27/05/2017 14:53
Dans le quartier de Duc Thang, arrondissement de Bac Tu Liêm, à Hanoï, la ruelle Ao Dài attise la curiosité des passants. Par son nom déjà ("long étang" en français), mais surtout par toutes ces peintures murales qui la tapissent. Leur auteur ? Cao Tri Thinh, 94 ans.
>>L’homme qui embellit les ruelles

La ruelle Ao Dài est célèbre dans tout le quartier de Duc Thang pour ses peintures murales.

La ruelle Ao Dài évoquera peut-être à certains leurs bons souvenirs d’enfance avec ces grandes affiches réalisées par les élèves à l’occasion de la Journée des enseignants du Vietnam (20 novembre), où l’on peut écrire des poèmes, dessiner selon l’inspiration du moment. Les dizaines de peintures murales qui la jonchent, sous diverses formes (poème, devise, propagande) s’attardent sur différents thèmes : la famille, l’enfance, l’école, l’environnement, la mer…

Et chacune est porteuse d’un message fort. L’œuvre dans sa globalité fait aujourd’hui la fierté des riverains. Et pourtant, son auteur n’est pas peintre de métier. Non, c’est simplement devenu pour Cao Tri Thinh, un vieil homme de 94 ans, un hobby qui a pris forme il y a une dizaine d’années.

Chaque peinture est porteuse d’un message fort.

Le scepticisme laisse place à l’enthousiasme

«Il est hospitalisé depuis quelques jours, fait savoir Mme Lan Anh, sa nièce. Quand il est en pleine possession de ses moyens, il veut toujours raconter aux autres l’histoire de chaque peinture». Elle raconte que son oncle a commencé à prendre le pinceau pour «embellir sa maison». Puis, cela a été le tour de cette ruelle. Et quand il se sent bien, il crée de nouvelles peintures ou apporte des retouches aux anciennes, été comme hiver. 

«Auparavant, Cao Tri Thinh était gardien et jardinier. Peu de gens connaissaient ses facultés pour l’art graphique. En 2005, après la fondation du quartier de Duc Thang, il a commencé à peindre, informe Pham Quang Hung, chef du groupe d’habitants N°2, quartier de Duc Thang. Au début, plusieurs familles ne voulaient pas qu’il utilise leur mur. Mais en observant le contenu de ses réalisations, leur scepticisme a laissé place à l’enthousiasme. Et aujourd’hui, notre ruelle est célèbre dans tout quartier !».

La ruelle Ao Dài attise la curiosité des passants.

Des messages forts à transmettre

«J’aime bien ces peintures murales qui contribuent non seulement à embellir la ruelle, mais aussi à transmettre aux habitants du coin, aux jeunes notamment, des messages significatifs sur la protection de l’environnement, le patriotisme, le bonheur familial, les sentiments entre mère et enfant, et même sur le planning familial», partage Ngô Thi Tân, une voisine. Avant d’ajouter : «Ces peintures permettent aussi de se débarrasser des publicités qui viennent parasiter nos murs».

En dehors des peintures murales, la ruelle Ao Dài est devenue un espace romantique grâce aux dizaines de pots de plantes d’agrément installés par l’Association des femmes du quartier. Et pour parachever le tout, une balançoire à bascule - là aussi fabriquée par M. Thinh - réservée aux enfants de la ruelle, est placée juste à côté d’un mur sur lequel est écrit un poème sur le Président Hô Chi Minh.

Une balançoire à bascule est placée juste à côté d’un mur sur lequel est écrit un poème sur le Président Hô Chi Minh.

«Chaque après-midi, après la sortie de l’école, de nombreux enfants y viennent pour s’amuser et étudier la signification de ces peintures», partage Mme Thanh Huyên, qui habite la ruelle. Pour des œuvres qui détonnent et qui étonnent, dans le bon sens du terme. 

Texte et photos : Huong Linh/CVN
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