18/10/2016 12:45
La mission ExoMars, qui doit démontrer la capacité de l'Europe à poser un engin sur Mars, est en bonne voie : l'atterrisseur Schiaparelli poursuivait le 17 octobre sa longue descente vers Mars où il doit se poser le 19 octobre et tout se passe bien pour la sonde scientifique TGO.
>>La descente de l'atterrisseur Schiaparelli vers Mars a commencé

Image fournie par l'Agence spatiale européenne montrant la sonde européano-russe TGO se dirigeant vers Mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

La sonde européano-russe a changé de trajectoire dans la nuit du 16 au 17 octobre pour s'écarter de Mars après avoir largué l'atterrisseur, a annoncé le 17 octobre l'Agence spatiale européenne.

Cette importante manoeuvre "s'est passée comme prévu", a tweeté Micha Schmidt, directeur de vol adjoint de la mission ExoMars au Centre européen d'Opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne).

"La sonde TGO est en bonne forme et en route pour le prochain grand événement : son insertion en orbite de Mars" mercredi, a-t-il ajouté.

TGO (Trace Gas Orbiter) devait impérativement réussir cette manœuvre faute de quoi elle serait entrée en collision avec Mars.

TGO sera chargée de "renifler" l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane qui pourrait indiquer la présence d'une forme de vie actuelle sur la planète. Elle se mettra à ce travail début 2018.

Après un périple de sept mois, l'atterrisseur Schiaparelli, d'une masse de 577 kilos au départ, s'est bien séparé comme prévu dimanche de la sonde.

Un lanceur russe Proton-M transportant la fusée ExoMars 2016 sur le pas de tir de Baïkonour (Kazakhstan), le 14 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

"À présent, il est passé en mode veille pour limiter sa consommation électrique", a indique le 17 octobre Richard Bessudo, qui a préparé le projet ExoMars pour Thales Alenia Space. Le groupe franco-italien assure la maîtrise d'œuvre de la mission.

"Schiaparelli se réveillera quinze minutes avant son entrée dans l'atmosphère martienne", ajoute M. Bessudo.

Une série de freinages

Atterrir sur Mars est un défi technologique pour l'Europe qui veut prouver qu'elle maîtrise cet exercice difficile.

Jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner. C'est la deuxième fois que l'Europe cherche à atterrir sur Mars.

Il y a treize ans, la sonde européenne Mars Express avait largué un mini-atterrisseur Beagle 2, de conception britannique, qui n'a jamais donné signe de vie. Mais on sait depuis 2015 qu'il a effectivement atterri.

Le grand saut de Schiaparelli est la première étape d'ExoMars, une ambitieuse mission scientifique européano-russe en deux volets (2016 et 2020), qui vise à rechercher des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars.


TGO doit aussi servir de relais de communication pour Schiaparelli et pour les rovers américains présents sur Mars (Curiosity et Opportunity).

En 2020, l'Europe et la Russie enverront sur Mars un gros rover qui bénéficiera des développements technologiques de Schiaparelli. Il effectuera des forages pour tenter de retrouver des traces d'une vie bactérienne passée.

TGO et Schiaparelli ont parcouru près de 500 millions de kilomètres depuis leur lancement en mars par une fusée russe Proton depuis Baïkonour (Kazakhstan).

L'atterrisseur est une capsule de 2m40 de diamètre qui ressemble un peu à "une piscine gonflable pour bébé", selon Michel Denis, directeur du vol d'Exomars.

La descente de Schiaparelli, d'un million de kilomètres, durera trois jours. Mais seulement six minutes entre le moment où Schiaparelli entrera dans l'atmosphère martienne et son impact au sol.

Il sera freiné par un bouclier thermique puis par un parachute. Sur la fin, des rétrofusées entreront en action.

Leurs moteurs seront coupés tout près du sol. "Schiaparelli aura alors une vitesse nulle et il fera une petite chute libre de un ou deux mètres", précise M. Bessudo.

"Mais comme la gravité martienne est le tiers de celle de la Terre, ce sera comme s'il était tombé d'environ 25 centimètres sur notre planète. Ce n'est pas grand-chose".

L'impact final sera amorti par une structure écrasable dont est doté l'atterrisseur.

Schiaparelli doit se poser sur la plaine équatoriale de Meridiani Planum, une zone sur laquelle a déjà atterri en 2004 Opportunity.

Le module est équipé d'une petite station météo qui mesurera la pression, la température, la vitesse du vent mais aussi les champs électriques à la surface de Mars.

Mais la vie de Schiaparelli sera de courte durée : deux à huit jours environ car il est seulement équipé d'une batterie non rechargeable.

AFP/VNA/CVN



 
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