22/11/2016 16:47
Les troupes de Damas ont progressé rapidement le 21 novembre dans les quartiers opposants d'Alep, qui sont soumis depuis quatre mois à la "tactique cruelle" du siège comme "près d'un million" de personnes au total en Syrie selon l'ONU.

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Un secouriste syrien porte une femme sauvée des décombres d'un immeuble après des bombardements dans le quartier d'al-Hamra à Alep, tenu par les opposants, le 20 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Le nombre de personnes assiégées par les belligérants dans le pays est passé de 393.700 il y a un an à 974.080, a indiqué devant le Conseil de sécurité le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien. Les habitants "sont isolés, affamés, bombardés et privés d'aide médicale et d'assistance humanitaire afin de les forcer à se soumettre ou à fuir", a-t-il souligné. "C'est une tactique délibérée (...) une forme cruelle de punition collective".

À Alep-Est, tombée aux mains des opposants en 2012, ce sont 250.000 personnes qui ne sont plus ravitaillées ou secourues depuis plus de quatre mois. Mais la communauté internationale semble plus que jamais impuissante à contrecarrer la détermination de Damas et de ses alliés russe, iranien et du Hezbollah libanais à reconquérir l'ensemble de la deuxième ville du pays et principal front d'un conflit qui a fait plus de 300.000 morts en cinq ans et demi.

L'ambassadeur britannique à l'ONU Matthew Rycroft a qualifié le 21 novembre de "barbare" la campagne de bombardements sur Alep-Est et son homologue français François Delattre a dénoncé une "stratégie de guerre totale pour reprendre Alep à tout prix".

 

Carte d'Alep montrant les zones de contrôle, les quartiers opposants et les zones de combats au sol.
Photo : AFP/VNA/CVN


L'ambassadrice américaine Samantha Power a elle égrené devant le Conseil de sécurité les noms d'une douzaine d'officiers syriens accusés d'avoir ordonné d'attaquer des cibles civiles ou de torturer des opposants. "Ils doivent savoir (...) qu'un jour ils devront rendre des comptes", a-t-elle dit.

Importante percée

Dans les quartiers rebelles d'Alep, le correspondant de l'AFP a constaté le 21 novembre que les bombardements étaient incessants, avec des bruits d'explosion d'une violence inouïe.

Au moins 15 civils ont péri d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), rejoignant les plus de 100 victimes civiles de cette campagne de bombardements qui a débuté il y a une semaine.

Sur le terrain, les troupes gouvernementales ont consolidé le 21 novembre leurs positions après être entrées la veille pour la première fois dans le quartier de Massaken Hanano, dans le nord-est d'Alep, selon l'OSDH. Ce quartier a une valeur symbolique puisque c'était le premier dont s'étaient emparés les opposants en 2012.

Selon le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, entre 5.000 et 7.000 "hommes armés" "prennent en otages" les habitants d'Alep-Est. En rencontrant le 20 novembre à Damas l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, M. Mouallem a fermé la porte à la possibilité d'une "administration autonome" des opposants à Alep.

AFP/VNA/CVN

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