC ont signé un accord pour l'exportation vers les États-Unis de charbon de bois, une première dans le sens Cuba-États-Unis depuis la mise en place de l'embargo.
 

Le Malecon de La Havane à Cuba. Photo : AFP/VNA/CVN
 


Tourisme

Les touristes américains ne peuvent théoriquement pas se rendre individuellement sur l'île, mais l'administration Obama a largement assoupli les restrictions pour les voyages à but éducatif, culturel, sportif oureligieux notamment.

Avec quelque 285.000 visiteurs en 2016 (+74% par rapport à 2015), les Américains sont devenus le troisième plus important groupe à visiter l'île,derrière les Canadiens et les Cubains installés à l'étranger.

Depuis octobre dernier, ces derniers ont le droit de rapporter autant de rhum et de tabac qu'ils le désirent pour leur usage personnel.

Contentieux

Le 29 mai 2015, les États-Unis ont retiré Cuba de leur liste noire d'"États soutenant le terrorisme", ouvrant la voie à la reprise de leurs relations diplomatiques deux mois plus tard.

Jeudi 12 janvier, Barack Obama a voulu consolider ce rapprochement en abandonnant le dispositif en place depuis 50 ans qui accordait un permis de séjour aux immigrants clandestins cubains arrivés sur le territoire américain. Une politique jugée "assassine" par La Havane, qui estime qu'elle poussait de nombreux jeunes cubains sur les périlleuses routes de l'immigration.

Mais au moment où Barack Obama s'apprête à céder son siège au républicain Donald Trump, la normalisation complète des relations reste suspenue à la résolution de plusieurs désaccords persistants.

Outre la levée de l'embargo, réclamée tous les ans par l'Assemblée générale de l'ONU, Cuba conditionne aussi la complète normalisation de ses relations avec Washington à la restitution de la base de Guantanamo, occupée par les États-Unis depuis 1903 à l'Est de l'île.

Le volet des compensations est aussi en suspens : les États-Unis réclament 10 milliards de dollars à Cuba suite aux expropriations d'entreprises américaines après la révolution de 1959, tandis que La Havane demande le règlement de 300 milliards de dollars pour les dommages dus à lembargo. Les deux pays ont engagé des discussions sur ce thème.

Enfin, Cuba exige la fermeture des stations TV et radio Marti, diffusées illégalement sur le territoire cubain à partir de la Floride.

AFP/VNA/CVN

 

 

 

 

 

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