24/11/2016 15:52
Depuis cinq ans, la classe d’arts martiaux de l’orphelinat de Hà Câu, dans l'arrondissement de Hà Dông, en banlieue de Hanoï, est un rendez-vous très attendu pour ses petits pensionnaires qui n’ont pas été épargnés par la vie. Reportage.
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La classe se tient dans la cour du Centre d’accueil pour enfants abandonnés de Hà Câu.
Photo : CTV/CVN

La première impression qui surgit en allant au Centre d’accueil pour enfants abandonnés de Hà Câu est un sentiment d’harmonie. L’harmonie et la chaleur d’une famille où les enfants laissés pour compte ayant trouvé refuge ici se considèrent tous comme frères et sœurs, avec des employés dévoués comme s’il s’agissait de leur propre chair.

Tous les samedis après-midi, des membres du club des arts martiaux de l’Académie de sécurité du peuple se rendent dans l’établissement pour y donner un cours d’arts martiaux au profit de ses pensionnaires. Un rendez-vous qu’ils ne manqueraient pour rien au monde.

Une grande famille de 50 enfants

En gardant un œil attentif sur l’entraînement de ses «enfants», Trân Thuc Ninh, directrice du centre, évoque ce lieu chargé d’histoires : «Le centre accueille 50 enfants. Tous ont perdu leurs parents. Certains, qui sont ici depuis leur très bas âge, étudient aujourd’hui à l’université. Nous accordons de l’importance à la pratique des arts martiaux, une activité à la fois physique et mentale. Cela permet aux enfants de travailler leur condition physique bien sûr, mais aussi de leur procurer un espace où ils peuvent échanger, se sentent heureux et plus dynamiques».

Nguyên Van Dung, en dernière année à l’Académie, est l’instructeur en chef actuel. «Le Club des arts martiaux de l’Académie organise ces cours pour les enfants du Centre depuis cinq ans. Nous avons décidé de participer à cette aventure par compassion à leur égard, avec l’envie de les aider à se débarrasser du sentiment d’infériorité dont ils souffrent et à grandir comme des enfants normaux», partage-t-il.

Nguyên Van Dung guide une élève dans une position défensive.
Photo : CTV/CVN

Les débuts n’ont toutefois pas été simples pour les membres du Club. Les petites filles étaient très réservées, certaines pleuraient même à chaque cours. «Les garçons étaient très excités à l’idée de pratiquer des arts martiaux. Les filles, elles, ne comprenaient pas l’intérêt d’apprendre à se battre comme les garçons. Et la présence exclusivement masculine des membres du club n’a fait qu’accentuer leur timidité», se rappelle encore Trân Thuc Ninh.

Un message reçu 5 sur 5 par les members du club. «Nous nous sommes montrés naturels, détendus pendant le cours et après, durant les échanges avec les enfants, filles ou garçons. Nous avons aussi partagé avec eux notre passion et réussi à leur montrer que la pratique des arts martiaux n’avait pas vocation à se battre, mais à travailler la condition physique, la confiance, et la capacité à se défendre», confie Nguyên Van Dung. Et d’ajouter : «Ce type de discours est particulièrement nécessaire pour les petites filles. De plus, nous avons demandé aux pratiquantes de notre club de venir s’entraîner avec les enfants. Résultat : la timidité des petites filles s’est envolée. Elles se montrent parfois même très taquines !».

Discipline et humilité

Contrairement aux idées reçues sur le côté très strict d’un cours d’arts martiaux, ceux de l’orphelinat de Hà Câu se déroulent toujours dans la bonne humeur et la décontraction. Une fois l’entraînement terminé, les professeurs et élèves se réunissent dans la cour du centre et chantent tous ensemble.

Les membres du club sont devenus les grands frères et sœurs des enfants. Leur présence est précieuse auprès des adolescents âgés de 14 à 15 ans. Leurs conseils le sont tout autant pour les plus grands qui s’interrogent sur la suite à donner à leurs études, notamment le choix de l’université à intégrer. Ils les aident aussi pour les devoirs au quotidien.

Cette classe a permis aux enfants d’évoluer sur de nombreux aspects. «Ils sont beaucoup plus dynamiques. De plus, grâce aux étudiants de l’Académie de sécurité du peuple, ils ont appris et travaillé la discipline. L’équipe d’encadrement a aussi beaucoup appris sur les méthodes organisationnelles. Nous admirons leur implication, leur sincérité et sommes très touchés par cela», partage Trân Thuc Ninh.

Nguyên Thi Kim Oanh, 7 ans, est dithyrambique : «Quelle joie d’apprendre auprès d’eux ! En plus, ils sont super sympas ! Grâce aux arts martiaux, je ne ressens plus de fatigue en allant à l’école à pied. Et en classe, je n’ai plus peur des intimidations des garçons. Si un garçon m’embête, je sais me défendre !».

Qu’il pleuve ou qu’il vente, le cours d’arts martiaux au Centre d’accueil pour enfants abandonnés de Hà Câu a toujours lieu. Les jours d’orage, le cours a lieu à l’intérieur. Les jours de forte chaleur, il débute plus tard. Un mécanisme bien huilé, et un rendez-vous immanquable pour les enfants et leurs professeurs.
 
Phuong Nga/CVN
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