14/11/2016 10:24
Le président élu des États-Unis Donald Trump s’est montré très ferme sur plusieurs dossiers-clés de son agenda conservateur, comme l’immigration ou l’avortement, tout en essayant d’apaiser les craintes suscitées par son élection dans de larges pans de la société américaine, dimanche 13 novembre lors d’un long entretien télévisé.
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Le président élu américain Donald Trump (gauche) et le président du parti républicain, Reince Priebus, le 9 novembre à New York. Photo : AFP/VNA/CVN

L'homme d'affaires, élu sur un discours populiste, a également cherché à établir une forme d’équilibre dans les premières nominations à son cabinet, en propulsant à deux postes-clés de son administration le président du parti républicain et son ancien directeur général de campagne, une personnalité très controversée.

"N'ayez pas peur", a-t-il lancé aux milliers de manifestants qui le défient quotidiennement dans plusieurs villes des États-Unis, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Des milliers de personnes ont encore défilé à New York (Nord-Est) dimanche 13 novembre, après des dizaines de milliers samedi 12 novembre, à New York comme à Los Angeles (Sud-Ouest), et plusieurs milliers à Chicago (Nord). Il a également condamné les actes de violence et de harcèlement contre des minorités (musulmans, noirs ou hispaniques) qui, selon l'opposition démocrate et des associations, se sont multipliés depuis son élection. "Je dirais (aux auteurs de ces agressions verbales ou menaces) ne faites pas ça, c'est terrible, parce que je vais réunifier ce pays", a-t-il expliqué, se tournant ensuite vers la caméra pour dire "arrêtez".

Au cours de cet entretien, le président élu, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a confirmé qu'il nommerait à la Cour suprême des juges anti-avortement et favorables au port d'armes à feu.

"Voici ce qui va se passer. Je suis pro-life (anti-avortement) et les juges seront pro-life", a-t-il dit. "Ils vont être très favorables au Deuxième amendement" de la Constitution, qui fait de la détention d'armes un droit pour chaque citoyen américain.

Donald Trump va devoir nommer un juge à la Cour suprême car un siège est actuellement vacant. Mais il pourrait procéder au cours de son mandat à d'autres nominations en cas de décès ou de départ en retraite d'autres juges.

La Cour suprême, dont le pouvoir sur les questions de société est déterminant, pourrait ainsi prendre une coloration très conservatrice.

En revanche, le président républicain n'a pas l'intention d'oeuvrer à une remise en cause du mariage homosexuel. Il a rappelé que la Cour suprême avait statué sur le sujet. "C'est la loi (...) Cela me convient", a-t-il dit.

Deux nominations-clés

Elu sur un programme populiste de rejet des élites, Donald Trump a annoncé qu'il renonçait à sa rémunération de président, qui se monte à environ 400.000 dollars par an, lui dont la fortune personnelle a été estimée par le magazine Forbes à 3,7 milliards de dollars.

Une personne brandit une pancarte "honte à toi Amérique" lors d'une manifestation contre l'élection de Donald Trump le 13 novembre à New York.
Photo : AFP/VNA/CVN

Au cours de cet entretien, dont des extraits ont été distillés tout au long du week-end, Donald Trump est resté inflexible sur l’immigration, thème-clé de sa campagne mais aussi motif de profonde inquiétude pour des millions d’étrangers établis aux États-Unis. Il a fait part de son intention d'expulser jusqu'à 3 millions de clandestins.

L'annonce a généré un couac avec la majorité républicaine. Interrogé sur la chaîne CNN, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, avait en effet assuré plus tôt dimanche 13 novembre que Donald Trump ne prévoyait pas de créer des équipes dédiées aux expulsions de clandestins et que la priorité restait la "sécurisation" des frontières.

Donald Trump a réaffirmé qu'il bâtirait bien "un mur" à la frontière avec le Mexique pour limiter l'immigration clandestine, mais qu'il pourrait être constitué aussi bien de béton que de "clôtures".

Lors de cette première interview télévisée depuis son élection mardi 8 novembre, il a montré une certaine flexibilité sur "Obamacare", la loi emblématique du mandat de son prédécesseur qui permet à tous les Américains d'avoir une assurance santé mais dont le fonctionnement est très critiqué. Elle pourrait être amendée, et non simplement abrogée.

Après plusieurs jours de larges consultations, enfermé dans la Trump Tower à New York, Donald Trump a entamé le bal des nominations de sa future administration. Il a désigné le président du parti républicain Reince Priebus comme secrétaire général de la Maison Blanche. Il s’agit d’un homme politique expérimenté qui orchestrera toute l'administration du nouveau dirigeant populiste et servira de lien avec les élus et le parti, sorti divisé de la campagne.

Mais il s'est aussi adjoint un "haut conseiller et chef de la stratégie" en la personne de Stephen Bannon, son directeur général de campagne, patron du site d'informations ultra-conservateur Breitbart News, qui entretient des liens avec des mouvements d’extrême droite européens.

Dans le communiqué annonçant sa nomination dimanche 13 novembre, M. Priebus indique qu'il va "travailler à créer une économie qui marche pour tout le monde, à sécuriser nos frontières, à abroger et remplacer (la réforme de l'assurance santé) Obamacare et à détruire le terrorisme radical islamique".

Le futur chef d'orchestre de la Maison Blanche adopte ainsi une ligne plus dure que Donald Trump sur "Obamacare", qui a permis à 22 millions d'Américains supplémentaires d'avoir une couverture médicale.
 
AFP/VNA/CVN
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